OTTAWA – Si la formation canadienne avait véritablement l’intention d’envoyer un message fort après la déconfiture contre la Lettonie, elle a complètement raté son coup au Championnat mondial junior, dimanche.
Contre un autre adversaire hautement prenable, l’Allemagne, la troupe de Dave Cameron a offert une autre prestation difficile à regarder. Elle a tout de même signé une courte victoire de 3-0 devant une salle comble de 18 526 spectateurs au Centre Canadian Tire.
« J’ai trouvé notre match très solide à part pour le fait que nous sommes malchanceux du côté offensif, mais ce n’est par manque d’effort ou par manque de volonté », a plaidé le pilote, en tentant probablement de se convaincre lui-même.
Il aura fallu attendre qu’un tir du défenseur Caden Price dévie sur la bande derrière le filet, puis sur le patin du gardien Nico Pertuch avec 4:58 à faire au match pour voir le Canada faire 2-0 – et se taper le fameux classique « Live Is Life ».
Ce but chanceux assurait les locaux d’éviter de subir une autre humiliation contre un pays qu’il est censé battre plutôt facilement. Bien au contraire, il n’y a rien eu de convaincant dans cette rencontre.
Après deux périodes, l’unifolié n’avaient qu’un petit but d’avance, exactement le même scénario que dans le revers de 3-2 en tirs de barrage contre la Lettonie. Lors des deux derniers matchs contre ces petites nations, le Canada n’a inscrit qu’un but à 5-contre-5.
« Nous avons gardé le cap, a commenté Cameron. C’est notre mentalité depuis le début de ce tournoi. L’équipe qui parvient à le faire le plus longtemps, le plus ardemment, va gagner la compétition. »
Pendant que tout le monde se cherche à l’attaque, les défenseurs, au moins, prennent la relève.
Oliver Bonk a touché la cible sur le jeu de puissance en première période. Étrangement – ou pas – l’arrière a fait mouche alors qu’il avait été enfin muté dans l’enclave, sa position habituelle avec les Knights de London, plutôt que d’être posté à la pointe comme lors des deux premiers matchs.
« C’était un bon sentiment, a dit l’espoir des Flyers de Philadelphie. Certaines personnes disaient que j’étais mauvais à la pointe. Je voulais jouer sur le bumper et j’ai marqué. […] J’aime cette position. Je suis dans la circulation lourde et j’ai l’impression de soutenir tous les gars. »
Pour le reste, on retiendra la prestation du gardien Carter George. Il a repoussé 25 lancers pour signer son deuxième jeu blanc en autant de départs. Le portier a fait face à moins de chances de qualité qu’à sa première sortie contre la Finlande, mais il s’est bien tiré d’affaire avec une marge de manœuvre inexistante.
« Il a été incroyable, a encensé Cameron. Jack (Ivankovic) aussi. Nos gardiens sont la raison pour laquelle nous avons été capables de survivre à cette sécheresse offensive. Tu as besoin de trouver différentes façons de l’emporter dans ce tournoi. En ce moment, notre défensive et nos gardiens font ce boulot.
« Je sais que notre attaque va se mettre en marche. Ça enlèvera un peu de pression. »
En attendant ce grand déblocage, George a même tenté d’aider ses coéquipiers en tirant vers une cage abandonnée en fin de rencontre. La rondelle est cependant passée à quelques pieds du poteau droit. Mathieu Cataford a réussi le coup, avec l’aide du gardien, avec 2,4 secondes à écouler, sauvant l’honneur des attaquants.
« Je crois beaucoup qu’il y a une raison à tout, a philosophé George. De faire face à de l’adversité, c’est toujours une bonne chose. Si nous vivons une situation similaire à l’avenir, nous pourrons nous relever. Je ne sais pas si c’est une mauvaise chose ou pas, mais je sais qu’il y a une raison derrière ça. »
Au rayon des nouvelles « encourageantes », soulignons que l’équipe n’a toujours pas accordé de but à forces égales. Les petites victoires, comme ils disent.
Des changements… mineurs
Désespérément à la recherche d’une étincelle offensive, Cameron avait décidé d’insérer Carson Rehkopf dans sa formation pour la première fois du tournoi. Il l’a cependant fait au détriment de Porter Martone, qui était le deuxième meilleur pointeur dans la Ligue de l’Ontario avant de s’amener avec l’équipe nationale.
Martone, l’un des meilleurs espoirs en vue du prochain repêchage, a inscrit 21 buts et amassé 43 points en 26 matchs cette saison. Parmi le groupe d’attaquants, il est le seul à combiner le talent de pointe et l’élément papier sablé tant recherché par cette équipe souvent mollassonne.
Une décision plutôt curieuse. Surtout que Rehkopf a été utilisé pendant 7 min 48 s, le plus bas total chez les attaquants de l'équipe. Le choix de jumeler Cole Beaudoin à Calum Ritchie et à Easton Cowan sur le premier trio n’a pas porté fruit. Celui d’envoyer Bradly Nadeau avec Brayden Yager et Tanner Howe non plus.
En fait, le seul trio qui a constamment menacé a été celui qui est demeuré inchangé – Gavin McKenna, Luca Pinelli et Berkly Catton. À deux jours d’un duel pour la première place du groupe A contre les États-Unis, qui ont battu l’Allemagne 10-4, il y a vraiment de quoi se gratter la tête.


















