Cinq questions avec… Jim Hughson
Le descripteur à Hockey Night In Canada discute de la description des matchs sans partisans et des célébrations entourant le prix Foster Hewitt

© Dave Sandford/Getty Images
Le descripteur à Hockey Night in Canada a fait partie de la diffusion de matchs de saison régulière, des séries éliminatoires et des Jeux olympiques, et même de rencontres des Ligues majeures de baseball (MLB) au fil des années, mais rien n'égale les séries actuelles, qui ont suivi la pause de la saison régulière, le 12 mars, en raison des inquiétudes entourant le coronavirus.
« C'est assurément un événement unique parce qu'il n'y a personne dans l'aréna », a dit Hughson, qui a décrit les parties au Scotiabank Arena à Toronto, la ville hôtesse des équipes de l'Association de l'Est, avant de se déplacer au Rogers Place à Edmonton, la semaine dernière, pour les finales d'association et la Finale de la Coupe Stanley. « Ça se classe au premier rang des choses les plus inhabituelles que tu as vues dans ta vie. »
L'homme de 63 ans natif de Fort St. John, en Colombie-Britannique, a mentionné que les séries et la Finale sont généralement les meilleurs moments de la saison en raison de l'atmosphère à l'intérieur et autour des arénas ainsi que du déferlement de joie des gagnants, de leur famille et des partisans.
Il y a une ambiance différente cette année, a noté Hughson.
« J'ai beaucoup d'admiration pour les joueurs, car ils vont y arriver et une équipe va gagner la Coupe Stanley, et ce sera tout à fait légitime, a-t-il ajouté. Maintenant, je comprends pleinement ce que ces joueurs doivent traverser, et à quel point il est difficile de gagner la Coupe Stanley. Il manque certaines choses, mais ce qui est bien est que le niveau de jeu est relevé, et je résumerais le tout en disant que j'espère que nous n'aurons plus jamais à revivre ça. Mais je pense que ce sera extraordinaire de gagner la Coupe Stanley de cette façon, et ce sera peut-être l'une des plus mémorables en raison de la façon dont elle a été gagnée. »
Avant le début des séries, Hughson avait dit s'attendre à quelque chose d'inhabituel. C'est ce à quoi il a eu droit lorsqu'il a réalisé qu'un veston et une cravate n'allaient pas être suffisants à l'intérieur du Scotiabank Arena et du Rogers Place.
« Mon meilleur achat de l'été 2020 a été un manteau d'hiver, a-t-il lancé. Il faisait tellement froid à Toronto qu'après la première rencontre, j'ai réalisé que je n'allais pas avoir assez chaud en veston et en cravate. Puis, en arrivant à Edmonton, j'ai réalisé qu'il faisait encore plus froid dans l'aréna. Mon deuxième meilleur achat là-bas en septembre aura été des combines. Je suis habillé comme si j'allais skier. Ces achats ont complètement changé la donne à l'intérieur de l'aréna. »
Voici cinq questions avec… Jim Hughson :
Tu décris les matchs à l'aréna, mais tu ne fais pas partie de la bulle de la LNH. Comment ça fonctionne exactement?
« Je ne pensais pas avoir besoin d'être dans la bulle, et quand il est devenu évident que la LNH allait nous permettre de travailler sans faire partie de la bulle, je savais que j'allais pouvoir poser des questions aux joueurs via Zoom lorsque ce serait nécessaire, donc je pensais simplement que ce serait mieux que je sois à l'extérieur de la bulle, car les journées sont très longues. Même si tu couvres seulement un match par jour, et nous en avons parfois fait deux, les journées s'étirent, et je trouvais qu'il était important de pouvoir sortir marcher ou faire de l'exercice et d'avoir une certaine liberté. Tu acceptes d'avoir un peu moins de contact personnel avec les joueurs ou les entraîneurs dans la bulle, mais tu n'en as pas beaucoup habituellement de toute façon. Tout le monde est classé dans cinq catégories de sécurité. La première regroupe les personnes qui sont dans la bulle, et nous faisons partie de la cinquième, donc nous ne devons avoir aucun contact avec les quatre autres, mais notre température est prise chaque jour et nous devons remplir un questionnaire, aller à l'aréna avec un masque, nous asseoir à notre place, faire notre travail et repartir. »
Quel est le défi de décrire des matchs sans partisans?
