Pekka Rinne

Dans le cadre des textes de la série « Tête-à-tête avec… », nous nous entretenons avec des acteurs du monde du hockey afin d'en apprendre plus sur leur vie sur la glace et à l'extérieur. Cette édition met en vedette l'ancien gardien des Predators de Nashville et actuel entraîneur des gardiens de l'équipe nationale junior de la Finlande Pekka Rinne.

MONCTON, N.B. - Pekka Rinne ne pourra jamais faire une croix sur le hockey. Il a peut-être pris sa retraite en 2021 après 15 saisons avec les Predators de Nashville, mais son amour pour le sport, et sa famille, ne s'est jamais amenui.

On sent le plaisir dans sa voix lorsqu'il parle de ses premiers pas comme entraîneur des gardiens de la Finlande au Championnat mondial junior 2023 (CMJ).
« C'est une expérience tellement positive, mais je n'ai pas de plan en ce moment pour ce qui arrivera une fois que le tournoi sera terminé, a expliqué Rinne au LNH.com. Je vais prendre du temps avec ma famille après ça. Mais en même temps, cette expérience m'a démontré que je veux demeurer impliqué dans le hockey. C'est encore ma passion. »

Ce n'est pas surprenant, surtout que l'ancien gardien est encore une des figures le plus respectées et admirées de l'histoire de la LNH.

Rinne, qui a été sélectionné en huitième ronde (258e) du repêchage de la LNH, occupe la première place de l'histoire des Predators dans à peu près toutes les catégories possibles pour un gardien, dont les matchs joués (683), les victoires (369) et les jeux blancs (60). Il est aussi dans le top-20 de l'histoire de la Ligue pour les gains et les blanchissages.

« Au début, je n'avais pas l'intention de devenir entraîneur dès la fin de ma carrière, mais la Fédération finlandaise de hockey sur glace est entrée en contact avec moi cet été, et c'est ainsi que ç'a commencé, a-t-il expliqué. Je n'ai eu besoin que d'une minute pour y réfléchir. Je trouvais que c'était une belle occasion pour moi de m'impliquer dès maintenant à un très haut niveau avec des jeunes très talentueux. Nous avons eu trois camps différents avant que le tournoi commence, et je pense que j'ai appris davantage que ce que j'ai été en mesure de redonner lors de ceux-ci.

« Je suis heureux d'avoir pu bâtir une relation avec les gardiens et le personnel d'entraîneurs. »

Les Predators retirent le numéro de Pekka Rinne

Rinne a annoncé sa retraite le 13 juillet 2021, après 15 saisons avec les Predators. Son numéro 35 a été hissé au sommet du Bridgestone Arena le 24 février. C'était la première fois que l'organisation retirait le chandail d'un de ses joueurs en 23 années d'existence.

