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Biron : Hutton ne fait plus la différence

Notre chroniqueur Martin Biron se penche sur les éléments qui font en sorte que le gardien des Sabres en arrache ces temps-ci

par Martin Biron @martybiron43 / Chroniqueur LNH.com

Martin Biron a connu une carrière de 15 saisons dans la LNH et il a signé 230 victoires en 508 matchs, connaissant notamment deux saisons de 30 gains et plus. Il a également atteint la finale de l'Association de l'Est avec les Flyers de Philadelphie en 2008. Le gardien natif de Lac-St-Charles a été sélectionné au 16e rang au total du repêchage 1995 par les Sabres de Buffalo. Il a évolué avec les Sabres, les Flyers, les Islanders de New York et les Rangers de New York. Martin a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com chaque semaine afin de discuter de l'univers des gardiens et d'analyser l'actualité de la LNH.

Depuis qu'ils ont signé dix victoires de suite, les Sabres ne sont plus l'ombre d'eux-mêmes. Ils n'ont récolté que 17 points en 20 rencontres (7-10-3) après avoir vu cette série de victoires être stoppée et commencent à glisser dangereusement au classement dans l'Association de l'Est.

Est-ce qu'ils étaient aussi bons qu'une équipe de première place pendant leur séquence? Non. Mais est-ce qu'ils sont aussi mauvais que l'indique leur fiche depuis le 1er décembre? Non plus. Ils n'ont tout simplement pas été en mesure de trouver leur zone de confort et leur erre d'aller.

Il n'est pas le seul responsable, mais le rendement de Carter Hutton devant le filet y est pour quelque chose.

En début de saison, il était capable de faire la différence en réussissant un gros arrêt-clé à un certain point du match, qui donnait confiance à l'équipe. Les joueurs jouaient de façon tellement plus calme parce qu'ils savaient que Hutton était prêt derrière.

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C'est le contraire qui se produit maintenant. Oui, il a dernièrement été victime de quelques rondelles qui ont dévié sur ses propres joueurs, mais il ne fait pas la différence. On dirait que toutes les erreurs - et il y en avait aussi en début de saison - se transforment en but et c'est ce qui est difficile en ce moment pour les Sabres et pour Hutton.

Dans ces moments-là, c'est une question de perception. Je me souviens de ce que François Allaire prônait à l'époque : la différence entre un gardien de but qui accorde en moyenne trois buts et un autre qui en accorde deux, ce n'est pas un but. C'est un arrêt.

Si tu te mets dans la tête que tu dois éliminer un but par match pour gagner, c'est une lourde tâche. Mais si tu penses que tout ce que tu as à faire, c'est un arrêt de plus, ça devient plus facile et moins exigeant mentalement. Ça enlève un peu de pression de sur tes épaules.

Il y a deux choses problématiques qui ont attiré mon attention dans le jeu d'Hutton et les deux peuvent avoir un lien avec la confiance d'un gardien.

En ce moment, il glisse beaucoup sur ses genoux même pour faire des arrêts de routine qui nécessiteraient seulement une réaction avec la mitaine ou la jambière, par exemple. Ce qu'il essaie de faire, c'est de glisser vers le lancer pour mettre son corps devant la rondelle. Ça fait en sorte qu'il y a beaucoup trop de mouvements dans son filet et qu'il se sort souvent du jeu.

Quand tu te déplaces et que tu t'élances à pleine vitesse d'un côté ou de l'autre, une simple petite déviation va se retrouver dans le fond de ton filet. Quand les meilleurs gardiens de but de la LNH sont au sommet de leur art et en pleine confiance, ils réagissent beaucoup aux lancers plutôt que de s'élancer d'un côté ou de l'autre.

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La solution à ça, c'est de revenir à la base. C'est ce que me disaient François et Benoit Allaire. Revenir à la base, c'est seulement de prendre le temps à l'entraînement de planter ses patins au sol et de stopper les tirs seulement en réagissant avec la mitaine ou le bouclier sans bouger les pieds. À ce moment-là, tu reprends tes aises et tu peux appliquer la même technique tout au long de l'entraînement.

Je le dis aussi à mes jeunes gardiens quand je donne des cliniques, c'est toujours mieux de simplifier les choses à l'entraînement plutôt que d'essayer d'en faire trop.

Une autre chose qui m'agace aussi, c'est son langage corporel. Il a été victime de déviations sur ses défenseurs et de mauvaises couvertures devant lui, mais ce n'est pas une raison pour faire connaître son mécontentement à ses coéquipiers en les regardant avec des couteaux dans les yeux. Ça en dit beaucoup sur son niveau de confiance et ce n'est pas apprécié des joueurs.

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C'est une chose que j'avais apprise dans le junior à ma deuxième année avec les Harfangs de Beauport. Je venais d'avoir une saison incroyable, de me faire repêcher au premier tour dans la LNH et de connaître mon premier camp professionnel.

À mon retour à Beauport, j'avais baissé les bras en regardant un de mes défenseurs après une erreur et à l'entracte, mon entraîneur Jos Canale n'avait pas mis trop de temps à me dire que c'était inacceptable de rejeter la faute sur les autres. En italien, en anglais ou en français, le message aurait passé, je vous l'assure.

Henrik Lundqvist faisait souvent ça, mais en revenant au vestiaire il s'excusait souvent auprès de ses défenseurs en les encourageant. Le langage corporel d'un gardien en dit beaucoup sur son confort mental et son niveau de confiance.

Les Sabres approchent de leur semaine de congé et de la pause du Match des étoiles et ça pourrait être bénéfique pour Hutton et pour l'équipe. Je pense que s'il y a un changement ou une transition à faire entre Hutton et Linus Ullmark, ça se fera au retour de la pause. L'entraîneur Phil Housley aime beaucoup revenir à ses vétérans quand les choses vont moins bien alors Ullmark devra livrer la marchandise si on fait appel à lui.

Les fameux deux en deux

Il est venu à mes oreilles que le fait que Carey Price disputait rarement le deuxième match d'une série de deux en 24 heures suscitait des débats chez les partisans du Tricolore. Je peux vous dire que les choses ont beaucoup changé depuis le temps.

À mon époque, ce n'était même pas une question et il n'était pas rare de jouer trois matchs en trois jours dans la Ligue américaine. Le nerf de la guerre, c'est la manière dont tu te reposes après des séries de matchs comme ça. Si tu jouais trois matchs en trois soirs, ton entraîneur te donnait souvent deux jours de congé pour recharger les batteries, donc c'était plus facile de soigner les petits bobos.

Carey Price a joué deux séries de deux matchs en deux soirs au mois de décembre et il a dû prendre quelques jours de congé après la deuxième en raison d'une irritation. Je n'étais pas surpris de voir Antti Niemi affronter les Panthers mardi parce que je ne serais pas étonné que Price soit devant le filet vendredi contre Columbus et samedi contre Philadelphie.

Les Canadiens pourraient ensuite lui donner beaucoup de repos avec la pause du match des étoiles si Niemi affronte les Coyotes mercredi prochain. Ça lui donnerait deux semaines complètes entre deux départs.

La majorité des gardiens veut jouer tous les matchs. Quand j'étais à New York avec Lundqvist, je savais que j'allais jouer le deuxième match d'une série de deux à moins d'une exception. C'est davantage une question de gestion de la fatigue mentale parce que physiquement, les gardiens et les joueurs de la LNH sont au top.

* Propos recueillis par Guillaume Lepage, journaliste LNH.com

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