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Lars Eller n'est pas un fervent des médias sociaux.
Depuis le début de l'année 2020, le joueur de centre des Capitals de Washington a publié deux messages sur Twitter.

Depuis le 7 juin 2018, quand les Capitals ont remporté la Coupe Stanley à Las Vegas, il a gazouillé 50 fois. Il s'agit d'environ une publication tous les 14 jours. Depuis qu'il s'est joint à la plateforme en septembre 2012, il a publié 321 messages, soit trois et demi par mois.
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Il n'est pas tellement plus actif sur Instagram. Depuis la première publication d'Eller, le 8 juin 2017, il a publié 57 photos, soit une et demie par mois.

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Mais dimanche, Eller va faire augmenter ces statistiques, lorsqu'il publiera des messages sur Twitter en direct pendant la rediffusion du match no 5 de la Finale de la Coupe Stanley sur les ondes de NBC à 15 heures (heure de l'Est). Sur son compte personnel, il pourrait atteindre plus de dix gazouillis dans la même journée, ce qui représenterait un sommet en carrière, et de loin.
« Parfois, tu dois accepter de faire quelque chose différemment », a lancé Eller en riant, vendredi. « Je vais le faire, même si en temps normal, je ne prends pas de temps pour faire ce genre de choses. »
Il reviendra sans aucun doute sur son but gagnant dans le gain de 4-3 des Capitals face aux Golden Knights de Vegas, faisant de lui le premier champion natif du Danemark dans la LNH.

Le 7 avril, presque un mois après que la saison de la LNH eut été mise sur pause en raison des inquiétudes entourant le coronavirus, l'attaquant des Hurricanes de la Caroline Justin Williams s'est prêté au même exercice lors de la rediffusion par NBC du match no 7 de la série de première ronde de l'Association de l'Est entre les Hurricanes et les Capitals en 2019. La Caroline avait gagné 4-3 en deuxième période de prolongation.
Williams a couvert la rencontre avec 21 gazouillis, donc Eller a du pain sur la planche, même si son match a duré une période et demie de moins que celui de Williams.
« Je suivais Justin sur Twitter lorsque nous avons été coéquipiers (avec Washington en 2016-17), a mentionné Eller. Je ne me suis jamais désabonné de son compte lorsqu'il est parti en Caroline, et ce mois-ci, j'ai vu qu'il publiait plusieurs choses à propos du match no 7. J'ai vu à quel point c'est une belle fenêtre sur l'état d'esprit d'un joueur et sur leur perspective par rapport à ce qui se déroule lors d'une partie. »
Quand les Capitals ont approché Eller pour qu'il fasse comme Williams, il a accepté sans hésiter.
« Le match sera diffusé à NBC, et le réseau ainsi que la LNH en feront la promotion, donc je me suis dit que ça pourrait être amusant, a-t-il expliqué. Je pense que je vais être en mesure d'apporter quelque chose de différent. »

Ce sera une aventure complètement différente pour Eller, qui préfère suivre des comptes plutôt que de publier. Il utilise ses comptes Twitter et Instagram pour des causes qui lui tiennent à cœur. La deuxième de ses deux publications sur Twitter cette année était en lien avec une initiative pour soutenir la lutte contre la COVID-19. Son premier message était pour promouvoir la santé mentale.
« Les médias sociaux représentent une belle tribune quand tu veux faire passer un message, a noté Eller. Je les utilise principalement pour soutenir de bonnes causes. Vous n'allez pas me voir publier des photos de ma famille ou de ce que je mange. »
Eller a regardé le match no 5 contre Vegas du début jusqu'à la fin il y a environ un an, aux côtés d'un journaliste danois pour un article. Il a admis que s'il n'y avait pas de vidéos ou de photos, « le match serait un gros flou pour moi. »
Les images font ressurgir de grandes émotions chaque fois, surtout lorsqu'il se voit en train de célébrer la victoire des Capitals sur la glace du T-Mobile Arena, alors que son épouse, Julie, ses parents ainsi que son frère sont à ses côtés.

