Tobie Paquette-Bisson badge Marcotte

Notre chroniqueur Anthony Marcotte nous parle de l’actualité chez le Rocket de Laval ainsi que dans l’ensemble de la Ligue américaine de hockey (LAH). Il permettra aux partisans de suivre assidûment ce qui se passe dans l’antichambre de la meilleure ligue de hockey au monde.

Depuis le début de la saison, l’entraîneur du Rocket de Laval Jean-François Houle ne cesse de répéter à quel point la perte de Tobie Paquette-Bisson l’an dernier avait créé un trou béant dans sa brigade défensive.

Après un exil d’un an à Ontario avec le club-école des Kings de Los Angeles, Paquette-Bisson est en train de prouver que Houle n’exagérait pas… loin de là.  

Le défenseur québécois est au cœur du spectaculaire retour en force que le Rocket est en train d’orchestrer. Depuis le 8 décembre, les Lavallois font partie de la crème de la Ligue américaine avec une fiche de 12-2-2.

On a fait grand état de l’arrivée d’Arber Xhekaj à Laval qui coïncide aussi avec ce revirement de situation. C’est bien vrai. On pourrait aussi parler du travail des gardiens Jakub Dobes et Kasimir Kaskisuo, tous les deux très solides depuis un mois et demi. Il y a aussi des jeunes comme Logan Mailloux, Riley Kidney, Jared Davidson et Jan Mysak qui traversent de bons moments.

Mais quand on regarde aller Paquette-Bisson, il n’est pas difficile de voir que le Rocket n’avait pas été en mesure de remplacer les tâches qu’il accomplit, notamment sur le plan de la robustesse.

« Je trouve qu’on ne parle pas assez de la saison qu’il connaît pour nous », disait Houle la semaine dernière, sans même que les médias n’abordent la question. « Je trouve qu’il se comporte en grand leader présentement dans notre vestiaire. Il est physique, il frappe fort, et se comporte très bien en défensive. Je trouve que nos jeunes ont beaucoup à apprendre de lui. »

Depuis le début de son mandat de trois ans à la barre du club-école des Canadiens, on peut observer une tendance dans les décisions de Houle sur le plan des effectifs. Il préfère nettement utiliser une recrue avec au moins un vétéran sur ses trios offensifs, et la même chose se produit à la ligne bleue. Un défenseur comme Paquette-Bisson obtient un rôle accru pour accompagner les plus jeunes à traverser les rigueurs d’une première saison professionnelle.

« Quand j’ai décidé de revenir ici, je savais un peu à quoi m’attendre, dit-il. Je savais qu’on aurait une jeune équipe et qu’il y aurait une période d’ajustement un peu plus longue pour certains. C’est un rôle que j’aime vraiment. On a tellement de bons jeunes. Tout le monde a une bonne attitude et on joue de mieux en mieux. Notre but, c’est d’aller loin dans les séries et de montrer qu’on peut aller loin, même avec une jeune équipe. »

Logan Mailloux fait partie de ceux ayant partagé la ligne bleue au sein du même duo que Paquette-Bisson cette année, et l’expérience risque fort de se répéter avec le rappel de Xhekaj à Montréal, lundi. Si l’entraîneur se gardait bien de dévoiler son jeu, Mailloux et Paquette-Bisson prenaient la plupart des rotations ensemble sur la même paire à l’entraînement.

« Je pense vraiment que Tobie et moi formions une bonne paire avant qu’on me jumelle avec Arber, estime Mailloux. Il y avait clairement une chimie entre nous deux. Je sais comment il joue et c’est un vrai roc pour nous en défensive. Il en frappe un solidement tous les soirs, on dirait! »

Mailloux n’a pas tort dans son discours. Les percutantes mises en échec distribuées par Paquette-Bisson cette année s’accumulent. On n’a qu’à penser à celle à l’endroit du jeune Brad Lambert du Moose du Manitoba le 13 janvier dernier en plein centre de la patinoire. La recrue n’est d’ailleurs pas revenue au jeu depuis. 

Avant de partir pour Los Angeles, le natif de Rosemère ne distribuait pas les coups d’épaules aussi allégrement qu’il le fait présentement. C’est à croire que de goûter à un autre système et à une autre association lui a permis de rajouter quelques cordes de plus à son arc.

« Le jeu physique a toujours fait partie de mon jeu, mais c’est vrai que mon expérience à [Los Angeles] a changé un peu mon approche, explique-t-il. Les Kings, Rob Blake entre autres, m’ont incité à en faire un peu plus à ce niveau-là, de ne pas hésiter à jeter les gants et à être plus vocal sur la glace. Avec tous les jeunes qu’on a cette année, je veux qu’ils restent dans leur match. Un gars comme Mailloux, il faut qu’il continue de progresser dans ses forces. C’est à moi de frapper et d’intimider l’autre équipe. Je n’ai pas de problème avec ça! »

Parmi les autres belles qualités de Paquette-Bisson, on retrouve la franchise. Il ne passe pas par quatre chemins pour faire passer son message. On peut d’ailleurs présumer qu’il n’a pas peur de le faire dans le vestiaire non plus. Sur la place du jeu robuste et des bagarres dans le hockey, il n’hésite pas une seconde à faire savoir sa façon de penser.

« Il y a un gros débat présentement dans le hockey sur pourquoi les gars doivent toujours se battre quand ils donnent une grosse mise en échec », disait Paquette-Bisson, qui avait notamment dû répondre de ses actes face à Jeffrey Viel après la mise en échec sur Lambert. « En général, mes plaquages ne sont pas si pires, mais j’avoue que celle-là était particulièrement violente, mais légale selon les règlements. Personnellement, je trouve ça normal de devoir répondre et je ne tolérerais pas qu’un de mes coéquipiers se fasse frapper comme ça, moi non plus. Je respecte la game, et je ne changerai pas mon style pour autant. »

Avant d’être réuni à Mailloux mardi, Paquette-Bisson formait une paire solide avec William Trudeau depuis le 20 décembre. Au cours de cette période, le Rocket a remporté 10 rencontres sur 12. Ce n’est pas un hasard.

« C’est vraiment tout un leader pour nous, a dit Trudeau. Les gars respectent son expérience dans le hockey et c’est aussi un rassembleur dans la chambre. J’apprends beaucoup à jouer avec lui. Autant il peut être physique, mais c’est surtout son calme sous pression qui est impressionnant. »

L’arrivée de Justin Barron et le départ de Xhekaj pour Montréal changeront le visage de la brigade défensive lavalloise à court terme. Ce qui ne changera pas, c’est que Houle pourra se réjouir de compter sur un pilier comme Paquette-Bisson comme effet stabilisateur à la ligne bleue.