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Tous les amateurs de hockey s'ennuient fermement de pouvoir assister en personne à des matchs, et les membres du LNH.com ne font pas exception. Histoire de patienter un peu en attendant d'enfin pouvoir renouer avec ce plaisir, ils ont tous accepté de raconter en leurs mots leur plus belle expérience vécue à un match de hockey, que ce soit en tant que simple partisan ou dans un cadre professionnel.

D'aussi loin que je puisse me rappeler, le premier joueur que j'ai véritablement admiré est l'attaquant des Canadiens de Montréal Saku Koivu. C'est la raison pour laquelle son départ de Montréal m'a marqué, mais encore plus son retour au Centre Bell dans l'uniforme des Ducks d'Anaheim, car j'étais dans l'assistance.

Pour la plupart des gens de ma génération qui ont grandi en tant que partisans des Canadiens, Koivu est le premier joueur vedette dont ils ont le souvenir d'avoir vu enfiler l'uniforme tricolore. Lorsque j'étais plus jeune, les affiches de Koivu tapissaient les murs de ma chambre et de celles de mes amis, et c'est sans parler des cartes de hockey du numéro 11 que l'on adorait collectionner.

Repêché en première ronde (21e au total) du Repêchage 1993 de la LNH, Koivu s'est amené à Montréal lors de la saison 1995-96 et il a été capitaine lors de neuf de ses 13 saisons avec les Canadiens, de 1999-2000 à 2008-09. En 792 matchs avec les Canadiens, le Finlandais a récolté 641 points (191 buts, 450 passes).

Mais au-delà des statistiques, Koivu a marqué l'imaginaire des Québécois avec son combat contre le cancer. Avant la saison 2001-02, on lui a diagnostiqué un lymphome non hodgkinien et il avait seulement pu disputer les trois dernières rencontres de la campagne. À son retour au jeu, le 9 avril 2002 face aux Sénateurs d'Ottawa, on lui avait offert une longue ovation qui restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Quand Koivu est revenu au Centre Bell pour la première fois dans l'uniforme des Ducks, le 22 janvier 2011, les partisans ont non seulement voulu souligner le retour d'un joueur ayant connu une grande carrière avec les Canadiens, mais aussi célébrer un battant qui a été une source d'inspiration pour eux.

En plus, ils avaient dû patienter une saison complète avant de le voir revenir à Montréal, car dans ces années-là, les équipes de l'Association de l'Est affrontaient celles de l'Association de l'Ouest une seule fois par saison. Lors de la première saison de Koivu avec les Ducks, en 2009-10, les Canadiens les avaient affrontés à Anaheim. Cette attente avait contribué à générer encore plus d'engouement autour de la rencontre.

J'ai pu sentir une certaine fébrilité dès le moment où j'ai mis le pied dans le Centre Bell, cette même énergie qui habite l'édifice avant les matchs importants en séries éliminatoires, alors que de nombreuses personnes déambulaient dans les coursives avec leur vieux chandail de Koivu.

Cette fébrilité a atteint son apogée pendant l'hymne national canadien, lorsque l'on a diffusé sur l'écran géant une image de Koivu à son retour au jeu après son combat contre le cancer. C'est le moment où la foule a explosé, et ç'a été le début d'une ovation monstre de quelques minutes. Koivu est resté seul au centre de la patinoire, ébahi par le moment et encaissant tout l'amour et l'admiration du public à son endroit, un moment véritablement touchant que je ne suis pas près d'oublier.

La soirée était déjà une réussite avant même d'avoir commencé, mais le match en tant que tel nous a tenus en haleine. Les Ducks ont pris les devants 3-1 après deux périodes, alors que Koivu s'est fait complice du troisième but, celui de l'attaquant Corey Perry, ayant droit au passage à encore plus d'acclamations du public.

Les Ducks semblaient en voie de quitter Montréal avec une victoire facile et deux points en banque, mais les Canadiens ont inscrit deux filets en fin de troisième engagement, dont le deuxième de la partie de l'attaquant Max Pacioretty, qui a créé l'égalité 3-3 en avantage numérique avec 13 secondes à faire en temps réglementaire. Et qui se trouvait au banc des punitions dans le camp adverse à ce moment-là? Eh oui, Saku Koivu!

Les Ducks l'ont finalement emporté 4-3 en tirs de barrage grâce à l'attaquant Bobby Ryan, mais les partisans sont tout de même retournés à la maison avec le sourire. Koivu n'a peut-être jamais conduit les Canadiens à la Coupe Stanley, ce pour quoi il n'a pas toujours fait l'unanimité, mais sa bataille contre le cancer aura fait de lui un symbole de courage, de force et de détermination. Et j'ai pu constater ce soir-là la puissance de cet héritage pour les partisans des Canadiens.