MIN Quinn HUghes

Quinn Hughes ne saura qu’à sa première présence s’il sera excité, nerveux, ou un peu des deux alors que le Wild du Minnesota recevra la visite des Canucks de Vancouver au Grand Casino Arena, jeudi (20 h HE; FDSNWI, FDSNNO, SNP). 

Il s’agira du premier match de Hughes contre Vancouver depuis que les Canucks ont échangé leur capitaine au Wild le 12 décembre. Il avait passé les sept premières saisons de sa carrière avec les Canucks, qui l’avaient sélectionné au septième rang au total du repêchage 2018.

« Nous sommes tellement plongés dans le quotidien au cours de la saison qu’elle passe à toute vitesse, a mentionné Hughes. Tellement de choses se sont passées, et j’ai à peine eu le temps d’y penser jusqu’à aujourd’hui, alors ça risque de véritablement me frapper après la période d’échauffement, pendant le match. Ce fut tellement une longue année, je n’ai pas pu traiter tout ce qui s’est passé. Je n’ai fait que jouer, et à la fin de l’été, je pourrai réfléchir à tout ça, regarder l’année dans son ensemble et bien analyser ce qui s’est passé. » 

Hughes est le meneur de l’histoire de Vancouver pour les points (432) et les passes (371) chez les défenseurs, en plus d’avoir inscrit 61 buts en 459 matchs. Il a remporté le trophée Norris à titre de meilleur défenseur de la ligue en 2023-24, alors qu’il avait connu sa meilleure saison en carrière avec 92 points en 82 parties.

« Je ne sais pas, a noté Hughes. J’étais tellement proche de ces gars-là, et je les voyais à l’entraînement chaque jour. C’est comme quand j’affrontais mes frères, c’était bizarre aussi. Je commence à m’habituer à ce type de scénario. »

La transaction qui a fait passer le défenseur de 26 ans au Minnesota en retour du défenseur Zeev Buium, des attaquants Marco Rossi et Liam Ohgren, et d’un choix de première ronde en 2026 a été le point de départ d’un périple exaltant, mais aussi très difficile sur le plan mental.

« Ce n’est pas facile d’être échangé, surtout quand on a été au même endroit pendant aussi longtemps, mais j’ai eu le sentiment autour du mois de janvier que je jouais au sommet de mes capacités, un peu comme aux Olympiques, a expliqué Hughes. Depuis que je suis de retour (des Jeux), je suis sur un nuage, et il y a peut-être eu un peu de flottement, mais maintenant, j’élève mon jeu en vue des séries. Le sentiment d’urgence doit être élevé. Il faut être prêt à jouer et je suis enthousiaste en vue du tournoi printanier. »

Le Wild montre un dossier de 23-12-7 depuis la transaction, occupe le troisième rang de la section Centrale (41-21-12), et pourrait assurer sa place en séries éliminatoires dès jeudi. L’objectif est de franchir la première ronde pour la première fois depuis 2015, et de soulever la Coupe Stanley pour la première fois depuis l’arrivée de l’équipe dans la LNH en 2000-01. Le plus long parcours de l’équipe en séries a eu lieu en 2003 alors que le Wild a atteint la finale de l’Association de l’Ouest avant d’être balayé par les Mighty Ducks d’Anaheim. 

Hughes apporte des aptitudes et des éléments intangibles dans le vestiaire, et l’entraîneur John Hynes le qualifie de « savant du hockey », avec toutes les connaissances qu’il possède sur tous les joueurs de la ligue.

« Il est un jeune joueur tellement intelligent, a vanté Hynes. Quand nous nous parlons en privé, il y a tellement d’éléments concrets dans ce qu’il dit. En tant que leader de notre équipe, en tant qu’ancien capitaine, lorsqu’il a quelque chose à dire dans le vestiaire, il le fait de manière articulée, songée et directe. »

Hughes tente aussi de reprendre son souffle. Il a mentionné que cette saison avait été un défi sur le plan mental avec le calendrier condensé, son passage de Vancouver au Minnesota, la conquête de la médaille d’or aux Jeux olympiques de Milan, avant de revenir avec le Wild pour une dernière poussée qui risque fort de leur valoir un duel contre les Stars de Dallas en première ronde de l’Association de l’Ouest. 

« Tout ce qui s’est passé en février était incroyable, mais il a fallu que je m’adapte, que je parte, que je m’adapte à nouveau, et c’est encore un peu là-dedans que je me trouve en ce moment, a expliqué Hughes. J’ai évidemment hâte de jouer du hockey des séries ici, mais il faut aussi se concentrer sur le prochain match. »

Le Wild, qui accuse six points de retard sur les Stars et le deuxième rang de la Centrale avec un match en main, mise sur la première présence de Hughes en séries depuis qu’il a aidé les Canucks à conserver un dossier de 50-23-9, remporter le titre de la section Pacifique, et atteint le match no 7 de la deuxième ronde en 2024, un revers de 3-2 aux mains des Oilers d’Edmonton à domicile. Les temps ont bien changé. Les Canucks (22-44-8) ont été la première équipe éliminée de la course pour une place en séries cette saison, et ils sont encore en train de développer les anciens choix de première ronde Buium (12e au total en 2024), Rossi (neuvième en 2020) et Ohgren (19e en 2022). 

« C’est un peu étrange, a admis Hynes. D’un côté, pour Quinn, et je l’ai vécu comme entraîneur, c’est toujours un peu différent d’affronter son ancienne équipe, surtout quand on vient de la quitter, alors ce sera probablement une soirée amusante pour lui, mais une soirée intéressante. En ce qui concerne Marco, Liam et 'Z', je suis heureux pour ces gars-là. Ils se trouvent dans une situation où ils obtiennent du temps de glace et je pense qu’ils font très bien et qu’ils sont des éléments importants de leur équipe, aujourd’hui et en vue de l’avenir. Ils sont passés dans une situation différente, mais cette situation peut être profitable pour eux aussi. »