Il y aura un nouveau calibre de hockey l'automne prochain au Québec, plus précisément à Trois-Rivières, puisqu'une équipe d'expansion de l'ECHL verra le jour pour la saison 2021-22. C'est l'ancien défenseur de la LNH Marc-André Bergeron qui sera le directeur général de la nouvelle équipe, laquelle sera affiliée aux Canadiens de Montréal.
Cinq questions avec… Marc-André Bergeron
L'ancien défenseur sera le directeur général du nouveau club-école des Canadiens dans l'ECHL

La formation trifluvienne, dont le nom n'a pas encore été dévoilé, évoluera dans un tout nouvel amphithéâtre de 4350 places. C'est la première fois que l'ECHL, le troisième meilleur niveau de hockey professionnel en Amérique du Nord, aura une formation au Québec.
« Les gens appellent et rappellent pour acheter des loges », a raconté un Bergeron très optimiste en vue de la naissance de ce nouveau club. « Les joueurs vont adorer évoluer devant leurs partisans, leur famille, et ça va créer un attachement et une atmosphère unique que tu n'as pas ailleurs dans la ligue. »
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Pour Bergeron, il s'agira de ses premiers pas comme dirigeant dans le monde du hockey. Il ne s'agira toutefois pas de la première fois qu'il s'implique au sein d'une formation sportive, puisqu'il a été président et actionnaire du club de baseball des Aigles de Trois-Rivières de 2014 à 2019.
Le Trifluvien, qui a disputé 490 matchs dans la LNH répartis sur 10 saisons et qui a amassé 253 points, risque de voir certaines similarités entre les deux formations. Les Aigles évoluaient à l'époque dans la Ligue Can-Am (maintenant la Ligue Frontier), où les équipes sont formées de joueurs qui ne sont pas sous contrat avec une équipe des ligues majeures. Dans l'ECHL, la majorité de la formation sera majoritairement composée du même genre d'athlètes, ainsi que de certains joueurs prêtés par les Canadiens.
Dans les deux cas, ce sont des athlètes qui tentent de faire leur chemin jusque dans les grandes ligues, mais qui devront se retrousser les manches. Il n'y a que la forme du bâton qui change.
Voici cinq questions avec… Marc-André Bergeron :
1. Quels seront les principaux défis pour vendre le calibre de l'ECHL, une ligue qui est relativement inconnue au Québec?
« On doit bien faire les affaires. On construit notre notoriété et notre crédibilité. C'est un des éléments les plus importants. Ça va très bien jusqu'à présent.
« Je veux vendre ce calibre comme une route qui n'est peut-être pas celle des diamants, mais que dans l'histoire de l'ECHL, il y a pratiquement 700 joueurs qui y ont évolué qui se sont rendus dans la LNH. C'est un chemin de campagne, mais il se rend quand même. Ce n'est pas un chemin qui meurt. C'est une belle opportunité pour bien des joueurs. »
2. Lorsque viendra le temps de bâtir la formation, aura-t-elle une forte saveur québécoise?
« On va prioriser les joueurs québécois. Ici au Québec, nous avons une pépinière de joueurs. Je pense que ça va aider tout le hockey en dessous de nous (Ligue nord-américaine de hockey et Ligue senior AAA du Québec). Si un mercredi, nous avons trois joueurs qui ont été rappelés et deux blessés, nous n'aurons qu'à prendre le téléphone et aller chercher les meilleurs joueurs de hockey du senior.
« La différence entre le meilleur joueur du senior et un joueur ECHL n'est pas si grande, certains ont même joué dans la LNH. Ça peut motiver des gars en bas. Qui sait, peut-être qu'un gars que nous allons rappeler un mercredi va marquer deux buts, on va le garder avec nous, et dans deux ans il sera avec (le Rocket de) Laval. Une histoire de Cendrillon, mais j'y crois profondément. »
3. Malgré tes succès sur la glace, tu n'as pas été repêché et plusieurs te disaient trop petit pour atteindre la LNH. Quand tu repenses à ta carrière dans le hockey junior, penses-tu te revoir dans les joueurs que tu vas embaucher?
« Je n'ai jamais joué dans l'ECHL, mais j'aurais pu. Je ne sais pas pourquoi ce n'est pas arrivé. J'aurais facilement pu commencer là ou, à un certain moment donné, y être envoyé. Je suis certain que parmi tous les joueurs qui vont passer dans l'organisation, il va y en avoir. »
4. Lorsque tu étais joueur, désirais-tu poursuivre dans le monde du hockey après ta carrière, et est-ce que tu crois que l'apprentissage sera ardu?
« On se fait répéter chaque semaine que les carrières sont courtes et qu'il va falloir faire quelque chose après ta carrière. Tu as le choix entre écouter ou faire comme si tu ne l'entends pas. De l'âge de 40 à 70 ans, c'est le 'fun' de s'occuper un peu! C'est de cette façon que j'ai toujours vu ça. Je me suis dit que je voulais faire quelque chose après ma carrière.
« La Ligue nous aide vraiment avec tous les détails et les règlements. C'est le fun, contrairement à ce que j'ai connu au baseball où on était laissés à nous-mêmes. En plus, l'équipe de Terre-Neuve a le même propriétaire que nous, donc on se parle régulièrement et ils répondent à mes questions. J'ai aussi parlé à Daniel Brière (qui est directeur général de la formation de l'ECHL du Maine). Je viens de ce monde, alors c'est différent du baseball où je n'avais pas de contacts. »
5. Les Maple Leafs de Toronto ont mis en place une structure verticale entre l'équipe de la LNH, le club-école de la Ligue américaine et les Growlers de Terre-Neuve, de l'ECHL. Crois-tu qu'une telle structure pourrait profiter aux Canadiens, au Rocket de Laval et à la nouvelle équipe de Trois-Rivières?
« C'est sûr que j'aimerais ça. J'en rêve! Mais c'est aux Canadiens de décider. Plus les années vont aller, plus il va y avoir de la collaboration. Il va y avoir une période d'apprentissage. Plus on va bien faire ça ici, plus ils vont vouloir nous en donner. On doit s'apprivoiser, mais jusqu'à maintenant, l'attitude des Canadiens est bonne, on voit qu'ils veulent collaborer et essayer de nous aider le plus possible.
« Ça va non seulement aider les joueurs québécois, mais aussi les entraîneurs et tout le personnel de hockey. Ils seront tous en quelque sorte dans l'organisation des Canadiens. La journée où (le gérant de l'équipement) Pierre Gervais prendra sa retraite, ça va prendre quelqu'un pour le remplacer. Ça ne veut pas dire que ce sera le gars qui est ici, mais ils vont très bien le connaître, celui qui est ici. Il a probablement plus de chances. »

















