cms-dumont-norlinder-FR

MONTRÉAL -- Sélectionné au 64e rang au total lors du Repêchage de 2019, l'espoir des Canadiens, Mattias Norlinder, s'est révélé comme étant l'un des jeunes les plus prometteurs de l'équipe, et avec raison.

En plus de montrer un engagement à améliorer ses performances chaque année, il possède également des habiletés qui lui permettent de se démarquer dans un bassin d'espoirs qui regorgent de talent.
Un coup de patin d'élite ? Oui.
Une vision hors pair ? Oui.
Un excellent tir de la pointe ? Oui.

Une facilité à s'accorder du temps et de l'espace pour ses coéquipiers ou lui-même avec son habileté à se déplacer avec la rondelle tout en arborant une vraie coupe de cheveux de joueur de hockey? Oui!
Jetons un coup d'œil à la progression du défenseur depuis son année de repêchage en se concentrant sur certaines statistiques qui expliquent ses succès.
Année de repêchage (+1)
Il a rapidement grimpé dans la hiérarchie des meilleurs espoirs de l'organisation parmi ceux qui évoluent à l'extérieur de la LNH, mais contrairement à son coup de patin, les choses ne se sont pas déroulées aussi doucement pour Norlinder en ce qui concerne ses aspirations à jouer au hockey.
Il a dû faire face à la difficile réalité du Repêchage de la LNH, alors qu'il n'a pas été sélectionné lors de sa première année d'éligibilité malgré une production à l'attaque plutôt impressionnante.
Avec huit buts en 35 rencontres en 2017-2018 avec MODO (SuperElit, U20), Norlinder a terminé la saison avec le troisième meilleur ratio pour les buts par match chez les défenseurs de moins de 18 ans. Ça n'a pas été suffisant pour être repêché, mais assez pour attirer l'attention de quelques équipes de recruteurs.
La saison suivante dans la J20 SuperElit, le taux de points par match de Norlinder est passé de 0,36 jusqu'à 0,7, le huitième meilleur ratio parmi les défenseurs de moins de 19 ans. Il a terminé la saison avec brio, méritant le titre de joueur le plus utile à son équipe grâce à ses performances en séries.
Il a aussi disputé 14 matchs avec l'équipe professionnelle de MODO, inscrivant deux buts et quatre mentions d'aide, un excellent résultat pour un joueur de son âge, où il s'est classé troisième pour les points par match chez tous les joueurs, incluant les attaquants.

Il a poursuivi sur sa lancée lors de son année de repêchage avec, encore une fois, une augmentation de sa production offensive, conjointe à un niveau de jeu plus élevé alors qu'il a percé la formation de MODO dans l'Allsvenskan.
En 34 rencontres, Norlinder est parvenu à marquer sept buts et 11 passes, concluant la saison encore une fois parmi les meilleurs joueurs de son groupe d'âge.

Mais le meilleur restait toutefois à venir pour le jeune défenseur.
Alors que Norlinder avait montré des signes encourageants suite à son repêchage, dans le but de franchir une nouvelle étape, il se devait de rejoindre une équipe jouant en SHL, la première division suédoise.
C'est alors qu'est entré dans le portrait le Frölunda HC, le même club qui a développé Artturi Lehkonen après avoir été choisi en deuxième ronde par les Canadiens en 2013. Il s'agit aussi de la même équipe qui a produit certains des meilleurs joueurs européens dans la LNH, incluant Erik Karlsson, Lars Eller, Daniel Alfredsson, Henrik Lundqvist et Rasmus Dahlin, pour ne nommer que ceux-là.
« La transition de Norlinder de la deuxième à la première division suédoise s'est effectuée sans difficulté », explique Uffe Bodin, l'éditeur en chef de
Hockeysverige.se.
« Son coup de patin fluide et son intelligence avec et sans la rondelle lui permettent de ressortir dans un match. Son instinct offensif n'a pas rapporté malgré un bon début de saison, mais ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne lui rapporte des dividendes. »

