Comme pour Montréal, avec son histoire, sa langue française et ses airs d'Europe, ou Nashville, avec sa musique et son look country, ou encore Vegas, avec son sens du spectacle et sa 'Strip', Seattle a une identité forte.
En empruntant le monorail, il est possible de débarquer au pied de la Space Needle au milieu du Seattle Center, le parc de l'Exposition universelle de 1962, un site de 74 acres où plusieurs attractions culturelles ont été construites. En se rendant à l'aréna, on entend les musiciens de rue chanter.
Et cet aréna est tout sauf un modèle typique des amphithéâtres qui ont été construits dans les dernières décennies. On a réussi à conserver le toit en forme de pyramide du Seattle Center Coliseum, qui avait ouvert ses portes en 1962 et qui a été rebaptisé le KeyArena en 1994. Mais sous ce toit, tout est nouveau.
Afin de protéger ce monument historique, les travailleurs de la construction ont dû suspendre les 22 000 tonnes du toit sur des piliers, démolir tout ce qui se retrouvait en dessous, excaver 520 000 mètres cubes de terre, puis construire un tout nouvel aréna de 70 000 mètres carrés avant de replacer le toit sur le nouvel amphithéâtre. Le toit permet de récupérer l'eau de pluie afin de fabriquer la glace.
Ainsi, la majorité des spectateurs se retrouvent assis sous le niveau du sol. Mais lorsqu'on descend les marches, on se sent plutôt sous le niveau de la mer, en particulier avec les écrans de télévision qui diffusent des images du fond de l'océan. On a l'impression de plonger dans les profondeurs de la mer, l'habitat naturel du Kraken.
Une fois assis avec les partisans, on constate déjà qu'ils sont aussi passionnés pour le Kraken qu'ils le sont pour les autres équipes de sport de Seattle. Le président et chef de la direction du Kraken Tod Leiweke a annoncé avant même le début du match que l'équipe allait
retirer le numéro 32
en l'honneur de leurs partisans.
« Seattle, nous avons réussi! », a lancé Leiweke à la foule.
La foule en était une de hockey. Elle a réagi à l'unisson en scandant « Gruuuu! » lorsque le gardien Philipp Grubauer a été présenté ou lorsqu'il a réalisé de gros arrêts, comme si la tradition existait depuis des années. Les bruyants chants « Let's go Kraken » ont aussi résonné à plusieurs reprises.
« J'adore ça! », a lancé Grubauer. « L'atmosphère était incroyable pour une première partie. Incroyable! »
Giordano estimait que cette foule se comparait déjà aux meilleures de la LNH. « Il n'y a pas eu beaucoup de moments où il y avait du silence. Honnêtement, il n'y en a pas eu. C'était électrique. »
Le Kraken a utilisé la thématique de Seattle toute la soirée. Ann Wilson, du groupe de Seattle Heart, a chanté l'hymne national américain, alors que le rappeur Macklemore a mis le feu à la foule. Des chansons d'artistes de Seattle se sont fait entendre, alors que des vedettes sportives comme Sue Bird, du Storm de la WNBA, et Russell Wilson des Seahawks de la NFL, ont fait des apparitions.