Gillies en imposait physiquement et, sans être un redresseur de torts, il voyait à ce que ses rivaux n'abusent pas de ses talentueux coéquipiers, nommément Bryan Trottier et Mike Bossy.
C'était un habile marqueur, comme en font foi les six saisons de 30 buts et plus qu'il a connues en l'espace de sept saisons, entre 1975-76 et 1981-82. Il a été choisi deux fois au sein de la première équipe d'étoiles de la LNH, comme ailier gauche.
Avec Trottier et Bossy, le barbu gaillard de 6 pieds 3 pouces et 215 livres a complété un trio, affublé du sobriquet « Trio Grande », qui a fait flèche de tout bois pendant plusieurs saisons et au cours des premières conquêtes des quatre d'affilée des Islanders entre 1980 et 1983.
Il a passé ses 12 premières saisons avec les Islanders et ses deux dernières comme porte-couleurs des Sabres de Buffalo. En 958 matchs en carrière, il a obtenu 319 buts et 378 passes pour 697 points, en plus de 1023 minutes de pénalités. Il a ajouté 47 filets et autant d'aides pour 94 points, en 164 rencontres en séries éliminatoires.
Les Islanders ont retiré son numéro 9, le 7 décembre 1996. Le Temple de la renommée du hockey lui a ouvert ses portes en novembre 2002.
Sportif émérite
Gillies naît à Moose Jaw, en Saskatchewan, le 7 avril 1954. C'est un sportif émérite qui excelle également au baseball, comme receveur et joueur de premier but. À l'âge de 16 ans, les Astros de Houston l'ont dans leur mire et lui offrent même un contrat.
Il a un penchant pour le hockey, mais il continue de pratiquer les deux sports de front -- au Canada l'hiver et aux États-Unis l'été -- pendant deux ans.
« À 18 ans, on m'a demandé de faire un choix », a-t-il déjà révélé en entrevue. « J'étais meilleur au hockey. C'était mon sport. »
Chez les juniors, il brille dans l'uniforme des Pats de Regina, dans la Ligue de hockey de l'Ouest, avec 46 buts, 112 points et 179 minutes de pénalités en 1973-74.
Les Islanders le sélectionnent au premier tour du Repêchage 1974, au quatrième échelon au total. Il connaît une première saison de 25 buts, aidant l'équipe à se qualifier pour les séries éliminatoires pour la première fois et à se rendre jusqu'à une victoire de la Finale.
En séries, il fait sa marque comme un des plus coriaces durs à cuire de la Ligue, en malmenant le poids lourd Dave Schultz des Flyers de Philadelphie.
Gillies n'est toutefois pas un bagarreur ni un joueur salaud. Il n'atteint jamais le plateau des 100 minutes de pénalités dans une saison.
« J'avais le sentiment d'être plus utile pour l'équipe en demeurant sur la glace », disait-il.
Celui qu'on surnomme « Jethro » en raison de sa ressemblance avec le personnage de l'émission de télévision américaine « Beverly Hillbillies » fait effectivement meilleur usage de ses mains pour marquer des buts.
Les Islanders le nomment capitaine pendant la saison 1976-77, mais il n'est pas à l'aise avec les tâches et il délaisse le titre à la suite de l'élimination-surprise des siens en séries contre les Rangers de New York en demi-finale en 1979.
Il connaît une baisse de productivité, avec seulement 19 buts et 54 points en 1979-80. Il est toutefois à son mieux en séries. Son jeu physique et inspiré joue un grand rôle dans le premier championnat des Islanders.
Gillies revient fort avec des saisons de 33 et de 38 buts, un sommet personnel, au cours des deux saisons suivantes. Sa carrière emprunte la voie descendante au cours des saisons suivantes, avec 21 buts en 1982-83, 12 en 1983-84, un total qu'il égale en 21 rencontres en séries cette saison-là, 15 en 1984-85, et quatre en 1985-86.
Avant la saison suivante, les Islanders le rendent disponible au ballottage et les Sabres le réclament. Il ne relance pas sa carrière à Buffalo. Il se retire après n'avoir réussi que cinq buts et récolté sept points en 25 matchs en 1987-88.
Gillies retourne s'établir à Long Island avec sa famille à la retraite. Il devient un homme d'affaires prospère très impliqué dans la communauté.