Caufield Hutson badge Chaumont

MONTRÉAL – Pour une deuxième fois en un an, Cole Caufield a reçu un appel de Bill Guerin, le directeur général de l’équipe américaine. Pour une deuxième fois, le message restait essentiellement le même.

Après la Confrontation des 4 nations, Guerin devait encore une fois lui annoncer qu’il ne l’avait pas choisi pour représenter les États-Unis aux Jeux olympiques de Milano Cortina 2026.

À sa sortie d’un entraînement matinal sur la glace du Centre Bell, à quelques heures d’un match contre les Flames de Calgary, Caufield est resté vague sur la teneur des propos avec Guerin.

« Je garderai ça entre nous, a-t-il dit. C’était une conversation privée. J’ai aimé recevoir son appel. J’ai trouvé cela respectueux de sa part. C’est la deuxième fois qu’il me téléphone (4 nations). Je respecte vraiment sa façon de travailler. »

« Je dois l’accepter, mais je travaillerai pour gagner ma place la prochaine fois, a-t-il poursuivi. Je travaillerai encore pour m’améliorer et je me concentrerai à aider mon équipe à remporter des matchs. Évidemment, ça craint. C’est un mauvais sentiment. Mais je dois oublier ça et penser à mon équipe. »

Caufield a dit qu’il balançait entre deux sentiments, la frustration et la déception, depuis l’annonce de la formation américaine, dévoilée le 2 janvier.

« C’est un peu des deux, a-t-il mentionné. Je voulais faire partie de cette équipe. Mais c’est une formation difficile à percer. Je leur souhaite la meilleure des chances pour le tournoi olympique. Je regarderai à distance. Mais pour l’instant, je concentre mes efforts sur les Canadiens.

« Ça peut toujours devenir une motivation, ça me donnera encore plus d’essence. Je dirais que ça représentait une déception au départ, mais j’ai encore l’un des meilleurs boulots au monde. Je ne peux pas me plaindre. »

Auteur de 40 points (20 buts, 20 passes) en 42 matchs cette saison, le petit ailier gauche cognait à la porte pour un poste au sein de l’équipe américaine. Mais il n’est pas l’unique joueur talentueux qui suivra l’aventure olympique à distance.

Jason Robertson, des Stars de Dallas, se retrouve au sommet des meilleurs pointeurs parmi les joueurs américains depuis le début de l’année avec 52 points (25 buts, 27 passes). L’ailier des Stars n’a toutefois pas réussi à convaincre les dirigeants de l’équipe de lui trouver une place. Alex DeBrincat, des Red Wings de Detroit, fait aussi partie des grands oubliés parmi les attaquants.

« Ils ont plusieurs gros noms au sein de l’équipe et ils n’ont pas le choix de retrancher de bons joueurs, a rappelé Caufield. Il n’y a pas de la place pour tout le monde. J’espère qu’ils ont pris les bonnes décisions. Il s’agit d’un mandat difficile. »

Caufield a refusé de dévoiler s’il figure parmi la liste des remplaçants possibles pour les JO. Mais on peut croire que c’est le cas puisque Guerin n’aurait pas pris le temps de lui parler s’il n’avait aucun plan pour lui.

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Au sein du vestiaire du CH, Lane Hutson a vécu un sort identique à celui de Caufield pour les Olympiques. Mais contrairement à Caufield, Hutson n’a pas obtenu un coup de fil de la part du DG de la formation américaine.

« Je n’avais pas d’attentes, a souligné le numéro 48. C’est une très bonne équipe, ils étaient excellents à la Confrontation des 4 nations. J’ai hâte de les regarder jouer. Ce sera une équipe agréable à suivre. J’ai un boulot à faire ici et je me concentre sur mon équipe.

« Évidemment c’est un rêve d’y aller et j’espère participer aux Jeux olympiques un jour. »

Sur le strict plan offensif, Hutson figure au deuxième rang parmi les défenseurs américains de la LNH avec 42 points (7 buts, 35 passes) en 42 rencontres. Seul Zach Werenski, des Blue Jackets de Columbus, le devance avec 45 points. Werenski sera l’un des défenseurs clés des États-Unis à Milan.

Guerin a mentionné plus d’une fois qu’il désirait miser sur des joueurs complets et physiques pour les Jeux olympiques. Le directeur général du Wild du Minnesota a probablement jugé que Caufield et Hutson ne remplissaient pas les deux critères.

La robustesse n’a jamais fait partie de l’ADN de Caufield et de Hutson, mais les deux joueurs ont démontré encore une fois cette saison qu’ils sont beaucoup plus que de simples moteurs offensifs.

« Historiquement, ce sont des joueurs offensifs, a rappelé Martin St-Louis. Mais si tu les vois tous les jours, tu vois que Cole devient plus un joueur sur 200 pieds. Il est plus qu’un gars qui marque juste en supériorité numérique. Si tu suis Lane pour un entraînement ou pour un match, tu réalises la même chose. Oui, il est reconnu pour son côté offensif, mais son jeu défensif est aussi fatigant. Ils devront continuer de prouver qu’ils sont des joueurs complets. Mais pour les gens qui n’ont pas la chance de les voir tous les jours, ça va peut-être prendre plus de temps pour le prouver. Moi, ils me l’ont prouvé. »

Caufield l’a dit plus d’une fois, mais il s’est transformé en un ailier bien plus complet depuis l’arrivée de St-Louis derrière le banc de l’équipe lors de la saison 2021-22.

« Je sens que j’ai fait de gros progrès. J’ai fait du chemin depuis son arrivée avec nous. Il m’a enseigné à mieux jouer sans la rondelle. C’est une portion tellement importante du jeu. À mes débuts, j’avais de la difficulté. Mais c’est toujours un truc à travailler. Il y a encore des endroits sur la glace où je dois m’améliorer. »