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Glenn Hall, un membre du Temple de la renommée du hockey dont la séquence de 502 départs consécutifs par un gardien fait partie des records intouchables du sport professionnel, est décédé mercredi dans un hôpital de Stony Plain, en Alberta, avec sa famille à ses côtés. Il était âgé de 94 ans.

Hall a passé 10 de ses 18 saisons dans la LNH avec les Black Hawks de Chicago, avec qui il a remporté la Coupe Stanley en 1961 et mérité le surnom de Mr Goalie (M. Gardien). Il a terminé sa carrière dans la LNH avec une fiche de 407-326-164, une moyenne de buts alloués de 2,50 et 84 blanchissages.

Plusieurs de ses grands moments en carrière sont survenus après qu’il eut été légèrement malade en raison de la fébrilité qu’il éprouvait avant un match.

« J’ai toujours trouvé que je jouais mieux si j’étais littéralement malade avant un match », a-t-il déjà dit, même si les histoires à ce sujet étaient souvent exagérées. « Si je n’étais pas malade, je considérais que je n’avais pas tout fait pour tenter de gagner. »

Né le 3 octobre 1931 à Humboldt, en Saskatchewan, où sa carrière dans le hockey mineur l’a conduit avec les Spitfires de Windsor dans les rangs juniors majeurs de 1949 à 1951, Hall passé la majeure partie de quatre saisons dans les ligues mineures.

Il a joué avec les Capitals d’Indianapolis (1951-52) et les Flyers d’Edmonton (1952 à 1955) avant de devenir le gardien partant des Red Wings de Detroit lors de la saison 1955-56, après que Terry Sawchuk eut été échangé aux Bruins de Boston.

Hall a fait ses débuts dans la LNH contre les Canadiens au Forum de Montréal le 27 décembre 1952, rappelé d’urgence des Flyers d’Edmonton, dans la Ligue de hockey de l’Ouest, après la pause de Noël.

Chez lui à Humboldt, Hall avait reçu un télégramme du directeur général des Flyers Bud Poile.

« J’ai essayé de t’appeler, disait le message de Poile. Tu dois prendre le vol no 10 à Saskatoon à 3h45 du matin en direction de Montréal le 26 décembre. Sawchuk est blessé, et Detroit te rappelle. Je m’arrangerai pour que ton équipement soit dans l’avion. »

Hall a mis le télégramme dans son sac et fait la route de 112 kilomètres qui sépare Humboldt de Saskatoon.

Pour une raison ou une autre, son équipement n’a jamais suivi. Hall est débarqué au Forum quelques heures avant le match disputé à 20h15, cherchant désespérément son sac de hockey.

Le thérapeute des Red Wings Ross “Lefty” Wilson avait l’habitude d’aller devant le filet lors des entraînements pour donner une pause à Sawchuk. C’est donc vers lui que Hall s’est tourné ce soir-là à Montréal. Malgré un équipement emprunté, Hall a été excellent dans un match nul de 2-2. Il a joué cinq autres matchs (4-0-1) avant que Sawchuk ne revienne au jeu et que Hall retourne dans les mineures.

Hall a terminé sa saison recrue en 1955-56 avec un pourcentage d’arrêts de ,925, une moyenne de buts alloués de 2,10 et 12 blanchissages, remportant le trophée Calder à titre de recrue de l’année dans la LNH.

Mais après une saison de 38 victoires en 1956-57, Hall a été échangé aux Black Hawks avec la vedette des Red Wings Ted Lindsay, le 23 juillet 1957, en retour du gardien Hank Bassen et des patineurs Johnny Wilson, Forbes Kennedy et Bill Preston.

À ce moment-là, Hall avait amorcé et terminé 140 matchs consécutifs de saison régulière. Il n’a pas raté une seule seconde d’action durant ses cinq premières saisons avec Chicago. Il a conduit les Black Hawks à la Coupe Stanley en 1961, mettant fin à la séquence de cinq championnats consécutifs des Canadiens.

Sa séquence de départs a duré jusqu’à ce que des problèmes au dos le forcent à quitter un match le 7 novembre 1962 et à rater la rencontre suivante de Chicago, le 10 novembre.

Aussi fou que ça puisse paraître, Hall a réussi cette séquence sans jamais porter un masque. Il en a seulement porté un à la fin de sa carrière avec les Blues de St. Louis.

« Notre première priorité était de demeurer en vie », a-t-il raconté au Sports Illustrated en 1992. « La deuxième était de stopper la rondelle. »

Hall a été le premier gardien à véritablement employer le style papillon, qui est devenu le standard quelques années plus tard lorsqu’il a été peaufiné par Tony Esposito et Patrick Roy, entre autres. Il se jetait sur les genoux, étendait ses jambières pour couvrir le bas du filet et se fiait à sa mitaine et son bouclier pour stopper les tirs hauts.

Hall avait 35 ans lorsque les Black Hawks l’ont rendu disponible pour le repêchage d’expansion de 1967. Finalement choisi par les Blues, il a aidé l’équipe à se qualifier pour la finale de la Coupe Stanley dès sa première année d’existence.

Même si les Canadiens ont balayé cette série finale, Hall a remporté le trophée Conn Smythe du joueur par excellence des séries éliminatoires. Il devenait ainsi le deuxième joueur d’une équipe perdante à remporter l’honneur après Roger Crozier des Red Wings, en 1966.

Jacques Plante et lui ont ensuite permis aux Blues de participer à deux autres finales. En 1969, il a mis la main pour une troisième fois sur le trophée Vézina – conjointement avec Plante.

Hall a accroché ses jambières après une saison 1970-71 où il a présenté une fiche de 13-11-8. Il détient encore à ce jour le record chez les gardiens de la LNH avec un total de sept nominations au sein de la première équipe d’étoiles.

Après sa carrière de joueur, Hall a passé la majeure partie de son temps à sa ferme de Stony Plain, qu’il a achetée en 1965. L’aréna de la ville a été nommé en son honneur lors de la célébration du centenaire du Canada en 1967.

Intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1975, son nom est gravé sur la Coupe Stanley trois fois : en 1951-52 (même s’il n’a pas disputé un seul match cette saison-là, à titre de gardien d’entraînement occasionnel avec Detroit), alors que son nom a été incorrectement écrit Glin Hall, avant d’être modifié pour Glen Hall, avec un « n » en moins, avec Chicago en 1960-61, puis en 1988-89 avec les Flames de Calgary, avec qui il occupait les fonctions de consultant pour les gardiens.

Hall a été honoré par Postes Canada en 2002 avec un timbre et un médaillon, et a été choisi parmi les 100 meilleurs joueurs de l’histoire de la LNH dans le cadre du centenaire de la ligue en 2017. En 2023, il a été élu au Temple de la renommée des Blues de St. Louis. L’histoire de sa vie a été racontée récemment dans le documentaire primé « Mr. Goalie », qui a été diffusé pour la première fois en octobre à Windsor, en Ontario, où il a disputé son hockey junior.