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La rivalité Bruins-Canadiens ne vieillit pas

Les nouveaux venus de chaque côté goûteront à l'intensité particulière des matchs pour la première fois

par Arpon Basu et Amalie Benjamin @ArponBasu @amaliebenjamin / Journalistes LNH.com

P.K. Subban n'est plus là, Milan Lucic non plus. Dale Weise a quitté.

Il y a de nouveaux noms dans le dos des chandails. Des recrues ont été ajoutées et des vétérans ont été embauchés.

Étant donné tous les changements qui sont survenus, l'atmosphère pourrait être un peu différente au TD Garden, samedi soir, quand les Bruins de Boston et les Canadiens de Montréal s'affronteront pour la première fois cette saison (19h HE ; TVA Sports, CITY, NESN, NHL.TV) à l'occasion du plus récent chapitre de ce qui constitue peut-être la plus forte rivalité dans la LNH. C'est une nouvelle ère, empreinte peut-être d'un ton adouci, où on a délaissé un peu les vieilles rancunes et où la haine n'est plus aussi naturelle qu'avant.

« Je crois que les équipes et les villes seront toujours des rivales, a affirmé l'attaquant des Bruins Brad Marchand. Nos partisans vont toujours détester les partisans de Montréal. Une équipe va toujours détester l'autre équipe. Mais l'élément-clé d'une rivalité, je pense, c'est au niveau des joueurs que ça se passe.

« Il y a de la tension entre certains joueurs. Des choses arrivent pendant les séries et durant la saison, et quand ces gars-là quittent, ces rivalités personnelles, ces tensions, elles s'en vont en même temps que les joueurs. C'est sûr que ça change d'une saison à l'autre ; mais en même temps, les rivalités, l'histoire qu'il y a derrière, ça va toujours rester. »

Mais pour le moment, peut-être que cette rivalité ne s'exprimera pas exactement de la même façon.

« Je ne sais pas si ça va continuer comme ça mais ç'a été, je vais utiliser le mot… Ç'a été un peu plus 'civilisé' ces dernières années, il n'y a pas eu autant de distractions que par le passé », a noté l'entraîneur des Bruins Claude Julien, qui s'est retrouvé derrière le banc de chacune des deux équipes durant sa carrière.

« Je pense qu'il y a encore beaucoup de haine entre les deux organisations quand elles s'affrontent. Mais je pense qu'en ce moment, compte tenu de la façon dont le hockey évolue et de ce qui finit par arriver dans les matchs, avec des pénalités qui peuvent nous coûter la victoire, les deux équipes sont un peu plus prudentes à ce niveau-là. »

Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'intensité. C'est tout simplement la nature de cette intensité qui a changé.

Mais quand ces deux équipes s'affrontent, on est toujours à un jeu près de créer l'étincelle qui pourrait mettre le feu aux poudres. Oui, il y a eu tous ces joueurs qui ont quitté, mais il y a aussi de nouveaux visages qui pourraient alimenter le feu qui couve.

Les Canadiens ne vont jamais le reconnaître directement, mais une des raisons qui ont incité le directeur général Marc Bergevin à obtenir les services de l'attaquant Andrew Shaw des Blackhawks de Chicago en retour de deux choix de deuxième tour lors du repêchage 2016 de la LNH, le 24 juin dernier, c'est pour le rôle de premier plan qu'il pourrait jouer dans le cadre de cette rivalité - du moins indirectement.

Bergevin est allé chercher Shaw afin que les Canadiens deviennent une équipe plus difficile à affronter, afin qu'il fasse preuve de leadership et apporte une mentalité gagnante au sein de l'équipe après avoir remporté la Coupe Stanley deux fois avec Chicago. Ce serait injuste de résumer tout ce que Shaw fait en quelques mots, mais il est un agitateur de premier plan, un Brad Marchand des pauvres, si vous voulez.

