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QUÉBEC- Même s'ils ont conclu la saison régulière aux deux premiers rangs du classement, bien peu d'observateurs voyaient les Remparts de Québec et les Mooseheads d'Halifax s'affronter en finale du trophée Gilles-Courteau.

Les deux équipes avaient soi-disant des failles qui permettraient à leurs rivaux du carré d'as - les Olympiques de Gatineau et le Phoenix de Sherbrooke - de prendre leur mesure en demi-finale. Et pourtant.

« Je pense que les deux équipes ont changé les perceptions », a reconnu l'entraîneur des Remparts Patrick Roy. « Les gens voyaient une finale Gatineau-Sherbrooke, si je me fie à ce que j'ai lu dans le journal. »

Les doutes sont maintenant dissipés. Reste qu'aucune des deux parties ne veut du statut de favori dans cette série. La formation québécoise a pris la première place avec 53 victoires et une récolte de 109 points, seulement deux points de plus que ses rivaux.

Compte tenu de ces impressionnants résultats, personne ne peut jouer les négligés non plus. Mais les deux équipes veulent conserver ce rôle qui leur a permis de connaître du succès jusqu'ici.

« Selon moi, Québec est vraiment favori », a lancé l'attaquant des Mooseheads Zachary L'Heureux, avant de préciser qu'il s'agissait d'une blague. Il a toutefois poursuivi sa réponse de façon un peu moins directe pour finalement en arriver au même point.

« On a été les négligés tout au long de la saison et on sait qu'on va encore l'être en finale, a-t-il poursuivi. On utilise ça comme une motivation parce que, dans ce vestiaire-là, il n'y a pas un gars qui pense qu'on n'est pas capables de gagner cette finale. »

C'est là que se trouve la clé, dans la motivation. Il est probablement plus facile d'en générer davantage quand on pense que le monde entier est contre nous que lorsque tout le monde s'attend à ce que l'on triomphe.

Cette recette, éprouvée à maintes reprises, a été utilisée à la perfection par Roy et sa troupe contre les Olympiques au dernier tour. Le texte d'un collègue de Québec qui avait prédit la victoire de Gatineau en sept matchs a sans aucun doute fait le tour du vestiaire des Remparts.

Le vétéran entraîneur n'aura possiblement pas le loisir de se servir de ça contre les Mooseheads puisque l'expérience et la maturité de sa troupe risquent d'être favorisées par les observateurs.

« Je n'ai aucune idée si on est les favoris, et honnêtement, je ne regarde pas ça, a dit Roy. Ce que je veux savoir, c'est si on va être prêts à jouer quand la rondelle va tomber demain. Mon focus est sur notre équipe. »

Son vis-à-vis Sylvain Favreau a lui aussi évité de se prononcer sur cette question. Il faut croire qu'il est inutile de jeter de l'huile sur le feu avant même le lancement des hostilités.

« Je pense qu'il y a deux bonnes équipes, a-t-il avancé. Une a fini en première place. Une a fini en deuxième place, et c'est nous. On était proches. C'est toute une machine de hockey de l'autre côté et on en est conscients. On a confiance en nos moyens. On mérite d'être là et ça va être une belle bataille sur la glace. »

Un dernier test

Sur la notion de mérite, les Mooseheads ont eu leur part de remise en question pendant la saison. Pas à l'interne, mais à l'externe. On attribuait la majorité de leurs succès au fait qu'ils évoluaient dans une section plus faible dans les Maritimes.

Chaque fois que l'équipe était de passage au Québec pour se frotter aux autres puissances du circuit, on disait qu'il s'agissait d'un test pour eux. Ils en ont passé plusieurs avec succès. La finale sera leur dernier.

« On est en confiance et on sait ce qu'on peut faire », a conclu l'attaquant Jordan Dumais, toujours sur la touche. « Dans les médias, je pense que tout le monde voit les Remparts comme favoris, mais ça ne nous dérange pas. On sait qu'on est sous-estimés, peut-être parce qu'on est un peu plus jeunes.

« On s'est fait un nom et tout le monde sait qu'on est le real deal maintenant. »

Photo: Trevor MacMillan / LHJMQ