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Fleury accueilli à bras ouverts par les partisans des Penguins

Pittsburgh démontre son appréciation à l'endroit du gardien des Golden Knights

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

PITTSBURGH - C'est arrivé à 6:57 de la première période, mardi soir. Durant la première pause publicitaire, le gardien de but des Golden Knights de Vegas Marc-André Fleury a patiné derrière son filet, s'est aspergé le visage d'eau, s'est appuyé sur son bâton et a jeté un coup d'oeil vers l'écran géant du PPG Paints Arena.

Il a vu défiler des images de son ancienne vie, un hommage à tout ce qu'il avait fait pour les Penguins de Pittsburgh. Le voilà réclamé au premier rang du repêchage 2003 de la LNH, en train de réaliser des arrêts acrobatiques, de soulever la Coupe Stanley, d'interagir avec les partisans... La dernière image : Fleury qui participe au défilé de championnat, les partisans à ses côtés, au coeur de la ville. Le message: « MERCI, MARC-ANDRÉ ».

Video: VGK@PIT: Les Penguins saluent le retour de Fleury

Les partisans dans les gradins se sont mis à rugir et ils ont scandé son nom. Il a salué la foule à l'aide de son bâton, a fait un signe du gant, s'est frappé la poitrine, a applaudi les spectateurs tout comme ils l'ont applaudi. Il est retourné devant son filet, mais ils ne voulaient pas arrêter. Pendant plus d'une minute, ils l'ont acclamé et ils ont crié.

« Une chance que je portais un masque », a lancé Fleury.

À un certain moment, Fleury a porté la main à son visage pour essuyer quelque chose sous son masque. Des larmes?

« Peut-être, a dit Fleury, sourire en coin. C'était de la sueur. Il y avait beaucoup de sueur. »

D'accord, c'était de la sueur.

Fleury a perdu 5-4, alors qu'il a accordé cinq buts d'affilée après que les Golden Knights eurent pris les devants 2-0. Seulement une autre fois cette saison avait-il donné autant de buts. Après la rencontre, il a lancé son bâton dans le couloir. Il a quand même réalisé des arrêts importants. Et c'était une soirée où on s'attardait davantage à ses 13 années de service qu'à un match en particulier. Avec le recul, il se souviendra de son retour à Pittsburgh comme il se souvient de son séjour avec les Penguins: en mettant l'accent sur les bons moments, et non les mauvais.

« C'est une soirée que je n'oublierai jamais, a dit Fleury. Je vais oublier le résultat. »

Fleury a remporté 375 matchs du calendrier régulier avec les Penguins, le quatrième total chez les gardiens avec une même équipe, après les 688 victoires de Martin Brodeur avec les Devils du New Jersey, les 426 gains de Henrik Lundqvist avec les Rangers de New York et les 418 triomphes de Tony Esposito avec les Blackhawks de Chicago. Il a établi un record des Penguins en signant 44 blanchissages. Il a fait partie de trois équipes championnes.

Mais ce n'est pas pour ça qu'on l'aimait tant. Il est devenu un homme à Pittsburgh, il a connu des hauts et des bas; et il jouait toujours avec le sourire, signe qu'il a toujours savouré ce privilège qu'on lui donnait de jouer au hockey. On l'a qualifié si souvent d'excellent coéquipier qu'on aurait pu penser que c'était ça sa position, pas celle de gardien de but.

« C'est sa personnalité, a déclaré Scott Parson de Harrisburg, en Pennsylvanie. C'est le grand sourire, le sourire qu'on voit malgré le masque, la bise qu'il fait au poteau si le poteau lui a sauvé la vie, et son implication au sein de la communauté. »

Scott et son épouse, Kelly avaient l'habitude d'assister à trois ou quatre matchs par saison, assis là où les Penguins défendent leur filet deux périodes sur trois, ce qui leur permettait de voir Fleury de près. Mardi, Scott portait un chandail des Penguins au nom de Fleury et Kelly, un chandail des Golden Knights au nom de Fleury. Jamais auparavant n'avait-elle encouragé un adversaire.

