Vendre sa vision et ses valeurs
À 48 ans seulement, Darche a gravi les échelons pour devenir DG bien plus rapidement qu’il l’a fait comme ailier au sein d’une équipe de la LNH.
Jamais repêché et issu du programme de l’Université McGill, il a joué un premier match dans la grande ligue à l’âge de 24 ans (Blue Jackets de Columbus). Il avait 30 ans à sa première saison complète avec le Lightning de Tampa Bay. Et il avait 33 ans quand Bob Gainey l’a rappelé des Bulldogs de Hamilton pour jouer avec les Canadiens de Montréal où il a terminé sa carrière (deux saisons et demie avec le CH).
« Comme DG, j’ai suivi un chemin plus en ligne droite et j’ai été chanceux, a-t-il rappelé. Je suis rentré directement comme adjoint à Julien chez le Lightning. Je n’ai pas eu à commencer par le développement des joueurs ou comme recruteur amateur ou professionnel. Julien m’a confié un poste important dès le départ. »
« Quand j’étais à l’Université McGill et que je jouais au hockey, je ne pensais pas nécessairement à une carrière chez les professionnels, a-t-il enchaîné. J’y suis arrivé finalement. Mais à cette époque, je me disais que je voulais travailler dans le milieu du sport. Je savais déjà qu’à ma retraite je voudrais explorer le côté direction d’une équipe de hockey. Je ne souhaitais pas devenir coach. Je suis chanceux. J’ai atteint un autre objectif et je suis tombé au sein d’une bonne organisation avec les Islanders. »
Avant de convaincre les Islanders, Darche avait rencontré quatre autres équipes pour le même poste. Gagnant de la Coupe Stanley à ses deux premières saisons avec le Lightning (2020 et 2021), il s’est retrouvé souvent au cœur d’un processus d’embauche.
« Il y avait eu de petits appels ailleurs, mais rien d’aussi sérieux qu’à mes quatre entrevues pour Montréal, Pittsburgh, Chicago et Vancouver, a-t-il indiqué. Je me suis retrouvé parmi les finalistes avec les quatre équipes, mais du groupe, c’est avec les Penguins que c’était passé le plus proche.
« À ma première entrevue pour un poste de DG, j’avais juste deux ans comme expérience dans la LNH dans un rôle d’adjoint. Est-ce que c’était réaliste après juste deux ans? Ce ne l’était probablement pas. Quand je passais une entrevue, ils me disaient que j’avais un bon plan et une bonne vision. Pour mon entretien avec les Islanders, j’ai partagé mon plan sans nécessairement dire ce que l’équipe pouvait rechercher. Je n’avais pas de censure. Je fonçais avec ma vision et mes valeurs. Ils ont aimé ça. »
Le bon choix avec Roy
À ses premiers jours avec les Islanders, Darche a rapidement mis fin à un possible débat. Patrick Roy resterait son homme de confiance pour diriger l’équipe.
« Quand j’ai été nommé comme DG, j’avais carte blanche pour le choix des entraîneurs. Plusieurs personnes pensaient que nous nous connaissions puisque nous sommes deux Québécois. J’avais jasé une seule fois avec lui avant d’arriver avec les Islanders. Je l’avais croisé à Tampa en marchant vers ma voiture après un match l’an dernier. Je lui avais parlé cinq minutes.
« Deux ou trois jours après mon embauche, je l’ai rencontré à Montréal et nous nous sommes parlé pendant cinq heures. Je voulais apprendre à le connaître et comprendre sa vision, tout en partageant la mienne. J’avais aussi fait mes devoirs en discutant avec plusieurs de ses anciens collègues dans le junior ou dans la LNH. Dès la sortie de notre première rencontre, je savais que je voulais travailler avec lui. »
Dans un corridor du UBS Arena, Roy a retrouvé un sourire après le revers face aux Blues pour décrire sa relation avec Darche.
« Premièrement, je dirais qu’il a atteint un grand niveau d’expérience et de connaissance en travaillant aux côtés de Julien BriseBois pendant longtemps, a affirmé le pilote de 60 ans. Il méritait cette chance comme DG. Deuxièmement, j’aime son énergie et son travail d’équipe. Tu vois qu’il a bien appris à Tampa. Il fera de belles choses pour les Islanders. »
Une rondelle et une pensée pour papa
Anders Lee, le capitaine des Islanders, a offert un cadeau à son directeur général après la première victoire cette saison. Il lui a donné la rondelle du match, une victoire de 4-2 contre les Oilers d’Edmonton (16 octobre).