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Ces jours-ci, on peut voir Drake Batherson dans les messages publicitaires des Appartements Lépine et on peut l’entendre dans un podcast différent, presque chaque semaine.

L’athlète de 27 ans demeure plus à l’aise sur la glace que devant une caméra. C’est lui qui le dit. D’ailleurs, il en a fait une autre démonstration, jeudi soir, à Anaheim.

Avec moins de deux minutes à faire en troisième période, Batherson a fait dévier un lancer de Jake Sanderson derrière Petr Mrázek. Il a marqué le but décisif dans une victoire de 3-2 contre les Ducks.

Grâce à son deuxième but gagnant de la saison, Batherson conserve son rythme supérieur à un point par match. Il totalise 19 points en 17 rencontres.

Batherson, on le connaît, n’est pas du genre à chanter ses propres louanges.

« On essayait juste de lancer aussi souvent qu’on pouvait vers le filet adverse. On a eu deux ou trois bons lancers d’affilée. J’ai été chanceux. Mon bâton s’est retrouvé au bon endroit. La rondelle s’est frayée un chemin », a-t-il dit.

Batherson, qui ne mesurait même pas cinq pieds et cinq pouces quand il a été ignoré au repêchage de la LHJMQ en 2014, mesure désormais six pieds et trois pouces. C’est son gabarit qui lui a permis de se tailler une place dans la LNH è 20 ans, après avoir été un choix de quatrième ronde des Sénateurs deux ans plus tôt.

On peut toujours voir le bon côté des choses. Puisqu’il n’était pas le plus imposant, dans sa jeunesse, Batherson devait toujours s’assurer d’être le plus habile sur la glace pour ne pas se faire retrancher.

De nos jours, même s’il est plus imposant, les habiletés de Batherson lui permettent de se distinguer dans une ligue très compétitive, soir après soir.

« Ouais, j’ai toujours cru que je pouvais me fier sur ma confiance tranquille », a déclaré Batherson à Sens360. « J’étais toujours un des plus petits joueurs quand j’étais plus jeune. Je n’étais pas arrogant, pas du tout même. Mais je savais que je pouvais me fier sur mes habiletés. »

Le fait de pouvoir compter sur un père qui jouait dans les rangs professionnels a bien entendu influencé son développement. Norm Batherson a élevé Drake et sa jeune sœur Mae — une défenseuse du Frost du Minnesota dans la LPHF — alors qu’il jouait en Allemagne.

Norm a lui aussi profité d’une poussée de croissance tardive. Les dépisteurs auraient peut-être bien fait d’en prendre note, lorsque Drake jouait dans les rangs mineurs.

« Personne n’a vraiment fait ses devoirs là-dessus », a dit Norm dans un reportage du réseau Sportsnet en 2017. « Personnellement, je trouvais ça frustrant. Puisque Drake a grandi dans une famille de hockey, j’aurais pensé que certaines personnes auraient fait le lien. »

Batherson a pensé à faire carrière sur les terrains de golf plutôt que sur les patinoires de hockey, à une certaine époque, mais son amour pour notre sport national l’a éventuellement convaincu de viser la LNH. « Le plus important, c’était ma passion » dit-il.

« J’aime le hockey. Si je ne faisais pas carrière dans le sport, je serais un fan fini et je m’inscrirais dans toutes les ligues récréatives. J’aime me retrouver dans un aréna, avec mes amis, chaque jour. Je vais toujours chercher à m’améliorer, chaque jour, pour aider mon équipe à gagner. »

La confiance de Batherson est rapidement devenue un atout. Quand il a réussi à se tailler une place dans la LHJMQ, à 18 ans, il a été repêché en quatrième ronde par les Sénateurs lors du repêchage amateur de 2017.

Après avoir complété son stage junior avec le Cap-Breton et Blainville-Boisbriand, Batherson n’a même pas eu besoin de jouer une saison complète dans la Ligue américaine avant d’obtenir un rappel dans la LNH. Ses 62 points à Belleville lui ont quand même permis d’établir un record de franchise chez les recrues.

