Kraken opener main fan

SEATTLE - Il s'en est fallu de peu pour que le tout premier match du Kraken de Seattle devant ses partisans se déroule à la perfection.

La folie s'est emparée de la foule de 17 151 partisans, une salle comble, lorsque le défenseur Mark Giordano, le premier capitaine de l'histoire de la concession, a décoché un tir du poignet du cercle gauche qui a trouvé le fond du filet pour donner au Kraken l'avance 2-1 avec 5:09 à faire en troisième période.
La sirène de bateau récupérée sur un ancien traversier de l'État de Washington s'est fait entendre. Puis, les haut-parleurs ont craché la chanson Lithium de Nirvana, avec la voix de Kurt Cobain criant « Yeah, yeah. Yeah, yeeaahhh! »
« C'est pourquoi ça fait mal, a souligné Giordano. On la voulait tellement celle-là. »

VAN@SEA: Giordano bat Demko du cercle gauche

Le Kraken a finalement plié l'échine 4-2 contre les Canucks de Vancouver, samedi, et on ne cherchait pas de positif à court terme dans le vestiaire. Sa fiche est maintenant de 1-4-1.
Mais à long terme, on a rapidement compris pourquoi la LNH avait décidé de prendre de l'expansion à Seattle.
« On peut sentir l'électricité dans l'air et dans la foule, a souligné Giordano. Tout le monde avait très hâte à ce match.
« Je pense que ça va être un aréna où il sera difficile de jouer. Si on joue avec ce type d'énergie, et que notre foule nous donne ce type d'énergie, ça va être un endroit où il sera difficile de se présenter et gagner des points. C'est quelque chose dont on doit être fiers alors qu'on regarde vers l'avant. »
Le commissaire de la LNH Gary Bettman a souvent répété que la Ligue analyse quatre critères lorsque vient le temps d'installer une concession dans une ville : le marché, l'aréna, le propriétaire et, ce qui est probablement le plus important, que cet ajout rende la LNH plus forte.
C'est mission accomplie pour le Kraken dans le cas de ces quatre critères.
« Nous sommes dans une superbe ville, une ville de sports, et on pense que la Ligue est plus en santé en étant présente ici », a souligné le commissaire Bettman.

Kraken opener arena

Comme pour Montréal, avec son histoire, sa langue française et ses airs d'Europe, ou Nashville, avec sa musique et son look country, ou encore Vegas, avec son sens du spectacle et sa 'Strip', Seattle a une identité forte.
En empruntant le monorail, il est possible de débarquer au pied de la Space Needle au milieu du Seattle Center, le parc de l'Exposition universelle de 1962, un site de 74 acres où plusieurs attractions culturelles ont été construites. En se rendant à l'aréna, on entend les musiciens de rue chanter.
Et cet aréna est tout sauf un modèle typique des amphithéâtres qui ont été construits dans les dernières décennies. On a réussi à conserver le toit en forme de pyramide du Seattle Center Coliseum, qui avait ouvert ses portes en 1962 et qui a été rebaptisé le KeyArena en 1994. Mais sous ce toit, tout est nouveau.
Afin de protéger ce monument historique, les travailleurs de la construction ont dû suspendre les 22 000 tonnes du toit sur des piliers, démolir tout ce qui se retrouvait en dessous, excaver 520 000 mètres cubes de terre, puis construire un tout nouvel aréna de 70 000 mètres carrés avant de replacer le toit sur le nouvel amphithéâtre. Le toit permet de récupérer l'eau de pluie afin de fabriquer la glace.
Ainsi, la majorité des spectateurs se retrouvent assis sous le niveau du sol. Mais lorsqu'on descend les marches, on se sent plutôt sous le niveau de la mer, en particulier avec les écrans de télévision qui diffusent des images du fond de l'océan. On a l'impression de plonger dans les profondeurs de la mer, l'habitat naturel du Kraken.
Une fois assis avec les partisans, on constate déjà qu'ils sont aussi passionnés pour le Kraken qu'ils le sont pour les autres équipes de sport de Seattle. Le président et chef de la direction du Kraken Tod Leiweke a annoncé avant même le début du match que l'équipe allait
retirer le numéro 32
en l'honneur de leurs partisans.
« Seattle, nous avons réussi! », a lancé Leiweke à la foule.
La foule en était une de hockey. Elle a réagi à l'unisson en scandant « Gruuuu! » lorsque le gardien Philipp Grubauer a été présenté ou lorsqu'il a réalisé de gros arrêts, comme si la tradition existait depuis des années. Les bruyants chants « Let's go Kraken » ont aussi résonné à plusieurs reprises.
« J'adore ça! », a lancé Grubauer. « L'atmosphère était incroyable pour une première partie. Incroyable! »
Giordano estimait que cette foule se comparait déjà aux meilleures de la LNH. « Il n'y a pas eu beaucoup de moments où il y avait du silence. Honnêtement, il n'y en a pas eu. C'était électrique. »
Le Kraken a utilisé la thématique de Seattle toute la soirée. Ann Wilson, du groupe de Seattle Heart, a chanté l'hymne national américain, alors que le rappeur Macklemore a mis le feu à la foule. Des chansons d'artistes de Seattle se sont fait entendre, alors que des vedettes sportives comme Sue Bird, du Storm de la WNBA, et Russell Wilson des Seahawks de la NFL, ont fait des apparitions.

Sue Bird Kraken

Tout avait été bien réfléchi, avec comme objectif de séduire la population locale.
« Ce qui compte, ce sont les partisans », a affirmé Jonny Greco, le vice-président senior de la présentation des matchs et du divertissement. Nous voulons remercier les gens qui ont permis à cette équipe de s'amener ici. On veut remercier la communauté.
« Ils attendent depuis longtemps. Ils étaient prêts, et nous voulons créer un environnement où ils auront du plaisir. »
Au final, c'est pour eux que le Kraken voulait gagner.
« C'était génial, a exprimé l'entraîneur-chef Dave Hakstol. L'atmosphère était incroyable. Ce que nous voulions le plus, c'est de les récompenser avec une victoire ce soir. Ça laisse donc un goût amer de quitter la patinoire de la sorte. C'est dommage, parce que le reste de la soirée a été incroyable. »