KesselSchmaltzDupuisLNH031122

Pascal Dupuis a disputé 15 saisons dans la LNH, au cours desquelles il a pris part à 871 matchs, récoltant au passage 190 buts et 409 points. L'attaquant natif de Laval a notamment connu trois saisons de 20 buts et plus, et il a mis la main sur la Coupe Stanley avec les Penguins de Pittsburgh en 2009 et 2016. Jamais repêché dans la LNH, il est embauché par le Wild du Minnesota à titre de joueur autonome après avoir évolué avec les Huskies de Rouyn-Noranda et les Cataractes de Shawinigan dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). En plus du Wild, Pascal a porté les couleurs des Rangers de New York, des Thrashers d'Atlanta et des Penguins. Pascal a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com afin de traiter de divers sujets de l'actualité du hockey.
Deux joueurs des Coyotes de l'Arizona, Phil Kessel et Nick Schmaltz, ont vécu des soirées bien spéciales au cours de deux matchs de suite cette semaine, mais pour des raisons bien différentes.

Commençons par mon ancien coéquipier Kessel, qui a passé un grand total de… 30 secondes sur la patinoire mardi contre les Red Wings de Detroit. Le temps d'une seule présence, la première de la rencontre.
C'est que Phil devait immédiatement retourner en Arizona pour rejoindre sa tendre moitié, qui allait donner naissance au premier enfant du couple. Pour ceux qui se demandent pourquoi il s'est donné tout ce trouble, c'est que Kessel tenait à prolonger sa séquence de 956 matchs consécutifs, ce qui le place au troisième rang de tous les temps dans la LNH derrière Keith Yandle (979) et Doug Jarvis (956).

Il peut y avoir des sceptiques quant au bien fondé de risquer de rater un moment aussi important qu'une naissance pour préserver une séquence individuelle. Je peux toutefois vous assurer que j'aurais bien aimé, si j'avais été à la place de Phil, qu'on me permette de faire ce qu'il a fait, et qu'on mette autant de ressources à ma disposition pour que je puisse le faire.
Il y a tellement de sacrifices derrière une aussi longue séquence de matchs consécutifs, c'est certain qu'il a joué une méchante « gang » de ces matchs avec plusieurs petits bobos.
On entend souvent les gens dire que Kessel n'est pas un joueur dédié à son sport, qu'il ne s'est jamais maintenu dans une forme physique optimale. Bon, il n'est peut-être pas un modèle de condition physique, mais je peux vous certifier qu'il fournit toujours un effort maximal sur la glace. Un joueur qui connaît un tel succès offensivement dans la LNH, qui s'implique dans les batailles le long des rampes et qui patine à fond de train à chacune de ses présences ne peut pas disputer 956 matchs de suite sans être totalement dédié.
Puisqu'il est question de lui, je pense que Kessel, qui deviendra joueur autonome sans compensation au terme de la saison, représenterait une acquisition de premier plan pour toute équipe qui aspire à la Coupe Stanley. Sur une courte période, il peut encore élever son jeu d'un cran, suffisamment pour mener une équipe aux grands honneurs.
Et le fait qu'il a déjà gagné un championnat fait de lui une cible encore plus intéressante. Ça me fait un peu rire quand j'entends dire qu'un joueur qui a déjà gagné la coupe Stanley est rassasié, et que son désir de gagner est moins grand. Je peux vous assurer qu'une fois qu'on a soulevé ce trophée, ce que nous voulons le plus au monde, c'est le soulever à nouveau. C'est l'expérience la plus grisante d'une vie, avec la naissance de nos enfants.
Et Phil pourrait bien vivre ces deux faits d'armes en l'espace de quelques mois s'il se retrouve avec la bonne équipe d'ici la date limite des transactions.
Quand tout fonctionne un soir donné…
En ce qui concerne Nick Schmaltz, sa récolte de sept points samedi dernier contre les Sénateurs d'Ottawa est la meilleure dans la LNH depuis que Sam Gagner a amassé huit points contre les Blackhawks de Chicago le 2 février 2012 alors qu'il portait les couleurs des Oilers d'Edmonton.
Dans une soirée comme ça, tout - absolument tout - semble fonctionner pour nous. Le jeu semble ralentir, et tout semble nous sourire. Entendons-nous, les sept points de Schmaltz ne sont pas tous dignes des jeux de la semaine. Il a profité de mauvais revirements des Sénateurs, il a récolté la deuxième mention d'aide sur des buts alors qu'il n'était même plus dans le jeu… mais c'est exactement ça que je veux dire. Dans un match magique comme ça, c'est le genre de situations qui semblent toujours se produire autour de nous sur la glace.

OTT@ARI: Schmaltz établit le record des Coyotes

Je n'ai jamais connu de match comme ça dans la LNH, mais je me souviens avoir amassé huit points dans un match dans la LHJMQ, quatre buts et quatre passes. C'est difficile à expliquer, mais on se rend compte assez rapidement dans ce genre de rencontre que nous allons avoir une grosse soirée. Et bien souvent, ça commence à se manifester bien avant le début du match. Les choses se sont bien passées à l'entraînement, tout se passe à merveille à la maison, la conjointe et les enfants vont bien, et le joueur peut se présenter à l'aréna l'esprit en paix.
Ça fait changement des soirées beaucoup plus difficiles qui parsèment une saison, ces matchs où peu importe ce que nous tentons, tout se retourne contre nous. Le défi est de ne pas trop s'emporter après des soirées où nous avons joué de manière inspirée, et de ne pas se laisser abattre après les soirées plus difficiles.
\Propos recueillis par Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com*