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Guy Lafleur s'est dit agréablement surpris de voir les Canadiens de Montréal accéder à la demi-finale des séries de la Coupe Stanley, une chose qu'il n'aurait pas crue possible il y a à peine deux semaines.

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Les Canadiens ont obtenu leur billet pour le troisième tour éliminatoire pour la première fois depuis 2014 en battant les Jets de Winnipeg 3-2 en prolongation pour compléter le balayage en quatre matchs, lundi. En première ronde, Montréal a effacé un déficit de 3-1 pour éliminer ses rivaux, les Maple Leafs de Toronto.
« De la façon dont ils jouaient contre les Maple Leafs de Toronto, non », a répondu Lafleur, mardi, lorsqu'on lui a demandé s'ils croyaient à ce moment aux chances du CH.
« Lorsqu'ils tiraient de l'arrière 3-1 aux mains de Toronto, je ne m'attendais pas à ce genre de retour. Mais j'étais très heureux qu'ils y parviennent. Ils ont démontré qu'ils ont du caractère. Ils ont voulu montrer à tout le monde qu'ils pouvaient le faire. »
Lafleur a remporté la Coupe Stanley à cinq reprises (1973, 1976 à 1979) et est un des anciens des Canadiens les plus reconnus et appréciés. Le natif de Thurso a inscrit 518 buts avec Montréal entre 1971 et 1985, puis 42 avec les Rangers de New York et les Nordiques de Québec de 1988 à 1991, alors qu'il a effectué un retour dans la LNH quatre ans après avoir pris sa retraite. Il avait également été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1988.
Meneur dans l'histoire des Canadiens pour les mentions d'aide (728) et les points (1246), et deuxième pour les buts derrière Maurice Richard (qui en a compté 544), Lafleur est aimé des partisans montréalais entre autres pour son franc-parler, particulièrement lorsqu'il perçoit un manque d'effort de la part de son ancienne équipe. Il a été chaudement acclamé par les 2500 partisans au Centre Bell lors du match no 3 contre les Jets, dimanche, quand il a été présenté à l'écran géant. Il était assis dans une loge, accompagné de deux autres ambassadeurs des Canadiens, Yvan Cournoyer, qui a gagné la Coupe Stanley 10 fois, et Réjean Houle, qui l'a gagnée à cinq occasions.
« Je suis vraiment fier lorsqu'ils travaillent fort et qu'ils gagnent, a lancé Lafleur. Ils perdent parfois des matchs par leur propre faute. Ils ne donnent pas leur 100 pour cent et ne jouent pas en équipe. Ça m'irrite beaucoup quand ça arrive. Je sais que tu ne peux pas tous les gagner, mais tu dois au moins fournir le maximum d'effort et faire tout ce qu'il faut pour gagner le match.
« C'est beaucoup plus agréable dans cette ville quand ils gagnent. En ce moment, tout le monde est heureux, tout le monde espère qu'ils auront la chance de gagner la Coupe Stanley cette année. »
Les Canadiens affronteront au prochain tour le gagnant de la série entre les Golden Knights de Vegas et l'Avalanche du Colorado qui est égale 2-2. Le match no 5 aura lieu mardi au Ball Arena (21h HE; NBCSN, CBC, SN, TVAS).
Lafleur s'est dit particulièrement impressionné par la tenue de Carey Price et des attaquants Tyler Toffoli, Nick Suzuki et Cole Caufield.
Price a amorcé les séries éliminatoires en ayant raté les 13 derniers matchs de la saison régulière en raison d'une commotion cérébrale. Il a remporté le match no 1 contre Toronto, avant de s'incliner lors de ses trois sorties suivantes. Depuis, il est invaincu. Il montre une fiche de 8-3 en 11 rencontres éliminatoires, avec une moyenne de buts alloués de 1,97, un pourcentage d'arrêts de ,935 et un blanchissage.
« Au début des séries, je pense que Price était un peu chancelant, a dit Lafleur. Il n'était pas nerveux - il n'est pas ce genre de gardien - mais il n'était pas dans des dispositions optimales, pas aussi bon que présentement.
« Il est dans sa bulle. Pour le rendre furieux, tu dois le sortir de son match, et personne n'est parvenu à le faire, donc c'est bon pour les Canadiens. Je ne comprends pas pourquoi Toronto et Winnipeg n'ont pas réalisé que s'ils voulaient avoir une chance de l'emporter contre un gardien en pleine possession de ses moyens, ils devaient le déranger.
« C'est ce que nous avions l'habitude de faire avec Billy Smith. Steve Shutt et moi, lors des cinq premières minutes des rencontres contre les Islanders, nous avions l'habitude de décocher des tirs en direction de la tête de Billy pour le fâcher, et ça fonctionnait. Je ne comprends pas pourquoi, mais ça fonctionnait. Tu dois jouer pour gagner, sinon tu regardes l'autre équipe marquer des buts. »
Les Canadiens ont obtenu une contribution importante de trois de leurs plus jeunes joueurs : Suzuki (21 ans), Caufield (20) et l'attaquant Jesperi Kotkaniemi (20) ont récolté un total combiné de 16 points (huit buts, huit passes) et ils ont de l'énergie à revendre.

WPG@MTL, #3: Caufield repère Suzuki en A.N.

Caufield a été retranché lors des deux premiers affrontements contre Toronto, mais il est un élément important depuis. Il a rejoint les Canadiens le 29 mars après avoir gagné le trophée Hobey Baker, remis au meilleur joueur de la NCAA, et c'est lui qui a mis la table pour le but vainqueur de Toffoli dans le match no 4 contre les Jets.
« On peut voir qu'il a du plaisir et qu'il en profite, a remarqué Lafleur. Il est passionné par le hockey. C'est tout ce qui compte. »
Comme la plupart des partisans, Lafleur a passé sous la loupe les décisions du directeur général Marc Bergevin. Les Canadiens ont mis Toffoli et l'attaquant Corey Perry sous contrat comme joueurs autonomes, puis ils ont acquis le défenseur Joel Edmundson, l'attaquant Josh Anderson et le joueur de centre Eric Staal dans des transactions, en plus de promouvoir Dominique Ducharme au poste d'entraîneur quand Claude Julien a été congédié.
« Je pense que Marc allait dans la bonne direction, a affirmé Lafleur. Tout a tourné presque parfaitement pour tout le monde. C'était un pari, mais il n'avait pas le choix. Tu arrives à un point où tu dois améliorer l'équipe et faire tout en ton pouvoir pour amener les meilleurs joueurs que tu peux trouver.
« Tout le monde sait que ce ne sont pas tous les joueurs qui veulent jouer à Montréal à cause de la pression, des impôts ou de n'importe quelle autre raison. Si tu perds, c'est un cauchemar. Mais si tu gagnes, c'est la meilleure ville au monde. Actuellement, c'est un bon endroit où jouer. Les partisans sont très positifs envers l'équipe, avec les jeunes qui jouent aussi bien. Nous avons tous hâte de voir ce qui va se produire ensuite contre Vegas ou le Colorado. »