MONTRÉAL – Cole Caufield a posé ses patins sur la glace du Centre Bell pour une première fois dans ce match contre les Devils du New Jersey à 1:06 de la première période. Même s’il n’avait pas la rondelle sur sa palette, le numéro 13 a fait réagir les partisans qui ont immédiatement scandé son nom de famille : « Caufield, Caufield, Caufield. »
Cette scène reste la plus marquante de cette défaite de 3-0 contre les Devils.
La magie du 50e but n’a jamais opéré. Pour recycler les mots de Martin St-Louis, le CH n’avait pas sa balle rapide à son retour à la maison après un long voyage de cinq matchs sur la route.
« C’était une soirée où nous n’étions pas là, a lancé Kaiden Guhle. Nous pouvons essayer de l’analyser de plusieurs façons, mais c’est probablement le meilleur résumé. »
Les Devils ont gâché la fête en cette soirée de Pâques. Jacob Markström a bloqué 18 tirs pour freiner la série d’invincibilité de leurs rivaux à huit matchs. Caufield, qui est resté coincé à 49 buts pour un deuxième match d’affilée, a décoché trois tirs en direction du gardien suédois, mais il a aussi manqué la cible à quatre reprises.
Dans le vestiaire de l’équipe après cette rencontre qui n’avait rien d’un classique, Nick Suzuki a rejeté l’hypothèse que lui et ses coéquipiers cherchaient trop à repérer Caufield.
« Hum, je ne pense pas, a répliqué le capitaine. Cole trouve des ouvertures et nous le cherchons toujours sur la glace. Il est un bon marqueur et il a eu encore des chances. Mais la rondelle ne rentrait pas. Je ne crois pas que nous forçons des jeux pour lui. Ça finira par arriver. »
Suzuki a offert une réponse un brin robotique. On lui pardonnera. Mais Martin St-Louis n’avait pas la même vision que son joueur étoile.
« Tu le vois, les gars le cherchent beaucoup, a-t-il expliqué. Je pense que ça affecte un peu la continuité de certains jeux. Mais j’ai vraiment confiance de le voir marquer son 50e but. J’aurais aimé ça que ce soit ce soir, pour bien des raisons. Nous aurions passé à autre chose. Nous aurions aussi donné ça à la foule. »
« Je l’ai vécu avec Vincent (Lecavalier) et (Steven) Stamkos, a-t-il poursuivi. Stamkos avait marqué son 60e but à son dernier match de la saison. Je n’ai pas vu beaucoup de tirs durant la fin de la saison. Tu deviens plus affecté dans des situations offensives. Tu le cherches, tu essayes de lui donner du temps pour qu’il se démarque. Ta lecture du jeu change un peu. Si tu restes pareil, ça deviendra plus facile. »
À Montréal, une saison de 50 buts demeure un terrain inexploré depuis les 51 buts de Stéphane Richer lors de la saison 1989-90.
Une qualification en après-midi
Le CH avait déjà savouré une petite victoire avant de franchir les portes du Centre Bell pour ce deuxième match en autant de soirs contre la bande à Jack Hughes.
Avec le revers de 5-4 des Red Wings de Detroit contre le Wild du Minnesota dimanche en après-midi, le Tricolore avait assuré sa participation aux séries.
« Nous avons réalisé plusieurs bonnes choses lors des dernières semaines pour mériter notre place, a mentionné Guhle. C’est cool de confirmer notre présence, mais j’aurais aimé mieux le faire en gagnant un match. Il s’agit d’un drôle de sentiment quand tu te réveilles de ta sieste et que tu apprends ta qualification pour les séries. »
Les Canadiens ont maintenant un X à côté de leur nom au classement de l’Association de l’Est, mais ils ont encore plusieurs raisons de se battre d’ici les cinq derniers matchs de la saison.
« Moi, je ne pense pas que notre qualification va changer bien des choses, a précisé l’entraîneur en chef. Nous restons dans une place où nous pouvons gagner le titre de notre section ou gagner l’avantage de la glace. Si tu choisis de baisser le niveau et d’attendre le début de séries en croyant que tu remonteras le niveau, c’est un piège. Il faut faire attention. Nous aiderons peut-être des gars qui ont des bobos.
« Je suis fier du groupe. Nous avons atteint notre but, nous en parlions depuis le début du camp, il y a six mois. Nous avons maintenant la chance de ne pas nous en satisfaire en allant chercher un objectif encore plus gros que notre but. Nous resterons calculés. »
Avec 100 points, le Tricolore (45-22-10) occupe le troisième rang de la très compétitive section Atlantique. Le Lightning de Tampa Bay (48-22-6) est au sommet à 102 points, soit deux points de plus que les Sabres de Buffalo (46-23-8).
EN PROLONGATION
Le chiffre du match : 4
C’est le nombre de tirs ratés par Cole Caufield dans ce match – il en a cadré trois. En quête de son 50e but de la saison, il a raté des chances qu’il ne manque pas habituellement.
Jeu de puissance affecté
Si l’on tient compte de leur taux de réussite de près de 25 pour cent en avantage numérique depuis le début de la saison, les Canadiens auraient dû obtenir au moins un but dans cette situation, dimanche. Ils ont cependant été blanchis en quatre occasions.
Pis encore, ils n’ont obtenu que trois tirs au but en huit minutes de jeu de puissance. Ils ont aussi concédé quelques surnombres aux Devils au passage.
Les hommes de St-Louis ont semblé chercher à remettre le disque à Caufield tout au long de la soirée, et se sont compliqué la vie pour y arriver. Il y a eu plusieurs passes de trop, et beaucoup de tentatives à très faible taux de réussite. Ils devront retenir la leçon en vue du prochain match.
Jack Hughes s’amuse
Malgré l’accueil très froid qu’il a reçu des amateurs réunis au Centre Bell, Jack Hughes s’est amusé tout au long de la soirée. Hué chaque fois qu’il avait la rondelle – donc très souvent – il a manœuvré à peu près comme il le voulait en territoire du Tricolore.
L’attaquant de 24 ans a terminé la rencontre avec deux mentions d’aide, et six des 19 tirs des siens. Depuis son retour des Jeux olympiques, il est le joueur le plus productif de toute la Ligue avec une récolte de 13 buts et 36 points en seulement 20 matchs. Malgré ça, les Devils sont à sept points d’une place en séries.
On doit tout de même être sur le point d’ériger une statue en son honneur à la frontière américaine.
Du jeu simple pour Xhekaj
Mike Matheson (-2) et Noah Dobson (-3) ont connu de meilleures soirées. Cody Glass a marqué le deuxième but des visiteurs en deuxième période en se faufilant entre les deux défenseurs pour déjouer Jacob Fowler.
Arber Xhekaj a joué un cinquième match d’affilée, un quatrième à la position de défenseur. Sans être spectaculaire, l’Ontarien a fait son boulot contre les Devils avec quatre mises en échec en un peu moins de 12 minutes.
« Il paraît bien, il joue avec confiance et il fait confiance à ses propres lectures, a dit St-Louis. Ses coéquipiers ont aussi confiance en lui. Ce n’est pas facile quand tu te retrouves sur la touche. Xhekaj a agi comme un véritable professionnel. Il a maintenant l’occasion de jouer et il joue bien. »
\ Avec la collaboration de Guillaume Lepage, journaliste principal LNH.com*


















