Il n'y a rien de mal à recevoir beaucoup de lancers, même que ça peut être bénéfique pour un gardien, à condition que la majorité d'entre eux proviennent de l'extérieur. Au risque de me répéter, ce n'est pas exactement ce qui se produit pour Gibson et les Ducks.
L'Américain n'a d'autre choix que d'être au sommet de son art tous les soirs. S'il connaît une sortie ordinaire, ce qui arrive à tout le monde de temps à autre, il peut facilement accorder cinq ou six buts. Dans la même situation, un Saros ou un Hellebuyck pourrait s'en tirer avec trois ou quatre buts contre.
C'est la loi de la moyenne, et c'est plus risqué. C'est aussi plus taxant, mais pas nécessairement physiquement. Ne jamais avoir de marge de manœuvre en étant sous pression constante rend la constance très difficile à atteindre. Dans ce contexte, l'efficacité de ,900 de Gibson est très respectable.
Source d'inquiétudes
Maintenant, la question qu'on peut se poser est de savoir quel sera l'impact d'un jeu aussi erratique sur le noyau des Ducks à court ou moyen terme. Aussi bon soit-il, même un Connor Bedard ne pourra pas régler tous les problèmes du jour au lendemain. Surtout pas en défensive.
Les Ducks comptent sur d'excellents jeunes joueurs en attaque, mais quelle identité veut-on donner à cette formation? Il est important d'élever des jeunes de la bonne façon et de leur inculquer une culture gagnante.
Une jeune équipe comme celle-là ne sera pas parfaite, et il faut accepter de vivre avec leurs erreurs, mais il faudra tôt ou tard qu'ils montrent davantage d'engagement en défensive. On l'a vu à Montréal avec Martin St-Louis. Les Canadiens perdent plus qu'ils ne gagnent, mais quand le tapis s'est mis à glisser sous leurs pieds à la fin du mois de décembre, l'entraîneur a rapidement remis les pendules à l'heure.
D'un œil extérieur, c'est peut-être le manque de bons vétérans qui fait la différence entre le Tricolore et les Ducks. Il faut absolument que ces jeunes talentueux soient entourés par de grands frères qui leur montrent la voie à suivre et qui leur permettent d'apprendre de la bonne façon.
Quand j'ai vu Sidney Crosby aller passer un message à Trevor Zegras après un coup de sifflet, il n'y a pas si longtemps, j'ai trouvé que le message que ça envoyait était puissant. Si la vedette des Ducks était entourée par un Ryan Getzlaf ou un Corey Perry, il aurait assurément mieux agi sur la séquence.