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MONTRÉAL- Les astres se sont alignés à un point tel que les Canadiens de Montréal sont rapidement devenus l'option la plus logique, et surtout, la plus favorable pour David Savard.

Dès l'ouverture du marché des joueurs autonomes, mercredi, le directeur général Marc Bergevin a déposé une offre que le camp du défenseur québécois ne pouvait refuser. Il sera donc un membre de son équipe d'enfance pour les quatre prochaines années à un salaire moyen de 3,5 millions $ par saison.
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« J'en avais déjà parlé à ma femme en lui disant que ce serait plaisant de revenir près de nos familles, a expliqué Savard en visioconférence. Les choses se sont alignées pour que ça fonctionne. Si Shea (Weber) avait été en pleine santé, ç'aurait pu être différent.
« Peut-être qu'ils ne seraient pas venus me voir aussi rapidement et agressivement. Dès le départ, j'ai senti qu'ils voulaient vraiment m'avoir. C'était une occasion que je ne pouvais pas laisser passer. »
Maintenant que le Tricolore sait que Weber ratera la prochaine saison, et que le reste de sa carrière est compromis, le côté droit de la défensive devenait la priorité de Bergevin pendant la saison morte.
Savard n'a pas la prétention de s'amener à Montréal en portant l'étiquette du remplaçant de Weber - et son nouveau patron a bien prévenu tout le monde que ce n'était pas le cas - mais il sait que la porte est ouverte à la ligne bleue et qu'il pourrait occuper un rôle important sur le top-4 de l'équipe.
On a d'ailleurs senti que l'imposant arrière de 30 ans n'avait pas l'intention de s'entendre avec un club qui lui confierait davantage un rôle de profondeur.
« C'était une chose importante pour moi », a confié celui qui vient de remporter la Coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay. « Je voulais occuper un rôle important avec l'équipe que j'allais joindre et contribuer à ses succès. Le fait qu'ils ont perdu les services de Shea, c'est sûr que ç'a pesé dans la balance.
« Je ne changerai pas la façon de jouer que j'avais avec les Blue Jackets et le Lightning. Je vais être robuste devant le filet, jouer contre les meilleurs trios, jouer en désavantage numérique et bloquer des tirs. Je n'essaierai pas d'être Shea Weber. Je vais être moi-même. »
Il fera exactement ce qu'il a fait pour aider le Lightning à venir à bout des Canadiens en cinq rencontres lors de la dernière Finale de la Coupe Stanley. Il y a quelques semaines à peine, le patineur de Saint-Hyacinthe récoltait une aide sur le but gagnant de Ross Colton dans le match décisif et mettait fin au rêve de ses nouveaux coéquipiers.

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Pas de problème, le Québécois est habitué aux retrouvailles un peu embarrassantes. C'est le petit prix qu'il aura à payer pour porter les couleurs du club de son enfance - une équipe, surtout, qu'il a vue de près et qui s'en va dans la bonne direction selon lui.
« Ce sera assurément un peu bizarre de les rencontrer pour la première fois, mais ça fait partie du métier, a-t-il dit en riant. C'était la même chose quand je suis arrivé à Tampa, alors que je venais de les affronter deux fois en séries avec Columbus. Tout était différent, il y a un mois, mais je suis heureux d'être de ce côté.
« Ils m'ont beaucoup impressionné en Finale. Ils ont du talent et ils possèdent des jeunes qui ont franchi de grandes étapes dans les dernières années et qui ont maintenant de grosses responsabilités. Ils ont aussi un des meilleurs gardiens au monde. L'équipe est extrêmement compétitive. »
Rabais local?
En apposant sa signature au bas du contrat avec le Tricolore, Savard a aussi accepté une diminution de salaire de 750 000$, comparativement à ce qu'il a empoché au cours des cinq dernières saisons.
On peut donc se demander s'il a refusé des offres plus avantageuses pour s'aligner avec le CH. Le principal intéressé a admis avoir eu des discussions avec d'autres équipes et il a même indiqué qu'il avait tout de suite accepté l'offre de Bergevin, « peu importe le salaire ».
« Les enfants vieillissent, ils rentrent à l'école, a indiqué le père de trois. C'était important pour nous de ramener les enfants au Québec. On a toujours aimé ça être ici. D'avoir la chance de les envoyer à l'école en français, c'était important pour nous. Montréal était l'option la plus facile pour ça.
« On va pouvoir voir les grands-parents plus souvent aussi. C'était la meilleure option pour nous, et ç'a été facile de prendre la décision. »