Antoine Bibeau badge Laflamme

Le gardien québécois Antoine Bibeau n'est pas prêt à faire une croix sur la LNH. À l'âge de 27 ans, il demeure optimiste de recevoir une offre d'une organisation, une dizaine de jours après l'ouverture du marché des joueurs autonomes.

« Je ne cache pas être déçu par la tournure des événements, mais ça fait partie du hockey. C'est une épreuve à surmonter », mentionne Bibeau au bout du fil, en entrevue à LNH.com. « La poussière retombe, et je reste positif de me dénicher une équipe », ajoute-t-il.
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Il faut dire que Bibeau vient de vivre une semaine fertile en émotions sur le plan personnel. La journée de l'ouverture du marché, le 28 juillet, il a uni sa destinée à sa compagne de longue date Erin McLeod, dans sa province natale de l'Île-du-Prince-Édouard, où il a joué dans la LHJMQ.
« Le mariage devait avoir lieu l'an dernier, mais on a dû le repousser deux fois en raison des restrictions liées à la COVID-19 », explique-t-il.
« Je dois admettre que j'ai eu de la difficulté à ne pas penser à ma situation, sauf pendant la cérémonie, ajoute-t-il. Le reste de la journée, j'ai souvent été en contact avec mon agent Allain Roy. »
Bibeau s'attendait à qu'une équipe mise rapidement sur lui, après avoir fait la démonstration en 2021 qu'il est de retour en forme et en santé.
Opéré aux deux hanches entre la fin de 2019 et le début de 2020, Bibeau a connu une bonne saison dans l'organisation des Hurricanes de la Caroline. Il a vu peu d'action en raison de la pandémie, ne jouant que huit matchs dans la Ligue américaine, mais il s'est entraîné en masse au sein de l'escouade de réserve de l'équipe, en saison régulière et en séries éliminatoires.
« J'étais censé jouer davantage, mais la blessure de Petr Mrazek m'a fait passer plus de temps que prévu dans l'escouade de réserve. Je suis tout de même très satisfait de ce que j'ai accompli. Je n'ai eu aucun problème et j'ai été à 100 pour cent de mes capacités.
« C'est la raison pour laquelle c'est décevant de constater qu'il semble y avoir des équipes qui ont des craintes. Moi je sais que je suis complètement rétabli. Je le savais depuis avant même que je tente un retour avec les Hurricanes. »
En huit sorties chez les Wolves de Chicago en 2021, Bibeau a montré une fiche de 5-2-1, avec une moyenne de buts accordés par match de 2,49 et un taux d'efficacité de ,912. Il a côtoyé les Hurricanes pendant tout leur parcours en séries éliminatoires. Les dirigeants ont dû être satisfaits parce qu'ils ont envisagé de retenir ses services.
« Les Hurricanes m'ont présenté une offre tout juste avant le repêchage d'expansion de Seattle, mais il fallait faire vite et ça n'a pas fonctionné, raconte-t-il. Depuis l'ouverture du marché, il y a eu des pourparlers avec quelques autres équipes. Il y en a encore, mais je n'ai aucune idée de la suite des choses. »
Comme Nedeljkovic et Ullmark
Bibeau confie avoir été courtisé par des équipes européennes, mais il précise du même souffle qu'il n'est pas prêt à s'expatrier. Lui qui a disputé quatre matchs dans la LNH en 2016-17 et en 2019, il veut poursuivre son rêve en Amérique.
Le choix de sixième tour (172e au total) des Maple Leafs de Toronto en 2013 se dit que c'est possible en voyant des gardiens qui ont trimé dur comme Alex Nedeljkovic, 25 ans, et Linus Ullmark, 28 ans, de s'établir dans la LNH.
Nedeljkovic a quitté l'anonymat chez les Hurricanes cette année tandis qu'Ullmark vient de parapher une lucrative entente avec les Bruins de Boston.
« En Caroline, je m'entraînais avec Nedeljkovic et je sais que je suis de son calibre », avance le gaillard de 6 pieds 3 pouces et 205 livres. « Ullmark est un gardien que j'ai souvent affronté dans la Ligue américaine. Il y en a plusieurs autres que j'ai vus graduer dans la Ligue nationale au cours des dernières saisons. »
Avec l'expérience qu'il possède, il se dit qu'il peut sûrement aider une équipe comme troisième gardien, en plus d'être un bon mentor pour les jeunes. Un autre facteur qui milite en sa faveur, c'est que les équipes ont de plus en plus besoin de profondeur à la position de gardien.
« Je ne me décourage pas et je continue de m'entraîner fort en gymnase. Je suis optimiste que les choses vont finir par débloquer pour moi », conclut Bibeau, qui touchait presque à son rêve avant d'être blessé en novembre 2019.
Crédit photo : American Hockey League (AHL) / Chicago Wolves