Alexis Gendron était en manque de hockey. L’attaquant avait beau sauter sur la glace tous les jours et apprendre les rudiments du hockey professionnel avec les Phantoms de Lehigh Valley, le club-école des Flyers de Philadelphie dans la Ligue américaine, il n’en avait tout simplement pas assez.
Pas assez de matchs, pas assez de minutes de jeu à son goût. L’attaquant savait qu’il remédierait à la situation en revenant disputer la dernière partie de la saison avec les Voltigeurs de Drummondville. Ce qu’il ignorait, c’est qu’il en aurait pour son argent dès son retour dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ).
« Je pense que j’ai perdu cinq livres pendant mon premier match », s’est-il exclamé en riant au bout du fil.
L’entraîneur-chef Sylvain Favreau n’avait pas l’intention de permettre à son poulain de tester la température de l’eau avant de le jeter dans le bain. Après avoir passé les premiers mois de la saison à jouer tous les deux ou trois matchs en obtenant autour de 10 minutes de jeu, Gendron devait regagner le rythme rapidement.
« Mon objectif, c’était de le remettre dans le bain dès son premier match et de lui en donner en masse, quitte à ce qu’il soit un peu fatigué, a expliqué le pilote des Voltigeurs. On voyait que certains automatismes n’étaient pas là au niveau du timing, mais son talent offensif a rapidement pris le dessus.
« L’important, c’était qu’il touche à la rondelle souvent. On lui a donné l’occasion de reprendre où il avait laissé l’an dernier. »
Et c’est exactement ce qu’il a fait parce que c’est ce qu’il fait de mieux. L’espoir des Flyers a touché la cible à deux reprises dans ce premier match et il totalise sept buts et cinq aides en sept affrontements depuis son arrivée avec les Voltigeurs.
On parle quand même d’un joueur qui a fait bouger les cordages 55 fois avec l’Armada de Blainville-Boisbriand et les Olympiques de Gatineau la saison dernière. On peut se surprendre de la vitesse avec laquelle il s’est adapté à son nouvel environnement, mais pas de le voir produire offensivement.
« Quand je suis descendu, je voulais manger du hockey », a laissé tomber le jeune homme de 20 ans. « J’ai du fun. Ça fait du bien de pouvoir jouer autant. J’ai retrouvé ma confiance. À mon âge, c’est bon de revenir dans le junior, de prendre confiance et de me préparer encore mieux pour mon passage chez les pros. »
Le choix de septième ronde (220e au total) des Flyers en 2022 a été limité à seulement 17 matchs avec les Phantoms en première moitié de saison. Il a trouvé le moyen de s’exprimer offensivement avec sa récolte de cinq buts et deux aides, mais il n’a pas véritablement été en mesure de trouver la constance.
C’était le plan
Il se doutait bien que le plan de l’organisation était de lui donner de l’expérience au niveau professionnel avant de le renvoyer dans le junior en deuxième moitié de campagne. Quand les Voltigeurs ont fait son acquisition des Olympiques pendant la période des transactions, il savait que ça s’en venait.
« Ce n’est pas une déception pantoute, a-t-il fait valoir. Je suis encore plus motivé et ça fait du bien de pouvoir jouer. Jouer tous les deux ou trois matchs à 19 ans, c’est difficile. Je ne peux pas cacher que j’ai trouvé ça difficile de ne pas jouer plus, même si je trouvais que je faisais bien.
« Je ne suis pas du genre à m’asseoir sur mes lauriers. J’en veux toujours plus. Je ne veux pas juste marquer des buts, je veux avoir une game complète. »
Les discussions qu’il a eues avec le directeur général Daniel Brière ont toujours été positives, à son avis. On a simplement pris la meilleure décision pour son développement. Parce que si Gendron est d’abord à Drummondville pour aider une équipe aspirante, il ne perdra pas son temps au chapitre personnel.
« Pour moi, l’important c’est de prendre son talent et l’expérience qu’il a acquise et d’y ajouter mon grain de sel, a précisé Favreau. Mon coaching est axé sur les détails et les habitudes de travail gagnantes. Ce sont ces détails qui font la différence entre un contrat ou non, entre rester dans la LNH ou être rétrogradé.
« S’il peut ajouter quelques cordes à son arc, je pense qu’il va en sortir gagnant. »



