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« En ce sens, ces photos et vidéos sont précieuses, car tu te vois célébrer, a dit Eller. Je peux les regarder à nouveau, il y en a tellement et elles font ressurgir des émotions fortes. Beaucoup de photos de cette journée sont encadrées à la maison. Chacune d'entre elles raconte une histoire différente. De voir Julie et ma famille sur ces photos, ça me rend émotif juste à y penser et à en parler. »
Eller a célébré avec la Coupe Stanley dans son Danemark natal le 8 août, deux mois après le défilé des Capitals à Washington. Mais il a indiqué que ses plus beaux souvenirs sont les célébrations dans le vestiaire.
« C'était plaisant d'être avec tous les gars et de partager ce moment, a-t-il affirmé. Les joueurs, le personnel, les entraîneurs, tout le monde au sein de l'équipe. Il s'agit de moments précieux qui sont gravés dans ta mémoire. Tu es sur un nuage après la victoire. Il n'y a plus de poids sur tes épaules et c'est un soulagement, donc tu t'éclates. Tu viens de réaliser ce à quoi tu as rêvé toute ta vie, et maintenant, tu as la chance de le partager avec 30 joueurs qui sont aussi fébriles que toi. L'ambiance était extraordinaire. »
Eller revisitera le match depuis le divan de son salon, dimanche, affirmant à la blague que sa fille Sophia, âgée de 7 ans, allait peut-être l'aider avec ce qu'il doit écrire. »

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Pour plusieurs raisons, la famille d'Eller a décidé de demeurer dans la région de Washington durant la pause plutôt que de retourner au Danemark. L'incertitude concernant un éventuel retour au jeu fait partie de ces raisons, mais il y a également le fait que les Eller attendent un deuxième enfant, un petit garçon qui doit naître au mois d'août.
Comme presque tout le monde, ils ont une vie bien tranquille durant la pandémie, sortant uniquement pour faire l'épicerie. Sophia fait de l'école à la maison et passe du temps de qualité avec son père, ce qui est habituellement rare à ce temps-ci de l'année.
« Nous faisons beaucoup d'activités à l'extérieur, des jeux avec un ballon dans l'entrée, la rue ou le garage, a relaté Eller. Le hockey, le soccer et le basketball sont les trois principaux sports que nous pratiquons, en plus du tennis. Quand il ne fait pas beau, nous jouons à des jeux de société et nous en découvrons des nouveaux. Nous passons du bon temps en famille. Ça nous éloigne un peu des tablettes électroniques et des écrans, car ce serait facile de passer toutes nos journées devant la télévision. Ça fait passer le temps. »
Étant l'un des joueurs les plus en forme dans la LNH, Eller a agrandi son gymnase de la maison et s'entraîne intensément sans savoir à quel moment le hockey pourra reprendre.
« J'ai acheté plusieurs choses pour améliorer mon gymnase, ne sachant pas combien de temps je vais devoir continuer à m'entraîner de la sorte, a-t-il expliqué. Je me sens simplement mieux lorsque je fais quelque chose. Je ne suis pas habitué à ne pas être occupé pendant aussi longtemps, c'est très inhabituel. »

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Après 69 matchs cette saison, Eller a déjà atteint un sommet en carrière avec 39 points, il a égalé sa meilleure marque pour les passes (23), et avec 16 buts, il en a besoin de deux pour égaler son plus haut total dans cette catégorie.
« J'ai connu une bonne saison sur le plan personnel, a-t-il mentionné. Je pense que je peux encore trouver des façons de m'améliorer. Je pense que je l'ai fait. Tu approches d'un âge où tu ne deviendras pas plus rapide et où ton tir ne sera pas plus puissant, mais il y a différents aspects du jeu où tu peux t'améliorer et devenir plus efficace pour peaufiner ton jeu.
« Je continue à avoir du plaisir à faire ça. En ce qui a trait à la feuille de pointage, on dirait bien que je fais les bonnes choses. Je trouve que je m'améliore, mais je pense que je peux faire encore mieux. »
Pendant quelques heures, dimanche, Eller sera bien heureux d'être écrasé sur son divan pour revoir le match le plus mémorable de sa vie. Il est impatient de partager sur Twitter les émotions qui referont surface.
« Ce sera plutôt à propos du match que du résultat final, a-t-il expliqué. Tout le monde connait la fin. Je vais revivre ces moments dans ma tête, en temps réel. Je vais partager ce qu'il y avait dans ma tête et ce que je ressentais. »
Photo principale de l'article : Julie Eller