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Biron: Une saison de transition à prévoir pour Crawford

Notre chroniqueur est d'avis que le gardien québécois doit tout mettre en oeuvre pour être en pleine santé en vue de la saison 2019-20

par Martin Biron @martybiron43 / Chroniqueur LNH.com

Martin Biron a connu une carrière de 15 saisons dans la LNH et il a signé 230 victoires en 508 matchs, connaissant notamment deux saisons de 30 gains et plus. Il a également atteint la finale de l'Association de l'Est avec les Flyers de Philadelphie en 2008. Le gardien natif de Lac-St-Charles a été sélectionné au 16e rang au total du repêchage 1995 par les Sabres de Buffalo. Il a évolué avec les Sabres, les Flyers, les Islanders de New York et les Rangers de New York. Martin a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com chaque semaine afin de discuter de l'univers des gardiens et d'analyser l'actualité de la LNH.

C'est dommage à dire avant même d'amorcer la campagne, mais si j'étais à la place de Corey Crawford, j'aborderais la saison 2018-19 comme une année de transition.

Le gardien des Blackhawks a 33 ans. Il a encore deux ans à écouler à son contrat. Je suis convaincu qu'il lui reste encore plusieurs années de bon hockey à offrir. Mais pour ça, il doit trouver un moyen de revenir en parfaite santé.

Son dernier match remonte au mois de décembre alors qu'il a subi une commotion cérébrale et il n'a pas encore reçu le feu vert pour reprendre l'entraînement normal avec ses coéquipiers. Le fait d'avoir manqué la deuxième moitié de la saison, de ne pas avoir pu s'entraîner au niveau qu'il le voulait cet été et de rater du temps précieux en camp d'entraînement, ce n'est vraiment pas idéal. 

La chose qui est vraiment difficile quand je regarde une situation comme celle de Crawford c'est qu'avec une blessure comme la sienne, tu ne peux pas te tenir en bonne forme physique ni travailler sur les aspects techniques et mentaux de ton jeu.

Tu te retrouves donc en retard dans les trois aspects qui sont les plus importants pour un gardien de but.

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À l'époque où je jouais, mes entraîneurs François et Benoit Allaire me disaient toujours qu'il fallait que je sois bien préparé du côté physique, du côté technique et du côté mental. Présentement, ces trois aspects sont affectés dans son cas.

Si c'était juste le côté physique et qu'il avait été capable de travailler sur les deux autres aspects pendant la saison morte, ce serait différent. Mais présentement, c'est 0-en-3. Il doit prendre ça vraiment tranquillement et ne pas mettre la barre trop haute cette année.

C'est certain que l'athlète en toi, le gars compétitif, ne veut jamais se dire ça. Mais quand tu regardes sa situation contractuelle et son âge, s'il veut rester dans la LNH pendant quatre, cinq ou six ans encore, il doit se fixer comme objectif d'être en pleine santé à l'été 2019.

La pente qu'il a à remonter est abrupte. 

Le temps de réaction et les réflexes ne se perdent pas à ce niveau. C'est plutôt la confiance en ton temps de réaction et en tes réflexes qui sont affectés.

Quand tu joues beaucoup de matchs, que tu t'entraînes tous les jours, que tu sais que tu es capable de faire les arrêts, que tu as confiance que ta mitaine va réagir à un lancer de l'enclave, que tu as confiance que ta jambe va sortir sur une déviation, c'est comme si tu étais capable de tout faire.

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Mais quand tu n'as pas la chance de pratiquer ni de jouer des matchs, c'est la confiance en tes habiletés qui n'est pas là. Tu ne peux pas te sentir invincible devant ta cage. À ce moment-là, tu vois beaucoup de gardiens qui deviennent des bloqueurs de rondelles, qui laissent le disque les frapper plutôt que d'être agressif et de défier le tir. C'est ce qui devient dangereux. 

Sans Crawford, point de salut

La situation est loin d'être idéale pour les Blackhawks. Nous l'avons vu l'an dernier, ils ont une très bonne équipe, mais c'est Corey Crawford qui agit comme la colle qui tient tout ensemble.

Dès qu'il s'est blessé, l'équipe n'est allée nulle part. Il a toujours fait partie des gardiens les plus sous-estimés dans la LNH. Quand les Blackhawks ont gagné leur dernière Coupe Stanley, tout le monde parlait des Patrick Kane, Jonathan Toews et Duncan Keith, mais à mon avis c'était Crawford - et même Scott Darling - qui menait cette équipe-là.

Les Blackhawks avaient prévu le coup en embauchant Cam Ward au cours de l'été, mais ça demeure une police d'assurance. C'est un gars qui a un style très différent de celui de la majorité des gardiens qui connaissent du succès dans la LNH. Je ne suis pas un grand fan.

Comprenez-moi bien, c'est un gars fantastique dans le vestiaire, qui travaille fort et qui est un bon vétéran, mais devant le filet il en a perdu assez rapidement au cours des dernières années. Oui, il va connaître de bons matchs et de bonnes séquences, mais si Corey Crawford ne revient pas en pleine forme et si c'est une année de transition, comme je l'envisage, les Blackhawks ne participeront pas aux séries.

Quand on regarde leur section, les Jets de Winnipeg, les Predators de Nashville et les Blues de St. Louis sont trois équipes qui termineront devant eux au classement. On peut s'attendre à une autre saison difficile à Chicago.

*Propos recueillis par Guillaume Lepage, journaliste LNH.com

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