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Site officiel des Canadiens de Montréal

Hudon n'oubliera jamais

Le jeune hockeyeur a perdu un bon ami, happé par un chauffard en 2011

par Joanie Godin @CanadiensMTL / canadiens.com

BROSSARD - Vous avez peut-être remarqué une habitude de Charles Hudon après chacun de ses buts. Le jeune attaquant célèbre en faisant un signe de croix et en regardant au ciel. C'est sa façon à lui de saluer un ami parti trop tôt, mais un ami qui est et restera toujours auprès de lui.

Nicholas Antonelli et lui étaient des amis d'enfance. Le genre d'amis qui sont toujours ensemble, qui habitent à quelques rues l'un de l'autre et qui jouent dans la même équipe de hockey.

Les deux jeunes ont partagé la glace au niveau atome et novice. Par la suite, Hudon a poursuivi sa route avec les Saguenéens de Chicoutimi alors que Nicholas Antonelli a fait honneur à ses racines italiennes en choisissant le soccer.

«C'était un gardien de but, ç'a été notre meilleur gardien, on a gagné plusieurs tournois ensemble», s'est rappelé Hudon, qui a encore de la difficulté à parler de son ami sans être gagné par l'émotion.

C'est que leurs chemins se sont séparés à jamais en août 2011. Un samedi soir, après un party chez des amis, Nicholas a décidé de rentrer chez lui à pied, préférant ne pas conduire et ne pas embarquer dans une voiture conduite par un chauffeur en état d'ébriété.

«Il s'est fait frapper par un des amis de son frère après le party. Ce gars-là a décidé de conduire alors qu'il n'était pas en état de le faire. Quant à Nick, il a voulu être prudent et c'est lui qui s'est fait frapper. On avait tous les deux 17 ans. Ça fait un petit bout, mais c'est encore difficile d'en parler, d'imaginer qu'il a pris la bonne décision, mais que ça s'est retourné contre lui. C'est tough», a confié le joueur de 23 ans.

Aujourd'hui, Hudon s'est rapproché du frère de son ami, Pietro, avec qui il joue au hockey l'été, et aussi de leur mère. 

«Je sais qu'il est toujours là avec moi et qu'il va toujours l'être. On se parle beaucoup. Quand je suis seul chez moi, on se parle», a-t-il admis.

La mort de son ami l'a bien sûr conscientisé sur l'importance de ne pas conduire après avoir bu. Le «fatiguant» dans les partys, celui qui confisque les clés et qui s'assure que toute personne qui prend le volant soit en état de le faire, c'est lui.

«Tout le monde le sait dans ma famille et mes amis qu'il n'y en a pas un qui conduit s'il a bu. C'est moi qui chiale ou qui paie la tournée de taxi, ça ne me dérange pas. Sinon, tout le monde reste à la maison. C'est n'est pas une prison, mais on essaie de les garder. C'est pour ça qu'on a plein de matelas, ils dorment à la maison», a dit le jeune père de famille.

Hudon aurait évidemment aimé que son ami soit là pour l'épauler alors qu'il tente de se faire une place dans la LNH. Mais il se sert de son absence comme force sur la glace. Il s'en laisse transporter. Et surtout, il espère être en mesure de lui faire une tonne de ces clins d'œil, cette saison et pour le reste de sa carrière.

Charles Hudon

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