Keith Yandle 1.23

Keith Yandle considère que la chance et l'amour de son sport sont les principales raisons qui font en sorte qu'il est sur le point de devenir le nouvel homme de fer de la LNH.

Le défenseur disputera un 964e match consécutif en saison régulière, égalant le record appartenant à Doug Jarvis, lorsqu'il effectuera sa première présence sur la patinoire contre les Stars de Dallas au Wells Fargo Center lundi (19 h HE; NBCSP, BSSW, ESPN+, NHL LIVE). Yandle pourrait devancer Jarvis dès le lendemain lorsque les Flyers de Philadelphie affronteront les Islanders de New York au UBS Arena.
« C'est une question d'amour pour le hockey et de plaisir, a mentionné Yandle. En fin de compte, nous avons la chance de pratiquer un sport auquel nous rêvions tous de jouer quand nous étions jeunes. »
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Jarvis détient le record depuis le 26 décembre 1986, quand il avait disputé un 915e match consécutif pour battre la marque précédente de Garry Unger.
« Je trouve que c'est génial, a lancé Jarvis. Je souhaite que chaque joueur ait la capacité de jouer au hockey sans être blessé. […] Il faut lui rendre crédit, je suis heureux qu'il ait été en mesure de faire carrière de la sorte. »
Yandle s'est avéré une présence constante pour quatre équipes en 14 saisons dans la LNH depuis que sa séquence s'est entamée le 26 mars 2009. Il a eu une influence positive sur de nombreux coéquipiers et entraîneurs, dont le centre des Flyers Kevin Hayes, avec qui il a aussi été coéquipier chez les Rangers de New York en 2014-15.
« Il est un de mes coéquipiers favoris parmi tous ceux avec qui j'ai joué, a commenté Hayes. Il est un humain terre à terre qui comprend ce qu'est le travail acharné et une personne remarquable sur la glace comme en dehors. Tu sais exactement à quoi t'en tenir avec lui. »
Le défenseur des Canucks de Vancouver Oliver Ekman-Larsson était une recrue avec les Coyotes de Phoenix en 2010-11 quand Yandle en était à la troisième saison de sa séquence. Il soutient que la présence et la personnalité de Yandle ont facilité sa transition dans la LNH.
« J'étais nerveux d'être entouré de gars plus vieux que moi, de gars que j'avais admirés. Keith me parlait tous les jours et me faisait sentir le bienvenu, a raconté Ekman-Larsson. Ç'a été d'une grande aide pour moi et je dois l'en remercier. […] Il était toujours positif et jamais de mauvaise humeur. Peut-être à l'occasion après quelques matchs ou après un mauvais revirement, mais vraiment pas souvent. »
Yandle a connu plus de bons matchs que de mauvais durant sa séquence. Ses 479 passes le placent au deuxième rang chez les défenseurs depuis le début de celle-ci (Erik Karlsson, 500) et ses 572 points sont bons pour le troisième rang (Karlsson, 651; Brent Burns, 633). Il a récolté 13 mentions d'aide en 41 matchs cette saison. Dans les 12 saisons complètes au cours de la séquence (2009-10 à 2020-21), Yandle a amassé au moins 40 points à 10 reprises, un sommet chez les défenseurs. Il a inscrit 62 points (neuf buts, 53 passes), un sommet personnel, avec les Panthers de la Floride en 2018-19.
« 'Yands' était un joueur plaisant à diriger parce qu'il est tellement un bon gars », a dit l'entraîneur des Sharks de San Jose Bob Boughner, qui dirigeait les Panthers cette saison-là. « Il aime se retrouver à l'aréna chaque jour et être avec ses coéquipiers. […] Je ne connais pas beaucoup de gars qui ont joué avec Keith qui ne diraient pas la même chose. Il est un super bon gars et il aime le hockey. »
L'éthique de travail de Yandle lui vient de ses parents. Son père, Bud, était camionneur de nuit pour Federal Express de Boston à Newark, au New Jersey. Sa mère, Patti, travaillait comme trieuse pour la même compagnie.
« Ils ont modelé la façon dont nous allions nous comporter dès notre enfance, a dit Yandle. Nous les voyions aller travailler chaque jour, revenir fatigués et répéter le tout au quotidien pendant 40 ans. Quand tu es jeune et que tu vois tes parents travailler de la sorte et faire tout en leurs moyens pour améliorer ta vie, c'est inspirant. »
Yandle aurait certainement eu des excuses pour rater des rencontres. Jouer chaque match pendant 14 saisons, c'est dur sur le corps d'une personne.
« Les joueurs de hockey sont comme ça, a-t-il laissé tomber. Tu tentes de jouer dans les limites de la douleur qu'il est possible d'endurer. Durant la saison, je ne pense pas qu'il y a beaucoup de gars qui sont à 100 pour cent. Il y a évidemment quelques matchs où je ne me sentais pas au sommet de ma forme et c'était difficile de jouer. Tu essaies simplement de passer au travers et d'aider ton équipe. »

