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MONTRÉAL – Il était 1 h 30 du matin la veille du jour de l’An. Les Canadiens venaient tout juste d’arriver à leur hôtel à Raleigh après une remontée dramatique et une victoire en Floride.

L’endroit ressemblait davantage à une retraite fermée qu’à un typique arrêt de passage au centre-ville — au fin fond de la forêt, entouré de cornouillers, d’un lac calme et d’une fraîche brise de la Caroline du Nord. Une fontaine se faisait entendre au loin; le scénario idéal pour une bonne nuit de sommeil, quoi.

Mais pas pour Nick Suzuki. Pas ce soir-là, du moins.

Il savait qu’environ six heures plus tard, son téléphone pourrait être transmetteur de l’appel le plus important de sa carrière — un appel qui pourrait lui indiquer sa sélection au sein d’Équipe Canada en vue des Jeux olympiques d’hiver 2026 de Milan-Cortina.

Lorsque le soleil s’est finalement levé, Suzuki s’est réveillé en sursaut, alarmé par son réveille-matin. Puis, ce qui devait arriver arriva.

Ce matin-là, dans la salle à manger réservée à l’équipe, ses coéquipiers l’ont félicité discrètement, bien conscients de ce que ce moment représentait aux yeux de leur capitaine de 26 ans. Puis, lorsque Hockey Canada a fait l’annonce officielle vers midi, les joueurs qui étaient toujours présents au déjeuner se sont regroupés derrière Suzuki, se réjouissant lorsque la nouvelle a été confirmée sur le cellulaire de l’attaquant.

Ci-dessous se trouve une retranscription d’une entrevue exclusive que le capitaine des Canadiens a livrée peu de temps après avoir reçu l’appel :

Veuillez noter que certaines questions et réponses ont été modifiées à des fins de clarté et de concision.

Comment as-tu appris que tu ferais partie d’Équipe Canada?

J’ai reçu un appel tôt ce matin, vers 8 h 00. Ç’a été une folle nuit. Je n’ai pas beaucoup dormi, anticipant que j’allais possiblement recevoir un appel. Et, par chance, je l’ai reçu.

Qu’est-ce qui t’a traversé l’esprit quand tu as entendu ton téléphone sonner et lorsque tu parlais avec le DG d’Équipe Canada, Julien BriseBois?

J’ai vu qu’un numéro de téléphone en provenance de Tampa Bay m’appelait, donc j’avais un bon pressentiment, mais je ne savais pas vraiment ce qu’on allait m’annoncer. Julien m’a dit que je ferais partie de l’équipe, et j’ai ressenti beaucoup d’émotions. Je ne pourrais être plus heureux et fier de faire partie de cette équipe.

Que représente à tes yeux le fait d’être un olympien?

Ça veut dire beaucoup. Il y a beaucoup de grands athlètes, surtout au Canada, et de vivre les Jeux olympiques en tant qu’athlète, c’est quelque chose de très rare. Après avoir parlé à d’autres gars qui y ont participé, ça semble être un moment formidable, et je suis très impatient de me rendre en Italie.

Gardes-tu en mémoire des souvenirs des Jeux olympiques de ton enfance?

Certainement. Évidemment, le « but en or » de Sid en 2010, puis voir [Carey Price] et [Shea Weber] dominer en 2014. J’ai plusieurs souvenirs marquants. C’est le rêve, et je ne réalise pas encore pleinement l’ampleur de tout ça.

Qu’aimerais-tu amener comme contribution à Équipe Canada?

Je veux simplement être moi-même. Je pense que je peux avoir un impact sur le jeu de plusieurs façons, donc je n’ai pas besoin de changer ma façon de jouer. Il y a une raison pour laquelle je fais partie de l'équipe, donc je veux simplement jouer à ma manière, et tout ce que l’équipe a besoin que je fasse, je vais le faire.

Suzuki et Équipe Canada entament leur quête de l’or le 12 février à 10 h 40 HE.