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MONTRÉAL – Habituellement de nature plutôt joviale et sympathique, Alexandre Carrier n’avait visiblement pas envie de décortiquer en profondeur cette défaite de 5-2 face aux Sénateurs d’Ottawa, mardi.

Le défenseur des Canadiens de Montréal s’est assuré de la résumer de la plus brève façon possible.

« Il faut qu’on fasse un meilleur job en zone défensive », a laissé tomber l’arrière, l’air renfrogné. « Que ce soit autour de notre but ou de ne pas perdre nos hommes dans l’enclave… Ce n’est pas vraiment scientifique : il faut que tu trouves ton homme, et il ne faut pas que tu le laisses marquer. »

Dit de cette façon, ça semble effectivement plutôt simple. Mais à voir ce qui s’est passé sur les cinq buts des visiteurs au cours de cette soirée sans artifice, il y a sans doute des éléments plus complexes, un manque d’exécution ou un manque de concentration. Peut-être aussi un mélange de toutes ces réponses.

« On ne s’est pas défendu assez fort, on n’était pas là dans ce département, a plaidé l’entraîneur-chef Martin St-Louis. C’est tellement une grosse partie de la game. Les gars connaissent le système, les règles, ils pourraient tous l’enseigner. Tu peux avoir toute la structure que tu veux, l’attitude vient en premier. »

Si l’attitude était bel et bien le problème, il devrait être assez facile à corriger en vue de la visite des Jets de Winnipeg, mercredi. Mais à voir le nombre d’erreurs commises sur chacun des buts, il y a forcément un peu plus de travail à faire au chapitre de la lecture du jeu – ou de sa compréhension.

Chaque fois que la rondelle a traversé la ligne rouge, c’est parce qu’un joueur des Sénateurs est parvenu à se soustraire à la couverture de son vis-à-vis pour se retrouver seul dans un endroit dangereux. Ç’a commencé avec le premier but, celui de Fabian Zetterlund, et ça s’est terminé avec le dernier, celui de Brady Tkachuk – les deux marqués du haut de l’enclave sans aucune couverture.

Entre ceux-ci, il y a eu la réussite d’Artem Zub, un défenseur laissé fin seul devant le filet, la confusion entre Zachary Bolduc et Noah Dobson qui a mené au but de Jake Sanderson, et Drake Batherson qui a eu tout son temps pour s’emparer de son propre retour.

« Il y a assurément des erreurs mentales qui nous ont coûté cher ce soir, a souligné le capitaine Nick Suzuki. Des gars nous ont glissé entre les doigts et se sont retrouvés seuls. On ne peut pas faire ça. C’est assurément une source d’inquiétudes, mais je ne crois pas qu’on recule à ce chapitre.

« On a joué 25 matchs. Si tu ne sais pas ce que tu dois faire, c’est un plus gros problème que s’il s’agit d’erreurs mentales, comme c’est le cas. Tout le monde sait ce qu’il doit faire. Il faut seulement l’exécuter. »

De l’autre côté du vestiaire, Carrier abondait dans le même sens.

« Je ne pense pas que les gars soient mélangés, a-t-il défendu. On est à l’aise avec le système. C’est un manque de concentration, parfois, qui nous fait mal. Ça nous coûte des buts. Il faut resserrer la vis pour aider (Samuel) Montembeault et (Jakub) Dobes le plus possible. »

Montembeault n’a d’ailleurs pas eu la soirée de travail la plus facile compte tenu du nombre de chances dangereuses accordées par ses coéquipiers – 17 selon le site NaturalStatTrick. Reste qu’il aurait sans doute pu faire quelques arrêts de plus sur les 29 tirs auxquels il a fait face : on pense à son déplacement déficient sur le but de Sanderson et au juteux retour qu’il a accordé à Batherson.

La case départ

Avec ça, la séquence de trois victoires survenue il n’y a pas si longtemps semble appartenir au passé. La troupe de St-Louis vient d’encaisser deux revers de suite par un score combiné de 12-4. L’inconstance commence à être un thème récurrent chez le Tricolore depuis près d’un mois.