Batherson a récemment atteint le plateau des 400 matchs en carrière. Il est devenu le 12e joueur le plus rapide issu du repêchage de 2017 à atteindre ce plateau. L’ailier droit se trouve aussi dans le top-10 des meilleurs producteurs de points de sa cuvée. Il devance quelques joueurs qui ont été sélectionnés au premier tour.

Des racines allemandes?

Batherson a été très rapidement jumelé à Tim Stützle lorsque Brady Tkachuk s’est blessé, en octobre.

Bien entendu, Stützle a lui aussi grandi en Allemagne. Même si Batherson a déclaré dans un épisode du podcast Absolute Non-Sens qu’il a pratiquement tout oublié de la langue qu’il parlait quand il était enfant, les deux joueurs semblent tout naturellement se comprendre sur la glace.

Alors qu’on se dirige vers le 21e match de la saison, samedi à San Jose, les deux joueurs ont passé 222 minutes sur la glace ensemble. Batherson a passé à peine trois minutes de plus, sur la glace, en compagnie de Linus Ullmark.

Au cours des saisons précédentes, Batherson a joué quelques matchs, ici et là, avec l’Allemand. Plus souvent, on le voyait sur la patinoire avec Dylan Cozens, ou avec Josh Norris, au sein du deuxième trio.

« Ce fut génial », a dit Batherson plus tôt ce mois-ci, quand on lui a demandé de parler de son expérience auprès de Stützle.

« Je veux dire… Quand on me donne la chance de jouer avec lui, je m’amuse », a dit Batherson, avant de décrlre le but marqué par Stützle quelques jours plus tôt, dans un match à Montréal. Batherson avait été le complice sur ce jeu. En tout, Batherson a été complice de six des 10 buts marqués par Stützle depuis le début de la saison.

« Il est tellement dynamique… Il peut faire tout plein de bons jeux comme celui-là », dit Batherson. « Quand on se retrouve sur la glace en même temps, je m’éclate. »

Batherson estime que Stützle et lui partagent la même vision. Ils veulent marquer un but lors de chacune de leurs présences sur la glace. Bon, on imagine que plusieurs joueurs pensent comme ça. Rares sont ceux qui sont capables de mettre le plan à exécution.

Quand les deux joueurs se trouvent sur la glace ensemble à cinq contre cinq, jusqu’ici cette saison, les Sénateurs ont marqué 11 buts. Ils en ont alloué seulement deux. Si on tient compte de toutes les situations, les Sénateurs ont marqué 21 buts. Ils en ont encaissé quatre.

« Nous nous sentons libres de suivre nos instincts. Nous n’avons pas besoin de trop réfléchir », a dit Batherson au sujet de ses réussites en début de saison.

« On essaie simplement de pourchasser les rondelles pour créer des revirements. C’est là que je suis à mon mieux, quand j’applique de la pression sur la défensive adverse. Ça nous a permis de passer beaucoup de temps en territoire offensif. Ça nous a permis de créer des opportunités de marquer. »

Une blessure musculaire a contraint Batherson à l’inactivité durant la majeure partie du camp d’entraînement. Cette même blessure l’a poussé à manquer les trois premiers matchs du calendrier régulier et à briser sa séquence de 256 matchs consécutifs. Batherson s’estime de retour à pleine vitesse, maintenant.

Juste à le regarder, on sait qu’il dit la vérité.

« Quand j’ai deux journées de congé consécutives, je me sens rouillé à mon retour sur la glace. Je sens que mes réflexes sont revenus, maintenant. Je veux juste continuer à pousser. »

La confiance tranquille s'est avérée être une véritable aubaine pour ce jeune qui se demandait autrefois s'il devait privilégier le golf plutôt que le hockey et qui avait été ignoré lors de sa première année d'éligibilité au repêchage de la LHJMQ.

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