Capitane des Bruins pour ses 14 saisons à Boston (2006-07 à 2019-20), Chara avait donné le flambeau du « C » sur son gilet à Bergeron au début de la saison 2020-21. Bergeron avait hérité de ce rôle puisque le vétéran défenseur avait choisi de poursuivre sa carrière avec les Capitals de Washington.
Si Bergeron a suivi Chara comme capitaine à Boston, il devrait encore une fois le suivre, mais cette fois en ouvrant les portes du Temple à Toronto dès sa première année d’admissibilité en novembre 2026.
Des appels marquants et endurer la douleur
À l’image des sept autres membres de la cuvée de 2025, Chara sait depuis le mois de juin qu’il sera intronisé au Temple de la renommée. Mais il a pris du temps avant de parler à Ron Francis, le président du comité de sélection.
« Je me trouvais en Thaïlande en voyage avec ma famille, a-t-il précisé. Nous ne parvenions pas à nous parler en raison du décalage horaire. Quand j’ai fini par découvrir la bonne nouvelle, j’avais déjà plusieurs messages sur mon téléphone.
« Le premier appel que j’ai reçu, c’était Johnny Bucyk. Le deuxième appel, c’était Bobby Orr. Ils m’ont téléphoné rapidement. Quand tu reçois des appels de deux légendes de la LNH et des Bruins, tu réalises un peu mieux l’ampleur du moment. Ça devenait comme dans un film. Ça se déroulait au ralenti dans ma tête. Johnny et Bobby ont leur place au Temple depuis tellement longtemps. Ils symbolisent beaucoup pour le hockey.
« Une fois que j’ai raccroché pour les deux appels, j’ai réfléchi sur ma vie. Je ne pensais pas juste au hockey, mais d’où je proviens. C’est un immense honneur d’entrer au Temple de la renommée. C’est vraiment spécial. »
En finale de la Coupe Stanley contre les Blues de St. Louis en 2019, Chara avait démontré une fois de plus sa capacité à endurer la douleur. Atteint au visage par un puissant tir de l’attaquant Brayden Schenn lors du quatrième match de la finale, le capitaine des Bruins avait déjoué tous les pronostics en retrouvant sa place à la ligne bleue dès le match suivant.
Il avait joué les trois derniers matchs de la finale malgré de multiples fractures à la mâchoire. Il portait une grille complète.
À deux jours de son intronisation officielle au Temple, Chara est revenu sur cette finale marquante de 2019.
« J’avais plus qu’une blessure, a-t-il précisé. La mâchoire n’était pas mon seul problème. J’avais aussi une déchirure à l’aine et des fractures à un coude et à une épaule. J’ai appris ma blessure à une épaule lors de mon opération pour ma mâchoire. Ils ont passé un autre examen à résonance magnétique. Une fois que les médecins ont rattaché ma mâchoire, je ne ressentais plus trop de douleur. Il y avait toutefois des risques. Mais je vivais bien avec les risques. Je voulais jouer, surtout en finale de la Coupe Stanley. Les Blues m’avaient fait encore plus mal en gagnant le 7e match devant nos partisans à Boston. »
Avec 1680 matchs, Chara détient le record du plus grand nombre de matchs joués pour un défenseur. Cette longévité tient aussi par sa discipline et son ardeur au travail. L’été, il ne faisait pas uniquement pousser de la fonte. Il recréait des étapes du Tour de France afin de bien se préparer pour la prochaine saison.
« J’aime le cyclisme et j’aime courir, a-t-il répliqué lorsque questionné sur ce sujet. Je me suis toujours bien préparé pour mes saisons au hockey. Je suis un fidèle partisan du cyclisme et je regarde toujours le Tour de France. J’apprends aussi des autres athlètes. Je désirais recréer des étapes du Tour. Je pouvais partir dans les Alpes avec des amis et nous revivions les mêmes étapes, mais avec une ou deux semaines de retard. Nous faisions de longues sorties en montagne. J’ai toujours aimé ça, probablement puisque ce n’est pas facile. »
« Il y avait différentes douleurs, a-t-il enchaîné. Quand tu t’entraînes, tu pousses tes limites. Oui, il y a une forme de douleur, mais tu ne recherches pas juste la douleur. J’ai toujours voulu me pousser. Je dirais aussi que j’entraînais mon esprit. Physiquement, tu peux endurer bien des choses, mais tu dois convaincre ton cerveau d’y arriver. J’ai toujours eu une grande discipline avec mes entraînements. Quand je cochais une journée pour un entraînement dans mon calendrier, j’y allais toujours même s’il faisait un gros soleil ou une tempête à l’extérieur. »