Cinq questions avec… Mark Giordano
Le capitaine des Flames discute de son avenir dans la LNH à 37 ans et des aléas d'une saison morte bien différente

La plus récente édition met en vedette Mark Giordano, capitaine des Flames de Calgary depuis 2013-14 et gagnant du trophée Norris remis au meilleur défenseur de la LNH en 2018-19. Giordano a aussi remporté le trophée Mark Messier en 2019-20, remis au joueur qui représente le mieux les qualités de leadership au sein de son équipe, sur la glace comme en dehors, pendant la saison régulière. Jamais repêché, l'arrière de 37 ans a disputé 14 saisons dans la LNH, toutes avec les Flames, et il a été choisi pour participer au Match des étoiles de la LNH à trois reprises (2015, 2016, 2020).
Mark Giordano aura un nouveau partenaire à la ligne bleue la saison prochaine.
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Le capitaine des Flames de Calgary a régulièrement été associé à TJ Brodie au sein du premier duo des Flames au cours des six dernières saisons, mais Brodie a accepté un contrat de quatre ans d'une valeur de 20 millions $ avec les Maple Leafs de Toronto le 9 octobre.
Giordano a indiqué que la décision concernant l'identité de son prochain partenaire allait ultimement revenir à son entraîneur Geoff Ward et à ses adjoints, mais il croit que deux options se démarquent, aussi attirantes l'une que l'autre.
La première serait Chris Tanev, qui a accepté un contrat de quatre ans d'une valeur de 18 millions $ avec les Flames le 9 octobre. Le défenseur de 30 ans a passé les 10 dernières saisons avec les Canucks de Vancouver.
La deuxième serait Rasmus Andersson. L'arrière de 24 ans a disputé quelques matchs aux côtés de Giordano au cours de ses deux premières saisons complètes dans la LNH.
« Nous avons fait l'acquisition de Chris Tanev, ce qui est vraiment super pour notre équipe, a affirmé Giordano. Il est un joueur très solide dont le style ressemble beaucoup à celui de [Brodie]. Pour l'avoir affronté, je sais à quel point il est fiable défensivement. Je ne pense pas qu'on lui attribue suffisamment de mérite pour la manière dont il fait circuler la rondelle et les jeux qu'il réalise sous pression dans sa zone.
« [Andersson] est un joueur qui a énormément progressé au cours des dernières années, et j'ai déjà joué avec lui quelque peu. Je crois qu'il est déjà prêt à occuper le rôle de défenseur de première paire dans la LNH. Je suis très enthousiaste, peu importe avec qui je vais jouer. Ce sera ultimement une question de chimie. Moi et [Andersson] avons déjà évolué ensemble pour une courte période, alors nous sommes évidemment un peu plus habitués à jouer avec l'autre. J'imagine que nous allons essayer différentes choses au cours des matchs préparatoires au début de la saison. »
Giordano a mené les Flames avec une moyenne de temps de glace de 23:53 par match et a récolté 31 points (cinq buts, 26 passes) en 60 matchs, la saison dernière, alors que Calgary a compilé une fiche de 36-27-7 (pourcentage de points de ,564) en saison régulière. Les Flames ont ensuite vaincu les Jets de Winnipeg en quatre parties dans leur série trois de cinq de la ronde de qualification de la Coupe Stanley, avant de s'incliner en six matchs contre les Stars de Dallas au premier tour de l'Association de l'Ouest.
Il a admis qu'il allait s'ennuyer de Brodie, mais que ce type de changement faisait partie de la réalité de la LNH.
« Perdre [Brodie] a été difficile sur le plan personnel, a avoué Giordano. Il est un bon ami, il a été un bon coéquipier pendant plusieurs années et nous avions une bonne relation. Ce fut difficile de le voir partir, mais d'un autre côté, je suis content pour lui, il a accepté un bon contrat avec Toronto. »
Voici cinq questions avec... Mark Giordano:
Lorsque la saison va s'amorcer, il semble bien que tu feras partie des dix joueurs les plus âgés de la Ligue à 37 ans. Qu'est-ce que l'avenir réserve à Mark Giordano?
« Chaque année, à mesure que l'on vieillit, on réalise à quel point il est difficile de gagner et que la fenêtre d'opportunité se referme de plus en plus. De mon côté, je tente simplement de retourner en séries et de gagner à nouveau. Depuis le début de la saison morte, j'ai surtout travaillé sur mon explosivité et ma vitesse afin de pouvoir suivre le rythme. J'ai hâte qu'une autre saison s'amorce et je me sens très bien en ce moment. J'espère que nous allons disputer le plus de matchs possible et que nous allons aller de l'avant à partir de là. »
CGY@MIN: Giordano profite d'une déviation en A.N.
Nous sommes en novembre et la saison n'est toujours pas commencée. Comment as-tu vécu cette saison morte et comment ce délai influence-t-il ton entraînement?