« On parvient à réparer une chose, et il y en a une autre qui commence à glisser », a dit Juraj Slafkovsky, qui a marqué le premier but des siens. Ça ne devrait pas être comme ça. C’est la responsabilité de chaque gars dans ce vestiaire. Même si on change des trucs, on doit rester alertes dans le reste. »

St-Louis a d’ailleurs démontré son impatience à plusieurs occasions dans ce match. Josh Anderson a obtenu quatre présences en troisième, Zachary Bolduc en a eu trois, Jake Evans en a eu deux et Florian Xhekaj, une. De cette façon, il a rappelé à tous que les standards n’avaient pas été respectés.

Il a même parlé du manque de « dureté du mental » pour expliquer les hauts et les bas que connaît son équipe depuis quelque temps. Est-ce aussi lié à la jeunesse ou à l’immaturité du groupe, lui a-t-on demandé.

« Je crois que oui, mais ce n’est pas une excuse, a-t-il conclu. Moi, je n’accepterai pas ça juste parce qu’on est jeunes. Si tu acceptes ça, ça va être dur de passer à la prochaine étape. »

Sénateurs vs Canadiens | Résumé | 02/12/2025

EN PROLONGATION

Le chiffre du match: 9:22

C’est le temps de jeu de Jake Evans. C’est sa plus faible utilisation dans un match qu’il joue d’un bout à l’autre depuis le 12 octobre 2022 face aux Maple Leafs de Toronto (9:09).

Un but pour grand-maman

L’attaquant des Sénateurs Fabian Zetterlund traverse une excellente séquence depuis quelques semaines avec cinq points, dont quatre buts, à ses six dernières rencontres. Celui qu’il a marqué mardi soir était toutefois un peu plus important à ses yeux, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, il empêchait le Tricolore de prendre son envol, puisqu’il a été inscrit moins de 30 secondes après avoir vu Juraj Slafkovsky ouvrir la marque à 3:37 de la première période. La deuxième raison était beaucoup plus personnelle.

« Nous ne voulions pas qu’ils s’emparent du momentum, alors c’était vraiment bien de répliquer aussi tôt, a expliqué le Suédois avant de poursuivre. Ce but était pour ma grand-mère, qui est décédée il y a quelques jours. C’était vraiment bien de marquer pour elle. »

OTT@MTL: Zetterlund bat Montembeault avec un tir sur réception

Une rivalité plutôt tranquille

Mettons une chose au clair: les joueurs des deux équipes ne s’aiment pas du tout. Ça se voit et ça se sent. Reste que la température a baissé de quelques degrés dans ce duel par rapport à ce qu’on avait vu en matchs préparatoires et dans le premier affrontement de la saison, en novembre.

Il s’est donné des coups de bâton après le sifflet, et il y a eu quelques escarmouches, mais personne ne s’est invité à danser malgré la présence des deux frères Xhekaj et de Jayden Struble d’un côté, et celle de Brady Tkachuk et du fier-à-bras Kurtis MacDermid de l’autre.

Ce dernier a d’ailleurs passé la majeure partie de ses 2:58 de temps de jeu à chercher un client. Comme il a de la difficulté à suivre le jeu, il a plutôt paru perdu sur la patinoire. Il a même tenté de mettre l’aîné des Xhekaj en échec à un moment, se retrouvant lui-même au sol.

De la visite des cousins

Après les nombreuses visites de dirigeants canadiens et américains sur la passerelle du Centre Bell, c’était au tour de Yorick Treille, l’entraîneur-chef de la formation française, de venir faire son tour. Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’il venait épier l’attaquant du Tricolore Alexandre Texier.

Le nouveau venu des Canadiens est le seul joueur français qui évolue dans la LNH, et il sera la pierre angulaire de l’attaque des Bleus. Il fait évidemment partie des six premiers joueurs sélectionnés par la France, qui aura fort à faire contre les grandes nations en février prochain.

Texier est l’un des joueurs qui ont obtenu plus de temps de jeu quand St-Louis a raccourci son banc en troisième.

Avec la collaboration de Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com