HURRICANES SIDE BADGE LEPAGE

ELMONT, N.Y. - À travers les cris et les manifestations de joie de ses coéquipiers aux quatre coins du vestiaire des siens, Sebastien Aho avait de la difficulté à se concentrer sur le message qu'il voulait lancer.

« Cette entrevue est un vrai gâchis », a lancé l'attaquant des Hurricanes de la Caroline en éclatant de rire.
On peut le pardonner. Seulement quelques minutes s'étaient écoulées depuis son but égalisateur en troisième période, et celui de Paul Stastny en prolongation. Le jeune attaquant n'avait pas encore tout à fait digéré la victoire in extremis de 2-1 de sa bande face aux Islanders, ni son passage au deuxième tour des séries.
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Il avait surtout de la difficulté à expliquer ce qui s'était passé pour que les visiteurs renversent l'allure de la rencontre du tout au tout en l'espace d'un entracte. Le deuxième, pour être précis.
« Qu'est-ce que je disais déjà? J'ai perdu le fil de ma pensée, a-t-il poursuivi en levant les yeux au ciel. Ah oui : troisième période et prolongation, c'était un bon effort de notre part. »
S'il a volontairement exclu les deux premiers engagements, c'est que les Hurricanes ont eu l'air d'une équipe de figurants voulant mettre l'équipe locale en valeur devant ses partisans en liesse. Il y a certes eu quelques séquences plus incisives, mais on peut résumer ça ainsi.
Les hommes de Rod Brind'Amour perdaient la majorité de leurs batailles et n'étaient pas en mesure de bien réagir face à l'échec avant soutenu des Islanders. En zone offensive, ils tentaient de repousser le disque derrière leurs adversaires, mais arrivaient toujours deuxièmes. Ce n'était pas exactement le plan de match.
Par chance, Frederik Andersen veillait au grain devant son filet et est parvenu, tant bien que mal, à garder l'écart à un seul but.
« Je ne sais pas trop ce qu'on faisait », a répondu le pilote lorsque questionné sur les 40 premières minutes.
Le vétéran Jordan Martinook, qui a été l'un des joueurs les plus menaçants des Canes avec ses sept tirs au but, a trouvé un moyen un peu plus élaboré de revenir sur le déroulement de la rencontre.
« Nous ne jouions pas à notre façon, a-t-il résumé. Ils attaquaient et nous dégagions, ils revenaient à la charge et nous dégagions de nouveau. En troisième, tout a changé. Nous avons mis nos bottes de travail. C'est ce qui fait que ce groupe peut connaître du succès. On parvient toujours à établir notre manière de jouer.
« Je préfère quand nous n'attendons pas deux périodes pour le faire, mais la troisième a été une clinique. »
Le mot est plutôt bien choisi. Dès que les équipes ont repris l'action, on a senti que les Islanders avaient l'intention de défendre leur avance d'un but et de se fier sur les exploits d'Ilya Sorokin, qui avait des allures de muraille devant sa cage. Ç'aurait pu fonctionner… si les Hurricanes ne s'étaient pas mis en marche.
Ç'a toutefois été tout le contraire. Ces derniers ont joué pour gagner tandis que les locaux ont joué pour ne pas perdre. Et ça leur a fait mal. Ils ont accordé 19 tirs contre seulement cinq, et l'un d'eux s'est frayé un chemin derrière Sorokin - l'œuvre d'Aho. L'ouragan s'était levé et il était impossible à arrêter.

CAR@NYI, #6: Aho ramène à la case départ

« J'aimerais que l'on puisse regarder cette troisième période encore et encore, a ajouté Martinook. Si on pouvait l'encapsuler et nous assurer de jouer de cette façon jusqu'à la fin des séries, nous nous donnerions une chance incroyable… »
L'attaquant n'a pas voulu aller plus loin dans sa déclaration. Il s'est gardé une petite gêne - la deuxième ronde n'est pas encore commencée, après tout. Reste que tout le monde peut deviner où il s'en allait.
Les joueurs des Hurricanes affichent une grande confiance en leur groupe, avec raison. Même s'ils sont privés de certains de leurs meilleurs éléments en attaque - Andrei Svechnikov, Teuvo Teravainen et Max Pacioretty - ils trouvent un moyen de parvenir à leurs fins.
« C'est dur à croire, a conclu Brind'Amour. Il nous manque trois joueurs étoiles, et nous trouvons des façons de gagner. Ç'en dit beaucoup sur les éléments qu'il reste dans ce vestiaire. »