Nazem Kadri connaît une chose ou deux sur le hockey en plein air.
L’attaquant disputera son cinquième match extérieur dans la LNH lorsque les Flames de Calgary affronteront les Oilers d’Edmonton dans le cadre de la Classique héritage 2023 Tim Hortons au Commonwealth Stadium d’Edmonton, dimanche (19 h HE; SN, TVAS, TBS, Max).
Seulement sept autres joueurs en ont joué plus que lui : sept pour James van Riemsdyk, et six pour Sidney Crosby, Patrick Kane, Duncan Keith, Evgeni Malkin, Brent Seabrook et Jonathan Toews. (Sept joueurs en ont joué cinq.)
« C’est plutôt 'cool', a lancé Kadri, 33 ans. Ça me fait sentir un peu vieux, mais je vais le prendre. C’est toujours un plaisir de jouer un match de cette envergure et de profiter de ce type d’événement unique. »
Peu importe le nombre de matchs extérieurs que tu joues, chaque partie est différente et particulière, et Kadri le sait peut-être mieux que quiconque. Il a joué devant la plus grande foule pour un match de la LNH et devant la plus petite; dans des stades et sur un terrain de golf près d’un lac; dans le froid et la neige et dans des températures venteuses et ensoleillées.
Il soutient que sa préférée a probablement été sa première. Il portait alors les couleurs des Maple Leafs de Toronto dans une victoire de 3-2 en tirs de barrage contre les Red Wings de Detroit pour la Classique hivernale du 1er janvier 2014. Il neigeait et le thermomètre affichait -10 degrés Celsius lors de la mise au jeu initiale. Une foule record de 105 491 spectateurs remplissait le Michigan Stadium d’Ann Arbor, au Michigan, alors que le rouge et le bleu tapissaient les gradins.
« Deux des six équipes originales, a fait remarquer Kadri. Je pense que celle-là comportait beaucoup de tradition et d’histoire. Ç’avait une grande signification pour les deux équipes, et le dénouement a été incroyable. Il y avait plus de 100 000 partisans, ce qui n’arrivera peut-être plus jamais. C’était vraiment 'cool'. »
Kadri faisait également partie de l’équipe des Maple Leafs pour la Classique du centenaire de la LNH, le 1er janvier 2017, un match perdu 5-4 en prolongation contre les Red Wings. Il faisait 3 degrés Celsius lors de la mise au jeu, et 40 148 spectateurs étaient présents au Exhibition Stadium de Toronto.
Kadri a marqué un but pour les Maple Leafs dans un revers de 5-2 aux mains des Capitals de Washington lors de la Série des stades, le 3 mars 2018. Le vent était un facteur pour ce duel en plein air, et le thermomètre affichait 6 degrés Celsius pour les joueurs et les 29 519 partisans au Navy-Marine Corps Memorial Stadium à Annapolis, au Maryland.
Puis, il y a eu l’événement 'La LNH dehors à Lake Tahoe', le 20 février 2021. En pleine pandémie, la Ligue a organisé pour la télévision deux matchs extérieurs sans aucun partisan sur un terrain de golf à Stateline, au Nevada. Kadri évoluait avec l’Avalanche du Colorado pour le premier duel, une victoire de 3-2 face aux Golden Knights de Vegas. Il faisait 1 degré Celsius à midi, heure locale, mais la partie a été retardée en raison du soleil après la première période. L’action a repris à 21 h.
« C’est toujours une aventure amusante les destinations extérieures, et ce l’est encore plus en raison de tout ce qui entoure ces matchs, a dit Kadri. Une fois que la rondelle est déposée sur la glace, on a l’impression qu’il s’agit d’un match comme un autre, mis à part qu’il faut se battre avec le vent, le soleil et les conditions météorologiques. Mais oui, c’est génial. »
Dimanche, ce sera le 20e anniversaire du premier match extérieur de l’ère moderne de la LNH. Le 22 novembre 2003, les Canadiens de Montréal avaient vaincu les Oilers 4-3 devant 57 167 spectateurs dans le même stade où les Flames et les Oilers croiseront le fer.
La Classique héritage célèbre les racines du hockey en plein air au Canada, plus particulièrement. En ayant grandi à London, en Ontario, Kadri a fait comme tellement d’autres jeunes Canadiens. Il avait une patinoire dans sa cour. Quelques-uns de ses amis avaient leur propre patinoire avec des bandes, des filets protecteurs, etc.
« Ils mettaient même de la peinture sur la glace, a raconté Kadri. Ça ne ressemblait pas à du Picasso, loin de là. C’était plus symbolique qu'autre chose. Ça rendait le tout encore plus spécial. Je n’oublierai jamais ça. »
C’était tout aussi génial que le hockey peut l’être.
« Nous jouions toujours des matchs enlevants et nous buvions ensuite un chocolat chaud, a poursuivi Kadri. Tu parlais de la maison où tu irais la semaine suivante en guise de planification, et on prévoyait les équipes et le format. Ces matchs extérieurs nous permettent de replonger dans nos souvenirs et de nous sentir comme quand nous étions enfants. »
Il s’agira également d’un premier match extérieur pour la bataille de l’Alberta et de la plus grande foule à pouvoir assister en vrai à cette rivalité.
« C’est épique, a dit Kadri. Il y a évidemment beaucoup d’histoire et de tradition, c’est toujours une bonne recette pour une rivalité. Les deux équipes sont également compétitives, alors ça ajoute de l’huile sur le feu. Le moment est propice pour la bataille de l’Alberta. »
Les Flames adoreraient gagner à Edmonton. Ils se sont inclinés en cinq matchs en deuxième ronde des séries éliminatoires de 2022 contre les Oilers, puis ont montré une fiche de 1-2-0 contre eux la saison dernière avant de rater les séries par deux points.
Kadri affiche un dossier 3-1-0 en matchs extérieurs dans la LNH. Les prévisions annoncent un ciel partiellement nuageux et un maximum de 3 degrés Celsius, dimanche.
« Continuons dans la bonne voie, a-t-il conclu. Espérons que la température sera clémente, que nous aurons une belle journée et que nous pourrons avoir du plaisir. »


















