McGuire Dubé 2 badge Laflamme

MONTRÉAL – Quand on en voit un dans une ville de la LNH, l’autre n’est jamais loin. Quand ils sont ensemble, on voit tout de suite que leur complicité n’a d’égal que leur amitié. On dirait un vieux couple. Tout bien considéré, c’est ce qu’ils sont : un vieux couple qui a fêté l’an dernier ses « noces de porcelaine », ou plutôt ses 20 ans de vie professionnelle.

Martin McGuire et Dany Dubé n'ont plus besoin de présentation au Québec et dans la francophonie sportive. Les voix radiophoniques des Canadiens de Montréal sont indissociables pour les partisans du CH et les amateurs de hockey. Le descripteur de jeu et l'analyste font la paire au même titre que Batman et Robin, Dupond et Dupont, Astérix et Obélix, Tom et Jerry, le Ying et le Yang, Dominic et Martin, Taylor Swift et Travis Kelce…

« Laurel et Hardy! », s’esclaffe Dany Dubé quand on demande aux deux à quels célèbres duos ils aimeraient être identifiés.

Le ton était donné pour une entrevue, tantôt débridée, tantôt sérieuse, avec les deux grands potes. Le prétexte? La publication récente du livre « Bon match! », dans lequel ils nous racontent, généreusement et sans prétention, leur parcours, leur métier et leur union... pour le meilleur uniquement, devinerez-vous.

Un bouquin à la bonne franquette, truffé d’échanges humoristiques, de commentaires plus sérieux et d’anecdotes savoureuses. Ça coule de source, exactement à l’image des deux comparses en ondes depuis plus de 1500 matchs.

Elle est là, la grande force de l’ouvrage de 234 pages, publié aux Éditions de l’Homme. Le collaborateur François Couture a fait de l’excellente besogne de rédaction parce qu’on a le sentiment d’entendre « Martin et Dany » nous parler, comme ils le font depuis que le destin les a réunis lors de la fin de semaine du Super Bowl en 2003.

« Dès nos premières discussions avec François, il a vite capté qui nous sommes, relate McGuire. Il nous connaissait comme auditeur et il est de plus venu nous voir travailler au Centre Bell et à l’étranger. Il a rédigé le livre un peu comme nous sommes en ondes. »

Il faut dire qu’on est en présence de deux personnages qui, dans leurs différences, sont entiers et faciles d’approche, tout en ne se prenant surtout pas au sérieux. « What you see is what you get… »

McGuire Dubé 4

« On ne se prend pas au sérieux, mais on prend notre ‘job’ au sérieux, fait remarquer Dubé. Dans la vie, il y a la passion pour ce que tu fais et l’importance des gens avec lesquels tu le fais. Tu peux être passionné par ce que tu fais, mais ne pas être dans un bon environnement. Ça va t’empoisonner la vie, tu vas perdre ta passion, tes qualités même. Nous, nous sommes convaincus que nous amenons mutuellement le meilleur de l’autre. La complémentarité n’est pas que dans nos personnalités, elle l’est dans nos tâches. »

Martin renchérit: « On ne fait pas de transplantation cardiaque. On est dans le divertissement ».

Dany : « C’est une bonne affaire… »

Martin : « Ce que je veux dire, c’est qu’il faut que le plaisir d’être ensemble se transmette aux auditeurs. Les gens nous écoutent pour décrocher ou pour se changer les idées. La bonne humeur doit être au rendez-vous. Les Canadiens ne sont pas toujours bons, mais c’est peut-être parce que l’autre club est très bon.

« La radio est un médium intimiste, intrusif. Les gens nous écoutent dans leur auto, on doit leur donner l’impression qu’on est assis sur le banc arrière à leur parler. Quand l’équipe joue mal, il y a une façon de le rendre en n’oubliant jamais que c’est du divertissement. »

En partageant leur parcours, qui n’a pas nécessairement été un long fleuve tranquille, les deux ont voulu montrer qu’il n’y a rien d’impossible pour quiconque aspirerait à leur succéder. Ils vont même jusqu’à donner des conseils à celles et ceux que ça intéresserait.

« Moi, je n’ai jamais été ‘coach’ dans la Ligue nationale », soulève Dubé, qui possède tout de même une belle feuille de route comme entraîneur dans les rangs amateurs. « Ça prouve que c’est un milieu qui appartient à tout le monde. »

McGuire Dubé 1

McGuire et Dubé s’estiment comme des frères, qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir. Comme si les deux larrons ne passaient pas suffisamment de temps ensemble, ils se fréquentent en dehors du hockey. Leurs conjointes ont également développé des atomes crochus.

« Elles se verraient plus souvent si elles étaient géographiquement plus proches, souligne Dubé. Elles nous accompagnent tous les ans au repêchage. C’est un classique. On les perd de vue parce qu’elles font plein d’activités ensemble. On doit parfois leur dire : « Hé, on est là ».

« Mes enfants connaissent bien Martin et vice-versa, poursuit Dubé. Un des objectifs du livre, c’est que mes petits-enfants – j’ai un petit-fils – le connaissent parce qu’il est une personne importante dans ma vie. »

Le mot de la fin revient à Martin : « L’amitié qu’on a l’un pour l’autre et le plaisir qu’on a à travailler ensemble, il fallait que ce soit dans le livre.  Ça y est, et je suis heureux de ça. »

« Bon match! », une bonne lecture!