« Ce que nous avons fait ici à Calgary, c'est que nous nous entraînons dur et nous sautons sur la glace trois ou quatre fois par semaine, mais nous laissons le soin au groupe de thérapeutes d'établir notre horaire. Nous avons aussi pris une semaine de repos de temps à autre, afin de donner la chance à notre corps de récupérer, de guérir et de demeurer frais. C'est semblable aux inquiétudes que j'avais avant la saison 2012-13 (qui a été retardée en raison d'un lock-out), à savoir qu'il est possible de s'épuiser en s'entraînant trop longtemps avant la saison. Ce que nous voulons faire d'habitude, c'est de structurer notre entraînement afin d'arriver au camp au sommet de notre forme. Ne pas savoir quand le camp aura lieu rend cela difficile, alors d'avoir pris quelques semaines pour nous reposer nous a aidés, autant physiquement que mentalement. »
Le directeur général Brad Treliving a de nouveau été agressif au cours de la saison morte. Comment perçois-tu les changements qu'il a apportés?
« Depuis qu'il est devenu le directeur général, il a accompli beaucoup de choses pour notre équipe. Il nous a rendus bien meilleurs. Il a eu la volonté d'effectuer de petits ajustements ainsi que quelques gros coups, s'il avait la conviction que ça allait aider notre équipe. Cette année, le meilleur joueur sur le marché était, à mon avis, Jacob Markstrom, surtout que la position de gardien est probablement la plus importante dans une équipe. Nous avons le sentiment que nous avons obtenu le meilleur sur le marché, ce qui est fantastique. Nous n'avons pas seulement obtenu Markstrom, mais aussi un joueur très sous-estimé en Chris Tanev. Ajoutez à cela des joueurs comme Josh Leivo et Joakim Nordstrom. Je me suis entraîné avec Josh par le passé à Toronto, je le connais bien et je sais quel type de joueur il est. Il peut transporter la rondelle et trouver les ouvertures, je suis persuadé qu'il peut devenir un bon marqueur. Nordstrom est difficile à affronter et il excelle en infériorité numérique, alors lorsque nous avons perdu [le joueur autonome Tobias] Rieder [au profit des Sabres de Buffalo], il s'agissait d'un rôle important à pourvoir. [Treliving] a donc accompli de l'excellent travail. J'aime la composition de notre équipe. J'aime notre profondeur, surtout en attaque, et je crois qu'il sera difficile pour les autres équipes de gérer les confrontations contre nous. Ce sera intéressant et de toute évidence très excitant, et nous attendons maintenant que la saison commence. Cette anticipation est dure à gérer. »
Que retiens-tu de la dernière saison?
« Je crois que nous avons accompli plusieurs bonnes choses après la pause. Nous avons tenu un très bon camp. Nos entraîneurs ont organisé un très bon camp avant que nous partions pour la bulle. Nous étions évidemment heureux de la manière dont les choses se sont déroulées contre Winnipeg. Je nous ai trouvés très compétitifs, nous avons joué avec intensité et nous avons transporté cela dans notre série contre Dallas. Ce fut toutefois une autre dure leçon, alors que le momentum a changé de côté de manière drastique lorsque nous étions en avance tard dans le match no 4. Ils ont toutefois créé l'égalité avec 12 secondes à écouler et l'ont emporté en prolongation. Ça indique bien à quel point l'écart est mince dans cette ligue. Nous avions l'occasion de prendre les devants 3-1 dans la série, mais ils ont plutôt remporté ce match et n'ont plus regardé en arrière. Nous avons accompli plusieurs bonnes choses, mais ce fut une autre leçon pour notre groupe. Ce fut décevant que notre saison se termine aussi tôt. »
À titre de gagnant du trophée Mark Messier, ton leadership a été reconnu. De quelle manière le leadership évolue-t-il dans la LNH, alors que la Ligue devient de plus en plus jeune depuis quelques années?
« Les joueurs étaient autrefois plus âgés dans cette ligue, et c'était vers les vétérans que l'on se tournait dans le vestiaire. C'était eux, les joueurs qu'il fallait écouter. L'atmosphère était différente en ce qui a trait à la différence d'âge. Aujourd'hui, un peu partout dans la Ligue, la plupart des grandes vedettes ont moins de 25 ans. À mon avis, afin d'être une vedette, tu dois aussi être un leader. C'est le cas de la plupart d'entre eux. En ce qui me concerne, je délègue beaucoup de responsabilités à nos jeunes joueurs. Nos meilleurs joueurs sont tous jeunes, au début ou au milieu de la vingtaine, et il faut être en mesure de leur confier certaines responsabilités afin qu'ils prennent le contrôle. C'est quelque chose qui a changé avec le temps. Cela dit, il ne faut pas éliminer le respect et l'expérience de ceux qui sont là depuis longtemps. Ces dynamiques sont très importantes afin d'être au plus fort de la lutte. Les jeunes doivent respecter ceux qui sont là depuis un bon moment, mais les choses changent de bien des manières puisque plusieurs des jeunes font partie des meilleurs joueurs de leur équipe. Auparavant, c'était les joueurs de 30 ans et ceux qui possédaient le plus d'expérience qui étaient les leaders d'une équipe. »

















