Comme si la gardienne de but des Olympiques de Gatineau savait au fond d'elle qu'elle est fin prête à franchir cette importante étape de sa carrière en affrontant l'Océanic de Rimouski, samedi, devant un Centre Slush Puppie qui promet d'être bondé.
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« Je vis bien avec tout ça », a déclaré la jeune femme de 18 ans en conférence de presse, vendredi. « C'est un peu stressant, mais je suis vraiment excitée de jouer le match de demain. C'est le fun d'avoir de l'attention comme ça. Je pense que ça aide le hockey féminin.
« Je pense que ça va prouver que les filles peuvent jouer avec les gars à un haut niveau, qu'on peut être aussi bonnes que les gars. »
Gascon attire les regards parce qu'elle deviendra seulement la troisième femme à disputer un match dans la Ligue canadienne de hockey (LCH). Manon Rhéaume, avec les Draveurs de Trois-Rivières en 1991, et Charline Labonté, avec le Titan d'Acadie-Bathurst en 1999-2000, l'ont précédée.
Si l'exploit qu'elle s'apprête à réaliser retient l'attention sur la planète hockey, il est aussi bien loin de passer inaperçu auprès de ses pairs.
« J'ai enlevé les réseaux sociaux de mon cellulaire, a-t-elle révélé en riant. J'ai reçu des messages textes de Marie-Philip Poulin, de Manon, de Charline et d'Ann-Renée Desbiens. Pour moi, ce sont des idoles et ça m'a fait chaud au cœur de recevoir ces messages.
« C'est vraiment le fun de faire partie de ce groupe-là. Je ne le réalise pas encore. J'ai seulement 18 ans, je veux continuer à prouver que j'ai ma place. »
Après deux saisons passées avec le Phénix du Collège Esther-Blondin, dans le midget AAA, et la campagne qu'elle dispute présentement au niveau collégial avec les Patriotes de Saint-Laurent, la portière commence à avoir fait ses preuves dans les rangs masculins. Elle n'aura pas volé la chance qui se présente à elle.
Gascon a impressionné l'entraîneur-chef et directeur général des Olympiques Louis Robitaille dès le camp d'entraînement. Il l'a identifiée comme étant la troisième dans la hiérarchie des gardiens de l'équipe, et la blessure subie par le no 1 Rémi Poirier lui a récemment ouvert la porte.
« J'étais au téléphone avec ma mère quand j'ai reçu un appel de Louis, a-t-elle raconté. Il m'a demandé comme s'était déroulée ma semaine d'entraînement et il m'a annoncé que j'aurais le filet samedi. J'ai pleuré tellement j'étais excitée!
« Je n'ai qu'à jouer à ma façon. Je sais que je suis capable de jouer à ce niveau-là. À la base, ça reste un match de hockey. Je vais faire mon possible et jouer comme je le fais dans le collégial et garder les choses simples. […] Je me nourris de la pression. Je l'ai vécu dans le passé et ç'a toujours bien été. »
Comme Poirier a encore besoin de temps pour se remettre sur pied, cette occasion pourrait se représenter dans les prochaines semaines. Mais pas question pour Gascon de regarder trop loin.
« Je ne sais pas ce qui pourrait se passer, a-t-elle conclu. Je vais rester prête si on a besoin de moi. J'aborde les choses un match à la fois, une année à la fois. Si ça va plus loin, tant mieux. »
Photo : LHJMQ/Olympiques de Gatineau