Dans ce contexte, le fait de donner à un bon gardien un contrat aussi long et aussi coûteux, alors même qu'il arrive dans la phase de déclin de sa carrière, a de quoi laisser perplexe. C'est ce qui me fait dire que Jim Nill joue ici son va-tout. Il a tenté, au cours des dernières années, d'appuyer son équipe sur un tandem de gardiens d'expérience fort bien payés, expérience qui se révèle aujourd'hui un échec. Pire encore, son équipe, jeune et prometteuse il y a quelques années, semble désormais régresser. Il est plus que possible que, dans ce contexte, le DG (qui vient de congédier son entraîneur) sente que son poste est en danger.
C'est ici que l'acquisition de Bishop prend tout son sens. Ce contrat a toutes les chances de plomber les finances de l'équipe d'ici deux ou trois ans, mais à court terme, Bishop est probablement la valeur la plus sûre sur le marché. Et Nill, pour sauver sa peau, a besoin d'une valeur sûre.
C'est tout le contraire en Caroline. L'équipe est encore jeune, mais on sent que la reconstruction achève. Darling, âgé de 28 ans et sous contrat pour quatre saisons, ne représente pas dans ce contexte un grand risque pour cette franchise. Dans le pire des cas, il partagera le filet avec Eddy Lack ou Cam Ward. Et si les Hurricanes ont bien fait leurs devoirs, il est fort probable qu'il leur donne bien plus que ça.
On a donc ici deux équipes qui, dans des situations bien différentes, ont accepté de prendre des risques bien différents. À mon sens, les Hurricanes sont ceux qui ont joué le bon numéro.