La présence de Shaw, jumelée à celle de Brendan Gallagher, permet aux Canadiens de miser sur deux attaquants au sein de trios différents qui ont le don d'enrager leurs opposants. L'un ou l'autre sera sur la patinoire pendant plus de la moitié du match. Ajoutez Marchand comme ingrédient et vous avez là une recette potentiellement explosive.

Et puis il y a Shea Weber, qui s'est amené à Montréal dans la transaction qui a envoyé Subban chez les Predators de Nashville. L'équipe a fait son acquisition pour plusieurs des mêmes raisons que Shaw, et le style robuste que Weber préconise semble cadrer parfaitement avec cette rivalité.

Les Canadiens et les Bruins alignent d'autres joueurs qui goûteront pour la première fois à ce genre d'affrontement, notamment Phillip Danault, un Québécois qui a grandi en regardant les duels Bruins-Canadiens et qui reconnaît que la rivalité n'est plus ce qu'elle était.

« [Zdeno] Chara à l'époque était pesant, vous savez, il frappait tout le monde… et ils faisaient peur, a souligné Danault. Ils avaient aussi Lucic, alors ces gars-là formaient une équipe de durs, qui était dure à affronter. Ç'a changé maintenant, mais ils sont encore bons et j'ai hâte de les affronter. »

Mais s'il y a eu un joueur qui a eu un impact sur cette rivalité plus que quiconque, plus que Subban, plus que Lucic, c'est le gardien des Canadiens Carey Price.

Price a une fiche de 22-8-3 en saison régulière contre les Bruins, avec une moyenne de buts alloués par match de 2,37 et un pourcentage d'arrêts de ,923. Il a pris part à un match contre les Bruins la saison dernière, Montréal l'emportant alors 4-2 à Boston le 10 octobre, mais il a raté les autres affrontements parce qu'il était blessé.

Price est en santé après s'être remis d'une entorse ligamentaire au genou qui l'a privé de tous les matchs de la saison 2015-16 sauf 12, ainsi que d'une forte grippe qui a retardé son début de saison.

« P.K. Subban est celui que les partisans détestaient le plus, c'est sûr, a déclaré Marchand. Mais Carey Price est plus efficace dans ce qu'il fait. Il remporte des matchs. C'est ce que tu détestes quand tu l'affrontes. Quand nous disputons un match parmi 82, nous ne nous préoccupons pas tellement de P.K. Il fait son boulot, c'est un bon joueur, mais Price est celui qui peut faire gagner un match à lui seul. Le joueur que nous cherchons le plus à déranger afin d'en venir à bout, c'est lui. »

Les Bruins se préoccupent aussi des Canadiens dans leur ensemble. Ils veulent les vaincre, ce qui est là quelque chose qu'ils n'ont pas fait assez souvent à leur goût au cours des dernières saisons.

Après que Boston eut signé cinq victoires de suite en saison régulière contre Montréal à compter du 21 novembre 2011, les Canadiens ont remporté 12 des 13 affrontements suivants. Les Bruins ont eu le dessus deux fois sur trois depuis, en commençant avec un gain de 3-1 le 9 décembre 2015.

Les Bruins espèrent poursuivre dans la même veine. Les Canadiens, eux, espèrent reprendre le dessus.

Dans ce contexte, il y a toujours une chance qu'une étincelle vienne raviver le feu.

L'attaquant des Bruins David Backes sera prêt si ça arrive. L'ancien capitaine des Blues de St. Louis en connaît un petit bout sur les rivalités. Comme il l'a dit, certains des matchs contre les Blackhawks de Chicago se sont avérés « plutôt mouvementés ». Mais il n'a jamais vu un match Bruins-Canadiens en personne, peu importe l'époque. Il est prêt à vivre l'expérience, à y participer, et peut-être à contribuer à l'écriture d'un nouveau chapitre.

« J'ai tellement hâte à samedi, a dit Backes. Ce sera la première fois que je vais y goûter. Je peux imaginer à quel point ça va être émotif et incroyable, et nous allons adorer jouer dans ce contexte. Nous allons adorer chaque moment de notre combat sans relâche pour aller chercher les deux points face à un grand rival. »

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