On n'entend que des propos élogieux des quelques experts qui ont eu la chance de suivre la progression de Norlinder depuis son année de repêchage, incluant
Patrik Bexell
, une référence lorsqu'il est question des espoirs européens sélectionnés par les Canadiens. Tout comme Bodin, Bexell voit en Norlinder un joueur qui a réussi sa transition vers une meilleure ligue avec aplomb, en améliorant plusieurs facettes de son jeu au passage.
« Norlinder est plus calme en zone défensive », dit Bexell. « Il est plus fort dans les batailles pour la rondelle, il a un meilleur gabarit et son équilibre est bien meilleur cette saison dans la SHL en comparaison à l'an dernier dans l'Allsvenskan. »
En plus, Bexell relève aussi une amélioration du jeu défensif de Norlinder.
« Vous pouvez voir qu'il se préoccupe davantage de son jeu en zone défensive et de tous les détails reliés à cela dans l'intention de devenir un défenseur plus complet », affirme Bexell. « Il veut être fier de son jeu défensif. »
Des statistiques qui résonnent
Projeter un joueur en le comparant à d'autres est extrêmement difficile dans le monde du sport.
La plupart de ces comparaisons reposent sur des similitudes au niveau physique : un grand défenseur rappellera Chris Pronger tandis qu'un petit ailier sera rapidement considéré comme étant le prochain Martin St-Louis ou Brendan Gallagher à l'aube du repêchage.
Ensuite, le style de jeu est une autre manière de comparer les joueurs. Ce genre de comparaisons reposent souvent sur des propos de l'athlète en question. Norlinder nomme par exemple Drew Doughty et Victor Hedman parmi ses modèles, notamment en raison de leur coup de patin fluide et de leur habileté à contrôler la rondelle.
Il n'y a rien de mal à copier le style de jeu d'un défenseur ayant remporté le Trophée Norris. En fait, idéalement, c'est exactement le genre de défenseurs que tu souhaites que tes jeunes arrières imitent.
Mais c'est aussi une question de placer la barre haut, ce qui peut mener à des attentes irréalistes.
Bien qu'il y ait certainement quelque chose à dire sur les similitudes au niveau du physique et du style de jeu, il y a beaucoup trop de facteurs qui entrent en ligne de compte lorsque vient le temps de comparer des joueurs uniquement sur le gabarit.
Cependant, les points ont tendance à être un langage universel, même chez les défenseurs. Tant et aussi longtemps que le jeune en question bénéficie d'un temps de glace assez élevé (incluant des minutes en avantage numérique) face à une opposition appropriée, il devrait pouvoir produire à un certain niveau pour espérer être considéré un espoir de qualité.
Ce n'est pas toujours le cas alors que certains espoirs évoluent dans de meilleures ligues tandis que d'autres ne jouent pas assez souvent. Mais en général, il s'agit d'un bon indicateur du potentiel d'un jeune dans la LNH.
Pour cela, tournons-nous vers le consultant pour le Repêchage de la LNH et analyste de données, Byron Bader, qui a mis au point un modèle pour classer les espoirs basé sur
les équivalences de la LNH
. C'est une formule qui nous permet de comparer les productions d'une ligue de niveau inférieur à la LNH pour nous donner une meilleure idée du potentiel des espoirs une fois qu'ils atteignent la meilleure ligue au monde.
Dans le cas de Norlinder, son meilleur comparatif ne fait pas que produire offensivement à un rythme similaire. Son histoire est similaire à celle de Norlinder puisque les deux possèdent le même prénom et ont disputé deux saisons en deuxième division suédoise avant de faire le saut dans la SHL.

Évidemment, il n'y a aucune garantie que Norlinder finira par s'établir en tant qu'un des meilleurs défenseurs de deuxième duo dans la Ligue comme l'a fait Mattias Ekholm, mais plusieurs signes laissent croire qu'il détient le potentiel pour le devenir.
« Il est un joueur qui peut faire des choses impensables plutôt que des choses imprévisibles », dit Bexell, tout en mentionnant que Norlinder est rapidement devenu un favori de la foule à Göteborg.
Il ne reste plus qu'à attendre pour voir si Norlinder pourra continuer à déjouer les pronostics, mais sa progression impressionnante depuis son repêchage nous indique peut-être que le meilleur est encore à venir.
Crédit photo de couverture: [Frölunda Indians]
Comparaison de l'espoir via [Byron Bader]