Antoine Bibeau aurait souhaité que son 200e match en carrière dans la Ligue américaine de hockey (LAH) se passe autrement qu'en relève du jeune Spencer Knight dans une cinglante défaite de son équipe au Texas, mercredi soir.
Antoine Bibeau a tout vu et vécu cette saison
Le gardien québécois du Kraken de Seattle demeure positif en nourrissant l'espoir d'un retour dans la LNH

Considérant la saison rocambolesque qu'il connaît, le gardien québécois de l'organisation du Kraken de Seattle admet tout de même retirer un brin de fierté du fait d'arme.
« Ce n'est pas la manière que j'aurais voulu vivre ce 200e match. On dirait que ça m'est rentré dans le corps en lisant ça quelque part. Ça va vite », a affirmé Bibeau en entrevue à LNH.com, jeudi.
Vite, vous dites? La carrière de l'athlète âgé de 27 ans se déroule à la vitesse grand V cette saison. À l'université de la vie, il est en voie de compléter une maîtrise en un temps record!
Entre les incalculables rappels et rétrogradations entre la ECHL et la Ligue américaine, en passant par l'éloignement avec son épouse enceinte, un court séjour avec le Kraken et même une expérience de 'coaching', Bibeau a pas mal tout vu ou vécu.
« Mentalement, c'est ma saison la plus éprouvante », a-t-il tranché, en précisant qu'elle l'a fait grandir sur tous les fronts.
« Ça n'a pas été difficile que sur le plan sportif. Au cours des deux premiers mois de la saison, je n'ai dû voir mon épouse enceinte qu'environ sept jours », souligne-t-il.
Bibeau a tellement fait d'allers-retours entre Allen, au Texas, et Charlotte, en Caroline du Nord, qu'il dit avoir perdu le compte.
« Un, deux, trois, quatre… », a-t-il commencé par les additionner à voix haute, avant d'ajouter : « Ça doit certainement monter à 10 ».
C'est même arrivé qu'il n'ait pas eu le temps de se rendre dans une ville qu'il était rappelé dans l'autre.
'Coach' d'un jour
À son premier passage dans la ECHL, au début de novembre, il a gagné ses deux premiers matchs devant le filet, en plus d'en remporter un autre comme adjoint à l'entraîneur.
« C'était au cours d'une série de trois matchs sur la route à Rapid City, au Dakota du Nord, a-t-il relaté. L'équipe était aux prises avec plusieurs cas de COVID. Même l'entraîneur était malade. Nous n'étions que 15 joueurs en santé, le minimum requis pour jouer. Nous avons gagné le premier match avec un joueur blessé comme coach. Je me suis blessé au deuxième match et j'ai donc aidé mon coéquipier derrière le banc pour le troisième match, que nous avons gagné.
« J'ai eu du 'fun' et j'ai bien aimé l'expérience. Je n'aurais jamais cru vivre ça, mais ça va avec la saison. »
La suite du tourbillon, c'est un rappel du Kraken à la mi-janvier. Bibeau agit comme adjoint de Philipp Grubauer dans la victoire de 3-2 aux tirs de barrage du Kraken contre les Blackhawks de Chicago, le 17 janvier, quelques heures avant de recevoir un test positif à la COVID-19. Il doit demeurer en isolement dans un hôtel de Seattle pendant cinq jours, avant d'être cédé dans la Ligue américaine.
Ce genre de saison, qu'on vous dit.
« Je ne crois pas que je serais resté plus d'un match avec le Kraken », a-t-il néanmoins avancé.
Cohabitation peu commode
Bibeau savait dans quoi il s'embarquait quand il a accepté l'offre contractuelle de l'organisation naissante de Seattle, l'été dernier. Le Kraken ne dispose pas d'une équipe à lui seul dans la Ligue américaine. Pour sa première saison, on cohabite avec les Panthers de la Floride, au sein des Checkers de Charlotte. Dès la saison prochaine, le Kraken aura son propre club-école.
En attendant, un seul but pour les gardiens des deux organisations, avec Joey Daccord comme troisième gardien du Kraken et le fort prometteur Knight dans le camp des Panthers, c'était bien peu. Bibeau a donc dû se résoudre à aller disputer des matchs dans la ECHL.
« C'est ma huitième saison dans les rangs professionnels et je n'avais jamais joué dans la 'East Coast'. Je me suis rendu là-bas avec une bonne attitude et ça s'est bien passé. Je suis content et je pense que l'organisation a apprécié. »
Bibeau a été dominant avec les Americans d'Allen, se forgeant une fiche de 7-4-1, tout en conservant une moyenne de 2,79 buts accordés par match et un pourcentage d'arrêts de 0,923.
On parle des Americans au passé parce qu'il semble acquis qu'il terminera la saison avec les Checkers. Sa conjointe, qui est venue le rejoindre en Caroline du Nord au début de l'année, est sur le point d'accoucher. Le couple a emménagé dans un appartement, où tout est prêt pour l'arrivée du petit garçon.
« C'est le 'fun' d'avoir de la stabilité au dernier stade de la grossesse de mon épouse. Il ne reste que 17 matchs à jouer aux Checkers en saison régulière. Les séries approchent à grands pas. »
Bérubé, l'inspiration
Pour ce qui est de la suite des choses pour lui, c'est évidemment le cadet de ses soucis.
« Je veux simplement terminer la saison en force et on verra pour la suite, a-t-il mentionné. J'aimerais rester dans l'organisation du Kraken parce qu'il aura sa propre équipe dans la Ligue américaine, la saison prochaine. J'aimerais ravoir la chance de faire mes preuves dans la Ligue américaine sur toute une saison dite normale. »
Bibeau, qui a livré quatre matchs dans la LNH (deux chez les Maple Leafs de Toronto en 2016-17 et deux autres avec l'Avalanche du Colorado en 2019-20, avant d'être opéré aux deux hanches), s'accroche à l'espoir d'un retour dans la grande ligue.
« On voit de plus en plus d'équipes avoir quatre gardiens de calibre parce que ça peut débouler rapidement en raison des blessures, a-t-il soulevé. Juste cette saison, on a vu Jean-François Bérubé refaire surface avec les Blue Jackets de Columbus (NDLR : Bérubé, 30 ans, a gagné trois des quatre matchs qu'il a joués). Les Sabres de Buffalo ont également eu des problèmes de gardiens au cours des dernières saisons.
« C'est ma mentalité. Je travaille fort dans les entraînements pour rester prêt en tout temps. C'est une saison spéciale. Elle n'a pas toujours été facile, mais j'ai été capable de 'performer' et je suis content de ça », a conclu Bibeau.

















