KANATA, Ont. – À ce stade-ci de la saison, et en plein cœur d’une course effrénée pour une place en séries éliminatoires, les Sénateurs d’Ottawa devraient pouvoir se concentrer uniquement sur les correctifs à apporter à leur jeu pour réussir à se frayer un chemin.
Ce n’est toutefois pas aussi facile que c’en a l’air. Depuis quelques jours, les tempêtes se succèdent autour de la formation ottavienne, et le bruit extérieur ne fait qu’augmenter.
« Nous ne portons pas attention au bruit blanc », a lancé l’entraîneur Travis Green à quelques heures d’un affrontement crucial face aux Sabres de Buffalo, la meilleure équipe de l’Atlantique. « On ne laisse pas ça se rendre dans notre vestiaire. Mais on sait qu’il y a beaucoup de distractions en ce moment. »
Personne ne peut le nier. Le hockey n’était pas nécessairement au centre des discussions de gradins avec les collègues au Centre Canadian Tire, jeudi matin.
Le congé demandé par le gardien Linus Ullmark avant le match face au Lightning de Tampa Bay – une éventuelle défaite de 4-2 samedi – et la contre-performance de l’équipe en entier dans un revers de 6-3 contre les Panthers de la Floride, mardi, étaient sur toutes les lèvres.
Dans ce contexte, les propos de Keith Tkachuk, qui a remis en doute l’endurance physique et mentale des joueurs de la LNH dans le balado « Wingmen » de ses fils Brady et Matthew, retenaient aussi l’attention. Le capitaine des Sénateurs a d’ailleurs indiqué qu’il préférait s’adresser aux médias après la rencontre.
« J’en ai entendu parler, mais je ne l’ai pas écouté, a plaidé Green. Je connais très bien Keith, c’est un ami. J’ai joué avec lui et je le connais depuis longtemps. Je sais qu’il aime parler. Je ne suis pas exactement certain de ce qu’il a dit, mais ce n’est que du bruit extérieur pour moi. »
Ça n’a pas empêché ces sujets de s’inviter dans le vestiaire de l’équipe qui, rappelons-le, n’est qu’à deux points des Blue Jackets de Columbus et d’une place en séries avec un match de plus à disputer.
« Notre focus est sur le match de ce soir et sur une participation aux séries éliminatoires, a commenté le vétéran Claude Giroux. Les distractions sont là, mais pour moi personnellement, ce n’est pas quelque chose d’important. On a confiance en tout le monde dans le vestiaire. Il n’y a que ça qui compte.
« On est une équipe. On est tous dans le même bateau. On est sur la même longueur d’onde. »
Sous le feu des critiques dans la capitale fédérale, Ullmark obtiendra une belle occasion de racheter son dernier départ. Il avait été remplacé par James Reimer après avoir cédé cinq fois sur 16 tirs en un peu moins de 15 minutes de jeu contre les Panthers.
« La décision a été facile : Linus est notre homme, a souligné Green. Pour être honnête, et je lui ai dit, je l’ai retiré du dernier match parce que l’équipe jouait de façon merdique devant lui. Ce n’était pas sa faute. »
Des trous à la ligne bleue
Vaincus à leurs trois dernières sorties, les Sénateurs pourraient amenuiser tout ce bruit en venant à bout des Sabres, qui ont l’occasion d’assurer leur place en séries avec une victoire. Les locaux devront toutefois tenter de le faire sans les services de la majorité de leurs défenseurs réguliers.
Jake Sanderson se rapproche d’un retour au jeu – Green espère le revoir cette fin de semaine – Carter Yakemchuk a subi une commotion cérébrale au dernier match, et la saison de Thomas Chabot est terminée. C’est sans compter les absences de Nick Jensen et de Dennis Gilbert.
Les Sénateurs ont donc procédé au rappel de Cameron Crotty, qui disputera son premier match de la saison. Ce dernier sera le 12e défenseur à jouer un match avec l’équipe depuis le retour des Jeux olympiques.
« Je dois m’assurer de retenir les prénoms et les noms des défenseurs », a blagué Green, étonnamment de bonne humeur. « Ça en fait beaucoup à gérer. On se fie sur notre structure et on espère qu’elle tiendra. Dans ce contexte, il y aura évidemment des moments où on sera submergés.
« On aura besoin de toute l’équipe, pas seulement des défenseurs. Les attaquants doivent aussi être au sommet de leur art défensivement. On ne change pas notre façon de jouer. »


















