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Cristobal Huet, de Grenoble à la Coupe Stanley

Le gardien français a disputé un dernier match en carrière samedi en Suisse, après avoir inspiré ses compatriotes avec son passage dans la LNH

par Laurent Antonioli / Collaborateur LNH.com

Lorsque la cloche finale a retenti au Malley 2.0, le domicile du Lausanne HC, samedi vers 22h10, Cristobal Huet savait que c'était la fin. La fin d'une longue aventure, mais surtout la fin d'un chapitre de sa vie qu'il a d'ailleurs conclu sur une note victorieuse.

Après 24 saisons passées dans les plus hautes sphères du hockey français et d'Amérique du Nord, le rideau est tombé sur une fantastique carrière, avec beaucoup d'émotions et quelques larmes.

« Ça a été un moment très fort émotionnellement parlant. Toute ma famille et mes amis étaient là. L'ambiance était exceptionnelle, explique-t-il. Lors de la cérémonie d'après-match, j'ai vu aussi mon petit craquer. Du coup, j'ai aussi craqué. » 

Le gardien de 42 ans a mis fin à Lausanne, en Suisse, à un parcours qui s'est amorcé, il y a plus de 20 ans, à quelques centaines de kilomètres de là, à Grenoble, en France. Trônant au sommet de son palmarès, il y a notamment cette Coupe Stanley remportée avec les Blackhawks de Chicago en 2010.

Et dire que Huet est devenu gardien complètement par hasard.

Plus jeune, l'équipe des Brûleurs de Loups de Grenoble dans laquelle il évoluait n'avait tout simplement pas de dernier rempart. Il a donc enfilé les jambières, et ça lui a plu.

Rien ne le destinait alors à soulever la Coupe Stanley, quelques années plus tard.

Avant de remporter le championnat de la ligue la plus importante au monde, le Français a connu un parcours exceptionnel. Tout d'abord, après avoir été déterminant avec Grenoble, son club formateur, il a franchi une première étape en rejoignant à 22 ans le championnat de Suisse et le HC Lugano. 

« Cela a été une étape très importante pour moi, s'est remémoré Huet. À Lugano, j'étais l'un des étrangers de l'équipe. La pression du résultat était sur mes épaules. Je me devais d'amener un plus à l'équipe. J'avais aussi pour la première fois un vrai entraîneur des gardiens. J'ai beaucoup progressé techniquement et mentalement. Cela m'a beaucoup aidé pour aller ensuite en Amérique du Nord. » 

Deux ans après avoir décroché le titre de champion de Suisse en 1999, Huet a été sélectionné au 214e rang au total par les Kings de Los Angeles, au repêchage 2001 de la LNH.

« On ne m'a prévenu que le lendemain que j'avais été repêché », a confié le gardien tricolore.

C'est en 2002 qu'Huet a fait le grand saut en Amérique du Nord en rejoignant la formation californienne pour devenir le deuxième Français à jouer dans la LNH après Philippe Bozon (de 1991 à 1995 avec les Blues de St. Louis).

Le séjour montréalais

Après deux saisons passées avec les Kings, le Grenoblois est échangé aux Canadiens de Montréal en juin 2004 en retour notamment du gardien québécois Mathieu Garon.

« Cela a été trois saisons magnifiques pour moi là-bas. Jouer pour les Canadiens en tant que francophone, ça a été quelque chose de fabuleux. Les partisans ont été extraordinaires avec moi. Ils se sont pris d'affection pour le Cousin », a-t-il dit en rigolant. 

La Marseillaise a même été chantée et reprise en cœur par le public du Centre Bell. En 2007, il a également représenté l'organisation montréalaise au Match des étoiles, devenant le premier Français à y participer.

Coupe Stanley et tour Eiffel

Après le Québec, Cristobal Huet a rejoint la capitale américaine et les Capitals de Washington, puis les Blackhawks de Chicago. Et, en 2010, il a vécu le rêve de tout hockeyeur : remporter la Coupe Stanley.

Après des débuts encourageants avec la concession de l'Illinois, il a connu une deuxième campagne un peu particulière. S'il a commencé la saison comme numéro un, au fil des mois, Antti Niemi a gagné la confiance de l'entraîneur Joel Quenneville pour devenir le gardien partant lors des séries éliminatoires. 

« Forcément, ça n'a pas été une situation facile pour moi, a admis Huet. Mais je me suis mis au service de l'équipe. J'ai tout de suite senti qu'il y avait un coup à faire. J'ai donc tout fait pour aider mes coéquipiers à gagner le championnat. » 

En Finale de la Coupe Stanley, Chicago s'est défait des Flyers de Philadelphie en six matchs, et Huet est devenu le premier joueur tricolore à voir son nom gravé sur la Coupe Stanley.

Video: Huet rapporte la Coupe Stanley en France

Grâce à cette victoire, l'Isérois a eu la chance de pouvoir promouvoir le hockey sur glace dans son pays. Comme chaque lauréat, il a pu profiter pendant quelques jours du trophée. Il l'a tout d'abord amené en Isère, chez lui, avant de lui faire voir Paris. 

« J'en ai profité, dans un premier temps, avec mes amis à Grenoble. Puis je suis allé avec la Coupe Stanley à la tour Eiffel. C'est très symbolique pour moi et pour l'image de mon sport en France. »

Dans les années 1990, Philippe Bozon avait certes été un précurseur dans la LNH pour le hockey français. 

Mais, grâce à son brillant parcours (sept saisons au total dans la LNH), Huet, qui a pris part à treize championnats du monde et deux Jeux olympiques avec les Bleus, a sans doute décomplexé les joueurs bleu-blanc-rouge.

Pour preuve cette saison, trois Français évoluent dans la LNH : Antoine Roussel avec les Stars Dallas, Pierre-Edouard Bellemare avec les Golden Knights de Vegas et Yohann Auvitu avec les Oilers d'Edmonton.

Tweet from @bellsy78: Bonne retraite sportive mon Toto @cristohuet !Le plus grand joueur mais surtout le plus grand exemple du hockey Fran��ais! ��go��stement triste que tu t'arr��tes mais tellement content d'avoir pu jouer et apprendre �� tes c��t��s!!!#Respect pic.twitter.com/5IEsgMxcPy

Tous des joueurs qui, au final, doivent une petite parcelle de leur carrière au grand Cristo.

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