« C'est tout simplement différent. Ce qui est très plaisant de décrire des matchs des séries est de voyager dans les différentes villes et de voir comment ça se passe à l'intérieur de l'aréna et à l'extérieur. On a vu ce qu'il y a eu par les années passées : la diffusion des matchs à l'extérieur de l'aréna avec 20 000 personnes qui profitent de l'ambiance des séries, en plus des 20 000 qui sont dans l'édifice. Il n'y a rien de tout ça. Les joueurs doivent donc s'insuffler leur propre énergie avant une rencontre. Je félicite les joueurs pour leur travail acharné afin d'être prêts, car les parties sont très bonnes et très compétitives. Une fois que le match est entamé, il me faut une pause publicitaire ou un entracte pour réaliser qu'il n'y a personne. Une fois que c'est commencé, tu te concentres sur ce qui se déroule sur la glace et sur les bancs. Après environ 40 matchs maintenant, je ne remarque plus qu'il n'y a personne. On diffuse des sons de foule dans mon casque d'écoute, ce qui m'aide un peu pour l'ambiance, mais ce n'est que lorsque je m'arrête lors d'un entracte et que je regarde autour de moi que je réalise que nous ne sommes que cinq dans l'édifice. »
Qu'est-ce qui t'a impressionné jusqu'ici durant les séries?
« Le niveau de jeu, bien entendu, mais aussi les jeunes joueurs. Nous connaissions le talent de certains d'entre eux, mais nous ne savions pas à quel point ils étaient exceptionnels. (L'attaquant du Lightning de Tampa Bay) Brayden Point me vient en tête. Il a atteint un autre niveau et il est un joueur exceptionnel. C'est une ligue de jeunes, mais de nouveaux joueurs vedettes comme Miro Heiskanen, Denis Gurianov et Roope Hintz chez les Stars de Dallas m'ont impressionné. Tu savais qu'ils étaient bons, mais quand tu les vois sur une base régulière dans un tel environnement et avec un enjeu aussi important, tu réalises qu'ils sont exceptionnels. Je pense aussi à (l'attaquant des Islanders de New York) Mathew Barzal. Il a été extraordinaire. Je suis aussi impressionné par le fait que les joueurs ont atteint le même niveau qu'ils auraient atteint lors de séries normales. »
COL@DAL, #6: Heiskanen a raison de Hutchinson
Qu'as-tu fait durant la pause?
« J'ai une maison dans la vallée de l'Okanagan (en Colombie-Britannique), donc je me suis rendu là-bas et je suis demeuré en confinement. Tout juste avant que la pause commence, j'ai fait mon dernier match à Edmonton contre Winnipeg, et ç'a été l'une des parties les plus surréelles que j'ai couvertes. En me rendant sur la galerie de presse, je savais que ce serait la dernière fois. Je me souviens d'avoir dit au début de la rencontre : "Profitez de l'atmosphère, car nous ne savons pas combien de temps nous pourrons encore le faire." On sait tous ce qui s'est produit ensuite. Mon épouse et moi nous sommes donc rendus dans la vallée de l'Okanagan. Nous vivons seuls, car nos enfants sont plus vieux et ils n'habitent plus avec nous. Nous avons passé du temps ensemble. J'ai fait du vélo, de la course à pied et j'ai joué au golf trois fois par semaine en attendant de voir ce qui allait se produire. Comme tout le monde, je n'étais pas certain au départ que la LNH allait réussir son plan de retour au jeu, mais plus on approchait de la date, j'ai fini par réaliser à la fin du mois de juillet que nous allions travailler et j'étais impressionné. Je le suis encore. C'est exceptionnel ce qu'ils ont réussi à accomplir. »
Quelques mois plus tard, quelles sont tes impressions après avoir gagné le prix Foster Hewitt en 2019?
« Je suis très touché par toute cette expérience, mais je n'aime pas trop me mettre de l'avant. Je préférerais ne pas parler de ces choses-là, mais quand j'y repense, je dirais que la plus belle chose est que ç'a été un moment exceptionnel pour ma famille et mes amis. Nous avons organisé une soirée la veille des présentations du Temple de la renommée dans un restaurant au centre-ville de Toronto et nous avons rempli une salle de personnes avec lesquelles j'ai travaillé durant toute ma carrière. Toute ma famille y était, la famille de mon épouse ainsi que des collègues et des gens avec qui je n'avais pas travaillé depuis 25 ans. Nous nous sommes tous rassemblés, et ce n'était pas tellement l'occasion de célébrer ce que j'avais accompli, mais plutôt ce que nous avions fait tous ensemble. Quand je repense au prix Foster Hewitt, je pense aux merveilleuses opportunités que j'ai eues et aux personnes qui ont été à mes côtés. C'était génial d'être avec tous ces gens, car ça pourrait ne plus se reproduire. Ç'a été une belle célébration de ma carrière dans le monde des médias, mais vue avec le regard des autres. J'ai accepté ce prix au nom des milliers de personnes avec qui j'ai travaillé durant ma carrière. »

















