Paraissant ébranlé en évoquant les conséquences de la perte du franc-tireur pour le reste de la saison, Anderson a manifestement été en mesure de transformer ses émotions en énergie. Impliqué dans toutes les facettes, il est l'un de ceux qui ont poussé le groupe vers l'avant dans un gain de 3-2 en prolongation au Centre Bell, samedi.
« La nouvelle de ce matin nous a brisé le cœur, mais les gars rappelés ont amené de l'énergie et ont profité de la chance qui s'est présentée à eux, a-t-il affirmé. Tout le monde a acheté le plan et on n'a jamais abandonné, même si on tirait de l'arrière par deux buts. Nous nous sommes tenus dans ce vestiaire. »
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Anderson est celui qui a amorcé cette courte remontée en donnant vie aux siens en tout début de deuxième période. En acceptant la passe de Nick Suzuki pour inscrire son 14e de la saison d'un tir sur réception, l'ailier droit a laissé entrevoir qu'il pourrait assurer une certaine continuité dans la production du premier trio.
« Je ne sais pas si Josh a été un leader dans l'enthousiasme, mais il a amené de l'énergie, a fait valoir l'entraîneur Martin St-Louis. Il a amené sa game. À travers la formation, je ne peux pas trouver quelqu'un qui n'a pas tout donné ce qu'il avait dans le réservoir. »
Anderson a de grands souliers à chausser - au sens figuré - mais s'il joue comme il l'a fait au jour 0 de l'ère post-Caufield, il pourra aider le Tricolore à réussir de petits miracles ici et là, comme ce fut le cas samedi.
« Cole est un élément clé de notre équipe, a-t-il souligné. Il amène de l'énergie sur la glace et à l'extérieur, mais notre rôle est de faire en sorte que le train continue d'avancer malgré tout. C'est la mentalité du joueur suivant. Tous les trios ont bien joué ce soir, et nous devons continuer dans cette veine. »
Tchou-tchou
Cette fameuse métaphore du train, popularisée cette semaine par St-Louis, semble avoir fait son chemin dans le vestiaire montréalais. Tous veulent continuer d'avancer, peu importe les passagers qui quittent les wagons, et ceux qui y prennent place.
Avec pas moins de huit attaquants sur la liste des blessés, cette mentalité devient nécessaire pour préserver le moral des troupes. Surtout que le dernier passager laissé sur le quai en était un de première classe.
« C'était un bon premier match (sans Cole) pour nous ce soir, a analysé Anderson. Il y a beaucoup d'émotions dans l'air avec ce que nous traversons depuis les dernières semaines avec les blessures. Mais il y a des gars qui lèvent leur jeu d'un cran et qui laissent leur cœur sur la glace. On a besoin de ça. »
Les prochaines semaines nous diront si la culture de l'équipe est suffisamment solide pour permettre au train de contourner les obstacles qui pourraient se trouver sur les rails. Et il y en aura assurément.
« Une victoire comme celle-là permet aux gars de croire que peu importe qui est à bord du train, tout le monde peut le faire avancer, a conclu le pilote. Parfois, on perd des joueurs importants, mais le train doit continuer d'avancer.
« C'est la responsabilité des gars à bord de respecter les standards, la culture et notre manière de faire les choses. Le match de ce soir est une grosse pierre d'assise pour ce que l'on cherche à établir. »