Dans cet entretien, Rinne discute de son implication au CMJ, de sa transition vers le coaching, des conseils qu'il donnerait aux jeunes hockeyeurs ainsi que de sa carrière et de ses grands moments dans la LNH.
Qu'aimes-tu le plus de diriger des joueurs de ce groupe d'âge?
« Physiquement, ils sont presque des hommes, mais en même temps, ce sont encore des adolescents, de jeunes joueurs. Ils sont en train de passer à la prochaine étape, donc c'est un moment très spécial de leur vie. Tu peux le sentir chaque jour à quel point ils sont excités. Si je parle des gardiens en particulier, ils ont tellement de talent, ils comprennent tout, et je suis en mesure d'utiliser mon expérience pour peut-être leur prodiguer des conseils, de petits éléments qui peuvent leur permettre de se remettre sur pieds immédiatement sur la patinoire. Ils sont curieux et ç'a vraiment été génial parce qu'ils sont vraiment à l'écoute, ils en profitent et ils sont excités. »
Étais-tu pareil lorsque tu avais 19 ans?
« Je pense que ces gars ont énormément d'avance sur moi. À cet âge, j'arrivais sur le tard. C'est à cet âge que j'ai réalisé que si je voulais connaître du succès, je devais commencer à travailler, à investir du temps et de l'effort dans mes habitudes quotidiennes. J'ai commencé à me concentrer sur le hockey. Et au niveau de ma carrière, c'était un moment très important pour moi, parce que je ne jouais pas avec l'équipe des moins de 20 ans et je n'évoluais pas au sein du programme de l'équipe nationale. Ces joueurs ont beaucoup d'avance sur moi. »
Qu'aimes-tu des deux gardiens de la Finlande au CMJ?
« Jani Lampinen et Aku Koskenvuo sont un peu différents. Aku est le plus gros des deux (6 pieds 4 pouces, 190 livres). Il est très choyé physiquement. C'est un athlète et un batailleur. Jani a vraiment une bonne technique. L'aspect physique, les habiletés athlétiques et les choses comme ça restent à peaufiner pour la plupart des gars à cet âge. Tout le monde va devenir plus fort, plus athlétique au fil du temps. Aku est déjà très athlétique, et Jani est le gars technique. »
Tu as été repêché tardivement dans la LNH, mais tu as travaillé vraiment fort pour connaître tout ce succès. Quel est le conseil que tu donnerais à un jeune joueur qui veut atteindre la grande ligue?
« La patience et l'éthique de travail. Si tu peux avoir une combinaison de ces deux éléments, de bonnes choses vont se produire. C'est aussi vrai si tu travailles aussi fort que tu le peux et que tu veux toujours apprendre. Ce sont des choses simples, mais il n'y a pas de raccourci. Bien sûr, tu vas devoir être bien entouré. Tu as besoin de bons entraîneurs et un peu de chance dans tout ça. Tu dois aussi rester en santé. Ce sont des choses de base, mais ce qui compte avant tout, c'est ton éthique de travail et ta patience. Je trouve que les gars veulent parfois aller trop vite, et c'est compréhensible. C'est difficile d'être patient quand tu es dédié et que tu crois en toi. Ça peut devenir très difficile, et c'est pourquoi je dis que ça te prend les bonnes personnes autour de toi. Des gens qui te disent les bonnes choses et qui ne te poussent pas trop. »
Quelle est la chose la plus importante qu'on t'ait enseignée quand tu étais un jeune joueur à ta position?
« Les habitudes d'entraînement au quotidien. C'est ce que je tente toujours de rappeler aux joueurs. Ce n'est pas seulement lors des matchs que ça compte, parce que tout le monde travaille fort durant les matchs. Mais si tu n'as pas les bonnes habitudes, c'est difficile de progresser en tant que joueur, de t'améliorer et de te développer. Je pense que c'était ça ma force. Mon éthique de travail et mes habitudes à l'entraînement. »
Tu détiens quelques marques du livre des records des Predators. Est-ce qu'il y en a une qui veut dire plus pour toi?
« Honnêtement, j'ai eu beaucoup de temps pour repenser à ma carrière, mais je ne repense jamais à ces records. Je suis vraiment fier de ma carrière et d'avoir pu la faire au sein de la même organisation, alors c'est probablement ce dont je suis le plus fier. Il y a aussi l'impact et les liens que j'ai pu créer avec toute l'organisation et la ville de Nashville. Ce sont ces deux choses qui sont les plus importantes pour moi. »
Comment es-tu devenu un des joueurs les plus respectés de la LNH?
« Je ne sais pas. C'est une question d'être soi-même et d'être honnête envers soi-même. Je dois remercier ma famille aussi. C'est elle qui m'a élevé pour devenir la personne que je suis. Mais comme joueur, tu gagnes le respect en jouant à ce sport de façon dure, mais honnête. Ma philosophie a beaucoup à voir avec mon éthique de travail. C'est avec ça que tu gagnes le respect de tes coéquipiers. Si tu te présentes chaque jour et que tu donnes tout ce que tu as, tu vas gagner le respect de tes coéquipiers. De plus, nous sommes tous des êtres humains et chacun doit être traité de la même façon. C'est très important ça aussi. »
Peux-tu me nommer trois moments mémorables de ta carrière?
« Mon premier match dans la LNH (15 décembre 2005). J'affrontais Chicago à Nashville (une victoire de 5-3 avec 35 arrêts). Je m'en souviens encore. Puis, il y a la finale de la Coupe Stanley en 2017. Même si nous avons perdu contre les Penguins de Pittsburgh en six matchs, c'était une expérience incroyable que je ne vais jamais oublier. Tout ce chemin en séries, c'était incroyable. Finalement, il y a mon dernier match. C'était contre la Caroline et j'ai fait un jeu blanc (de 30 arrêts). C'était une fin de carrière digne d'Hollywood. »