Bill Riley

Bill Riley est surtout connu comme le troisième joueur noir à atteindre la LNH, et l’un des premiers joueurs des Capitals de Washington à porter le numéro 8 avant qu’Alex Ovechkin ne se l’approprie.

Mais Riley, un ancien attaquant dont le décès à l’âge de 75 ans a été annoncé dimanche, représentait bien plus que ça pour Frantz Jean et d’autres joueurs et amis nés dans les Maritimes du Canada. Il était un mentor et un héros qui a abattu les barrières en relevant les défis liés à la géographie et à la race pour disputer 139 matchs dans la LNH avant de devenir entraîneur et directeur général dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec. 

« Il était en quelque sorte une figure emblématique, qui a grandi à Amherst (en Nouvelle-Écosse) et qui a atteint la LNH sans être repêché », a raconté Jean, l’entraîneur des gardiens du Lightning de Tampa Bay. « C’est déjà assez difficile d’atteindre la LNH quand on vient des Maritimes, c’est encore plus impressionnant lorsque l’on tient compte qu’il était aussi un joueur noir. »

Riley est devenu le troisième joueur noir à jouer dans la LNH lorsqu’il a rejoint l’attaquant Mike Marson le 26 décembre 1974, contre les Flyers de Philadelphie au cours de la première saison de l’histoire des Capitals en 1974-75.

Les Capitals avaient fait leur entrée dans la ligue 16 ans après que Willie O'Ree soit devenu le premier joueur noir à y jouer lorsqu’il a porté l’uniforme des Bruins de Boston contre les Canadiens de Montréal le 18 janvier 1958 au Forum de Montréal.

Riley n’a jamais cherché à minimiser ce qu’il a enduré dans la LNH dans les rangs mineurs, surtout aux États-Unis.

« J’ai enduré bien des choses dans les mineures, a-t-il confié en décembre 2016. Je me faisais traiter de plusieurs noms aux États-Unis. Je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Je devais demander à un autre joueur noir. Ils m’appelaient "Chitlin". Je ne savais pas ce que c’était. Nous n’avons pas ça au Canada, nous ne mangeons pas de chitlins (met à base d’intestin de porc) au Canada. »

Riley a disputé 125 matchs avec les Capitals entre 1976 et 1979 ainsi que 14 parties avec les Jets de Winnipeg en 1979-80. Il a récolté 61 points (31 buts, 30 passes) en cinq saisons dans la LNH.

« Les Capitals de Washington offrent leurs plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Bill Riley », a indiqué l’équipe dans un communiqué.

Bill Riley obit

« Au cours de son passage à Washington, Bill a été un exemple de leadership, de professionnalisme, et de dévouement, sur la glace comme à l’extérieur. Il s’est comporté avec intégrité et fierté, laissant une empreinte durable sur ses coéquipiers, l’organisation et la communauté élargie du hockey. »

Riley a connu du succès dans les rangs mineurs et au hockey junior au Canada. Il a récolté 304 points (147 buts, 157 passes) en 391 matchs dans la Ligue américaine de hockey avec Hershey, Moncton, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse entre 1978-79 et 1983-84.

Il a été le capitaine du Nouveau-Brunswick lors de sa conquête de la Coupe Calder en 1982 et a terminé au cinquième rang de l’équipe avec 62 points (32 buts, 30 passes) en 80 matchs de saison régulière.

Riley a déjà dit à sa petite-fille, l’ancienne joueuse de hockey universitaire canadien Kryshanda Green, que : « Pop-Pop était dans la trentaine quand Steve Larmer et Steve Ludzik et tous ces joueurs sont arrivés à l’âge de 19 ans, et qu’ils ont joué pour (le Nouveau-Brunswick) dans la Ligue américaine de hockey, et ils me tenaient en haute estime en raison des aptitudes de leadership que je mettais de l’avant pour eux. »

Riley est devenu entraîneur et directeur général des Wildcats de Moncton à leur saison inaugurale dans la LHJMQ en 1996-97. La saison suivante, il a embauché Jean, qui était alors âgé de 26 ans et qui avait été gardien dans les rangs universitaires canadiens, pour occuper le poste d’entraîneur des gardiens en remplacement de Roland Melanson, qui avait rejoint l’organisation des Canadiens de Montréal.

Jean, qui a remporté la Coupe Stanley à deux reprises au cours de ses 16 saisons avec le Lightning, est l’un des rares entraîneurs noirs dans la LNH aujourd’hui.

« Si je n’obtiens pas cette occasion, je ne sais pas si je me trouve là où je suis aujourd’hui, a affirmé Jean. Bill me connaissait. Il n’a pas hésité. Ça faisait un an que j’étais sorti de l’université, j’avais été entraîneur pendant quelque temps dans le midget AAA. Il avait toutefois suffisamment confiance en moi et en la personne que j’étais, et je l’ai toujours respecté pour ça. Je crois fermement en l’importance des mentors, et Bill a été un mentor fantastique. »

L’héritage de Riley fait partie de l’exposition permanente au Capital One Arena qui rend hommage aux 11 joueurs noirs qui ont porté les couleurs de l’équipe avant l’arrivée de l’attaquant Justin Sourdif cette saison.

Il a été intronisé au Temple de la renommée du sport de la Nouvelle-Écosse en 1998. Green a porté le numéro 8 en hommage à son grand-père lorsqu’elle a évolué pour le College Ryerson, qui porte aujourd’hui le nom de l’Université de Toronto Métropolitaine.

« Tous ceux qui ont joué avec Bill et qui l’ont côtoyé l’ont adoré, a assuré Jean. Il a remporté quelques championnats, et ce n’est pas par accident. Il a aussi été capitaine de plusieurs équipes, et ce n’était pas par accident. C’est parce qu’il était un bon meneur d’hommes. »