« Un demi-adversaire, parce que c'est encore Fleury, a souligné Kelly. Alors j'espère que si les gens voient mon chandail, ils vont voir le nom dans le dos et se dire que c'est correct. »

Ils n'étaient pas les seuls. Il y avait beaucoup de chandails de Fleury aux couleurs des deux équipes. Preston Graham, 12 ans, de York en Pennsylvanie, portait un chandail de Fleury aux couleurs des Golden Knights par-dessus un chandail de Fleury aux couleurs des Penguins. Son frère Creed, 16 ans, portait un chandail de Fleury aux couleurs des Golden Knights. Son père Cory portait un chandail des Penguins.

Ton équipe favorite?

« Euh!, a lancé Preston, s'arrêtant pour y réfléchir. Je pense que je vais devoir rester fidèle aux Penguins. »

Ton joueur favori?

Encore Fleury.

Quand Fleury s'est amené sur la patinoire en vue de l'échauffement, il a été accueilli par des centaines de partisans, qui brandissaient une série d'affiches qui faisaient le tour de la zone de Vegas.

« MERCI NUMÉRO 29 » 

« PENGUIN UN JOUR, PENGUIN TOUJOURS » 

« BIENVENUE CHEZ TOI, FLOWER »

« Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, a dit Fleury. Rien que pendant l'échauffement, j'avais la chair de poule en patinant et en voyant tous ces gens sur place, avec les affiches et les mots gentils. »

Les partisans l'ont acclamé et ont scandé son nom. Il leur a fait cadeau de rondelles.

« On a vu ce qu'il a signifié pour la ville par la façon dont les partisans ont réagi, a noté l'attaquant des Golden Knights James Neal. C'était spécial. Il n'y a pas beaucoup de joueurs qui peuvent revenir dans leur ancienne ville, comme ça, et entendre la foule scander leur nom pendant l'échauffement. »

Fleury a donné une petite tape sur les jambières de son successeur chez les Penguins, Matt Murray, et ils ont brièvement discuté. À la fin de l'échauffement, il a patiné jusqu'au milieu de la patinoire. Le défenseur des Penguins Kristopher Letang, de façon amicale, a décoché un tir vers lui. Il l'a repoussé.

Les partisans ont scandé le nom de Fleury avant l'hymne national. C'était difficile de se concentrer sur le match.

« C'était très… euh, je ne sais pas trop, juste bizarre, vous savez?, a lancé Fleury. J'ai disputé beaucoup de matchs ici, alors c'était différent. »

Imaginez donc à quel point ç'a dû être difficile après l'hommage.

« Une ovation tout simplement incroyable », a souligné le capitaine des Penguins Sidney Crosby.

Fleury a bloqué un tir que Crosby avait fait dévier et il a frustré Jake Guentzel à l'issue d'une échappée. Après que Guentzel eut foncé au filet, Fleury lui a tapoté la tête. Fleury a harponné la rondelle pour l'enlever à Evgeni Malkin et ainsi faire avorter une échappée. Il a réussi un arrêt spectaculaire du gant aux dépens de Carl Hagelin.

Reste qu'il s'agissait des Penguins et, cinq fois, la foule n'a pas rugi pour lui.

« J'ai pu ressentir ce que le gardien adverse a ressenti toutes ces années », a noté Fleury.

Au moins, nous avons pu voir la personne qui a séjourné à Pittsburgh durant toutes ces années, celle de grande classe. En plus d'accorder les habituelles entrevues d'après-match, et malgré la déception d'avoir perdu, Fleury s'est assuré de rendre hommage… à l'hommage qu'il avait reçu.

« Le soutien qu'on m'a donné au fil des ans a été formidable, a dit Fleury. Je veux remercier tout le monde pour toutes ces belles années et, encore une fois, pour s'être présenté et m'avoir autant encouragé ce soir. »

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