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Le 23 novembre 2019, Yandle a été atteint au visage par la rondelle sur un dégagement du défenseur des Hurricanes de la Caroline Brett Pesce. Malgré une fracture de la mâchoire et neuf dents brisées, Yandle était de la formation le lendemain et il a été utilisé 23:38 minutes, un sommet chez les Panthers dans un match contre les Sabres de Buffalo.
« C'était compliqué de jouer avec la grille complète, s'est souvenu Yandle. Je me souviens d'avoir parlé à Bobby Orr après ce match. Il assistait à ce match en Floride et il m'avait dit : "Je ne comprends pas, si tu peux patiner, tu peux jouer". […] Quand une légende comme lui te dit quelque chose comme ça, tu te la fermes et tu joues. »
À d'autres occasions, ce sont ses propres coéquipiers qui ont presque mis fin à sa séquence.
« J'ai lancé au filet alors qu'il se dirigeait dans l'enclave et je l'ai atteint à la cheville. Il a bien failli rater un match à cause de cela », a raconté le défenseur des Panthers Aaron Ekblad à propos d'un duel contre les Bruins de Boston le 5 décembre 2016.
Selon Yandle, il s'agit de la fois où il est passé le plus près de rater un match.
« La douleur était insupportable, a-t-il admis. Ce soir-là, j'étais dans ma chambre d'hôtel avec deux des thérapeutes sportifs à travailler pour simplement être capable de bouger ma cheville jusqu'à 2 ou 3 heures du matin. Quand je me suis réveillé, j'étais capable de la bouger un petit peu. Après avoir enfilé ma botte, je me suis dit que ça allait être correct pour jouer. »
Il a été « correct pour jouer » pendant 23:57, un sommet chez les défenseurs des Panthers, dans une défaite de 3-2 en prolongation contre les Flyers le jour suivant.
La saison dernière, la séquence aurait pu prendre fin lorsque l'entraîneur Joel Quenneville avait laissé entendre que Yandle allait être laissé de côté pour le match d'ouverture de la saison des Panthers. Mais Quenneville a changé d'idée après l'entraînement de la veille. Yandle a répondu en inscrivant son 100e but en carrière dans une victoire de 5-2 contre les Blackhawks de Chicago.
« Tu veux être là chaque jour avec tes coéquipiers, et je considère que j'ai été chanceux, a soutenu Yandle. J'aime me rendre à l'aréna, que ce soit pour un entraînement ou un match. J'aime être ici avec les gars. »
Les Flyers (13-20-8) connaissent des difficultés cette saison. Ils occupent le dernier rang de la section Métropolitaine et ils ont perdu leurs 11 derniers matchs (0-8-3). Mais à l'âge de 35 ans, à l'approche du record, Yandle assure qu'il n'a pas perdu la passion.
« Je me souviens que Ray Whitney (un ancien attaquant de la LNH) m'a dit, quand j'étais plus jeune, que tant et aussi longtemps qu'il y a un logo de la LNH sur ton chandail, ça signifie que tu passes une bonne journée, a-t-il dit. Nous jouons dans la meilleure ligue au monde avec les meilleurs joueurs. C'est vraiment une chance inouïe de pouvoir enfiler un chandail de la LNH au quotidien. »