Jeannot

Les textes de la série « Tête-à-tête avec… » sont publiés le dimanche sur LNH.com. Nous nous entretenons avec des acteurs du monde du hockey afin d'en apprendre plus sur leur vie sur la glace et à l'extérieur.

L'édition de cette semaine met en vedette l'attaquant Tanner Jeannot.
NASHVILLE- Tanner Jeannot connaît une saison de rêve avec les Predators de Nashville, au point où son nom a même été mentionné, à la surprise générale, dans les discussions entourant l'attribution du trophée Calder, remis à la meilleure recrue de la LNH.
Jeannot, qui a été embauché par Nashville à titre de joueur autonome jamais repêché en 2018, a connu un autre moment fort de sa saison samedi, alors que l'attaquant a marqué le tout premier but du match contre le Lightning de Tampa Bay lors de la Série des stades de la LNH Navy Federal Credit Union 2022 au Nissan Stadium, samedi. Les Predators se sont finalement inclinés 3-2.
« C'est assurément une occasion spéciale, et on ne sait pas combien de fois on va avoir la chance de vivre ce type d'expérience dans notre vie, a souligné Jeannot. Le simple fait de sauter sur cette glace, de vivre ces nouvelles expériences et d'avoir la chance de les partager avec ma famille et ce groupe de joueurs que nous avons ici, c'est assez incroyable. »
Jeannot n'a pas non plus été repêché dans les rangs juniors, ce qui ne l'a pas empêché de disputer quatre saisons avec Moose Jaw dans la Ligue de hockey de l'Ouest (WHL). Il a amorcé la dernière saison en prenant part à cinq matchs avec la Floride dans l'ECHL, avant d'être rappelé à Chicago dans la Ligue américaine de hockey (LAH), puis de disputer un premier match dans la LNH avec Nashville contre les Hurricanes de la Caroline le 2 mars 2021.
Après avoir récolté sept points (cinq buts, deux passes) en 15 matchs dans la LNH la saison dernière, l'attaquant de 24 ans a été en uniforme pour les 53 matchs des Predators cette saison. Il est à égalité au premier rang des recrues de la Ligue avec 18 buts, et il occupe le sixième échelon pour les points avec 32. Jeannot utilise aussi sa charpente de 6 pieds 2 pouces et 208 livres pour pratiquer un style robuste et il mène les recrues du circuit avec 179 mises en échec et 94 minutes de punition.
Jeannot s'est entretenu plus en profondeur avec LNH.com de son éclosion cette saison, de la motivation qui découle du fait qu'il n'a pas été repêché et de son expérience à la Série des stades de la LNH.
Lorsque tu étais jeune à Oxbow, en Saskatchewan, est-ce que jouer au hockey à l'extérieur faisait partie intégrante de ton quotidien?
« Oh oui, il y avait des patinoires extérieures partout, et nous patinions sur les étangs gelés et des choses comme ça. Je suis assurément un habitué du hockey extérieur. Mais pas devant autant de spectateurs. »
Des membres de ta famille ou des amis sont-ils venus à Nashville pour partager ce moment avec toi?
« Toute ma famille est ici. Ma mère et mon père, ainsi que mon frère et mon épouse sont là. C'était vraiment spécial de pouvoir partager cette expérience avec eux. »
Quelles attentes t'étais-tu fixées avant la saison, et les as-tu dépassées?
« Je tente simplement d'y aller une journée à la fois et de faire quelque chose chaque jour qui fasse de moi une meilleure personne ou un meilleur joueur. Mes attentes étaient de réussir à faire ça chaque jour et de continuer à m'améliorer. Je n'aime pas m'imposer de limites parce que je veux toujours être meilleur que la veille. Les choses se passent très bien, et je suis très heureux de ce que l'équipe et moi-même avons accompli jusqu'ici, mais comme je l'ai dit, je veux continuer à progresser, et non me contenter de ce que j'ai. »
Est-ce que les 15 matchs que tu as disputés dans la LNH à la fin de la dernière saison t'ont donné la confiance nécessaire afin de passer au niveau suivant cette saison?
