Dans le vestiaire des Colts de Barrie, l’équipe de hockey qui de l’heure dans le hockey junior majeur canadien, on se soucie beaucoup des petits détails.
Avant chaque match, les joueurs reçoivent des cibles à atteindre en ce qui a trait aux mises en échec distribuées, des lancers bloqués et de la durée moyenne d’une présence sur la patinoire.
Que se passe-t-il si ces cibles ne sont pas atteintes? « La prochaine séance d’entraînement est plus exigeante », explique le défenseur des Colts et espoir des Sénateurs d’Ottawa, Gabriel Eliasson.
Heureusement, les Colts ne semblent pas trop rater leurs cibles souvent. Au moment de réaliser l’entrevue avec Sens 360, en milieu de semaine, l’équipe avait remporté ses 10 dernières parties. Lors de leur plus récente sortie, le samedi 21 février, ils ont eu raison d’une autre puissance de la Ligue de hockey de l’Ontario. Ils ont vaincu les Bulldogs de Brantford 7-4.
« Je veux dire… Notre équipe est composée exclusivement de gars qui travaillent fort. Chaque joueur contribue aux succès de l’équipe. Chaque joueur pense aux succès collectifs d’abord. Nous avons du succès parce que nous avons du talent, mais aussi parce que nous sommes de grands travailleurs », affirme Eliasson.
À titre personnel, l’athlète suédois n’a pas trop de problèmes avec les exigences de son entraîneur. L’imposant défenseur qui mesure six pieds et sept pouces a toujours été fier de s’acquitter de ses responsabilités en défensive. Il ne craint pas de se lancer devant un tir frappé, ni de frapper un adversaire dans le but de créer une séparation avec la rondelle.
« Je me retrouve assez souvent dans le cercle des vainqueurs », dit-il avec fierté, avant d’expliquer que les joueurs qui relèvent le mieux les défis lancés par les entraîneurs peuvent remporter des prix.
« Je veux avoir un grand impact. On m’a repêché parce que je suis un défenseur à caractère défensif. J’essaie de jouer de façon robuste, tout en respectant les règles du jeu. Je n’ai pas nécessairement les meilleures statistiques à l’attaque. C’est le type de joueur que je suis. »
Les règles à suivre
Lorsque les Sénateurs ont utilisé le 39e choix du repêchage amateur de 2024 pour sélectionner Eliasson, ils savaient qu’ils obtiendraient la chance de développer un défenseur hors-norme.
En plus d’être très imposant, physiquement, Eliasson a toujours affectionné le jeu rude. Ça lui a même causé des problèmes, quand il était plus jeune, sur les patinoires européennes. Il y a eu des difficultés d’adaptation durant sa première saison en Amérique du nord, aussi. En 2024-25, avec Barrie, il a été le cinquième joueur le plus puni à travers la Ligue de l’Ontario. Après avoir passé 116 minutes au cachot en saison régulière, il a écopé de 18 minutes supplémentaires en 16 matchs éliminatoires.
Il n’a pas trop ralenti, cette saison. Il a été le premier joueur en Ontario à franchir le seuil des 100 minutes de pénalité. Avec quatre semaines à écouler au calendrier régulier, il pourrait facilement fracasser sa récolte de la saison dernière.
Il assure, toutefois, faire de gros efforts pour ne pas se faire prendre en défaut au mauvais moment.
« L’an dernier, nous avons atteint la troisième ronde des séries éliminatoires. J’ai vite compris que chaque match, en série, ressemble à un match décisif. Dans des matchs aussi importants, il faut faire tout en notre possible pour augmenter nos chances de victoire », explique Eliasson. « J’ai appris beaucoup de choses au sujet de la discipline. Je sais qu’il faut éviter les pénalités qui ne sont pas nécessaires. Je crois sincèrement que je fais un meilleur boulot, à ce chapitre, cette saison. »
Plus tôt, cette saison, l’entraîneur-chef des Colts Dylan Smoskowitz a expliqué dans une entrevue avec des médias locaux que Eliasson peut être victime de sa taille. « Parfois, il écope de certaines pénalités qui ne seraient pas des pénalités si tout le monde était aussi grand que lui », dit-il.
Eliasson est aussi conscient de cette réalité. « C’est ainsi que les choses se déroulent. Je ne vais jamais changer ma façon d’être et ma façon de jouer, mais je suis bien conscient que j’ai une réputation, maintenant. Tous les gens à travers notre ligue savent que j’aime frapper et que je suis un joueur agressif », dit Eliasson.
Le jeune défenseur veut éviter les pénalités aux moments inopportuns, aussi, parce qu’il cherche à développer une nouvelle corde à son arc. Il souhaite devenir un joueur de plus en plus efficace et sollicité lors des infériorités numériques. Or, on peut difficilement être utilisé lors des infériorités numériques lorsqu’on use le banc des pénalités.
« Quand j’étais plus jeune et que je fréquentais l’école de hockey, chez nous, en Suède, Niklas Hjalmarsson était une de nos personnes ressources. Il travaillait avec les défenseurs. Il nous donnait toujours de bons conseils pour le travail en désavantage numérique. Je voulais toujours lui ressembler. J’ai donc toujours voulu jouer en désavantage numérique. C’est bon pour gonfler le temps de jeu. C’est une phase du jeu qui permet aux joueurs comme moi d’avoir un plus grand impact. »
Dans les mois qui ont précédé son repêchage, Eliasson a regardé beaucoup de vidéos de Nikita Zadorov, des Bruins de Boston. « C’est un gros bonhomme. Il a un gabarit similaire au mien », explique Eliasson. « J’aime beaucoup sa façon de gérer les espaces libres. J’admire son coup de patin. Au fil du temps, il est devenu un de mes joueurs favoris. »
Eliasson a développé une admiration similaire pour Erik Cernak, double vainqueur de la coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay. « Au fond, je cherche simplement à m’inspirer de joueurs qui me ressemblent. Les spécialistes du jeu de puissance sont agréables à regarder, mais je sais que je ne deviendrai pas un joueur de cette nature dans la LNH. »
Quand il regarde les matchs des Sénateurs, Eliasson essaie de porter une attention particulière au jeu de Tyler Kleven. « En plus, je l’ai rencontré au camp d’entraînement et il a l’air d’un bon gars. »


