« Ce fut assurément bon pour la confiance de finalement obtenir ce rappel après quelques années de travail acharné, de voir le niveau de jeu et de constater que j'étais capable de tenir mon bout et connaître du succès. Ça m'a aidé. J'avais confiance au début de la saison que j'allais connaître une bonne année et que j'allais continuer à bâtir sur ce que j'avais entamé. »
Après avoir été ignoré au repêchage dans la WHL puis dans la LNH, est-ce que tu as ressenti le besoin de faire tes preuves et est-ce que tu t'es demandé si tu obtiendrais un jour une chance comme celle-ci dans la LNH?
« C'est certain que je me suis demandé ce qui allait se passer, et je crois que j'ai quelque chose à prouver depuis le début de ma carrière après avoir été ignoré dans ces repêchages. J'utilise simplement ça comme motivation afin de continuer à m'améliorer et de montrer aux gens qu'ils ont eu tort de croire que je n'avais pas ma place au niveau suivant. Ça me motive à travailler sur mon jeu chaque jour. Je vis un rêve en ce moment et je ne veux pas qu'il s'arrête. »
Tu es à égalité au premier rang des buteurs parmi les recrues de la Ligue avec Michael Bunting des Maple Leafs de Toronto, et ton nom a été mentionné dans les discussions entourant le trophée Calder. Est-ce que tu portes attention à des choses comme ça?
« Je tente de ne pas le faire. Ma concentration est portée sur ce que je peux faire pour aider l'équipe à signer des victoires et atteindre notre objectif ultime, qui est de gagner en séries. Je ne porte pas attention aux statistiques individuelles ou aux choses comme ça. Je veux juste aider l'équipe à gagner et faire tout ce que je peux pour l'aider. »
Est-ce que la robustesse est un élément important de ton jeu?
« Je veux être le joueur le plus complet possible et pouvoir tout faire pour aider l'équipe à gagner, et si je peux aider en générant de l'échec-avant et en provoquant des revirements avec mon jeu physique, ou en prenant la défense d'un coéquipier en jetant les gants ou encore en fonçant au filet pour marquer, je vais le faire. N'importe quoi qui peut aider l'équipe à gagner. Tout ce que l'entraîneur va me demander de faire, je vais le faire au mieux de mes aptitudes. »
Y a-t-il des joueurs que tu admirais quand tu étais plus jeune?
« Mon joueur préféré a toujours été Pavel Datsyuk, avec ses mains et tout ce qu'il réussissait à faire sur la glace. Je ne suis évidemment pas le même type de joueur que lui, mais j'essayais de le regarder jouer et il semblait se moquer d'au moins un joueur par match quand je tombais sur une de ses parties. Je me demandais comment je pouvais intégrer des éléments de ce qu'il faisait à mon jeu, des choses comme ça. »
Theo Fleury est un autre joueur de la LNH qui est originaire d'Oxbow. L'as-tu déjà rencontré?
« Oui. Il a également joué pour la même équipe junior que moi, à Moose Jaw, alors j'ai pu le rencontrer lorsqu'ils l'ont intronisé dans leur Temple de la renommée. C'était assez cool. »
Fleury a aussi tiré une fierté de prouver aux gens qu'ils le sous-estimaient alors qu'il était l'un des plus petits joueurs de la LNH (5 pieds 6 pouces, 182 livres) au cours de ses 15 saisons dans la Ligue (1988 à 2003). Est-ce que tu ressens une connexion avec lui par rapport à ça?
« Exactement. Son histoire ressemblait un peu à la mienne, et il a tout de même connu une très belle carrière. »
Ton trio complété par Yakov Trenin et Colton Sissons a montré de belles choses, et l'entraîneur John Hynes vous fait énormément confiance pour les mises en jeu en zone défensive. Qu'est-ce qui fait en sorte que votre trio fonctionne selon toi?
« Nous sommes tous les trois le même type de joueurs. Nous nous soutenons bien et nous savons où les autres vont se trouver, et ce qu'ils vont faire. Ça aide beaucoup de jouer avec des joueurs qui nous ressemblent. (Sissons) est incroyable sur les mises en jeu, et c'est beaucoup plus facile de jouer lorsque nous ne pourchassons pas la rondelle après une mise en jeu. Il en remporte beaucoup, et nous jouons donc souvent avec la rondelle. Nous tentons de nous soutenir et nous épuisons nos adversaires du mieux que nous le pouvons. »