MONTRÉAL – De la façon dont son équipe s’était comportée la veille contre les Sénateurs d’Ottawa, Martin St-Louis n’avait pas d’autres choix que de brasser les cartes pour tenter de remettre sa troupe sur les rails, moins de 24 heures plus tard.
L’idée de départ de l’entraîneur-chef était donc la suivante : replacer Juraj Slafkovsky sur le premier trio aux côtés de Nick Suzuki et de Cole Caufield pour espérer être en mesure de tenir tête au gros trio des Jets de Winnipeg, celui de Kyle Connor, Mark Scheifele et Gabriel Vilardi.
Ç’a donné des résultats mitigés défensivement – ils ont été sur la patinoire pour deux buts de ce monstre à trois têtes – mais c’est surtout l’effet domino causé par ce changement qui a permis aux Canadiens de Montréal de l’emporter 3-2 grâce à un but de Caufield en tirs de barrage, mercredi.
« Il n’y a jamais de match parfait, a souligné St-Louis. Mais ce soir, on se ressemblait bien plus. »
Pas de doute, le jeu défensif n’était pas aussi croche que la veille, dans un revers de 5-2. Et l’équilibre qu’a obtenu le pilote derrière son trio de pointe, en jumelant Alexandre Texier à Ivan Demidov et Oliver Kapanen tout en rassemblant Brendan Gallagher, Jake Evans et Josh Anderson, s’est avéré plutôt intéressant.
L’unité de Kapanen a été menaçante tout au long de la soirée, et elle a été récompensée quand le centre finlandais a créé l’égalité en fin de deuxième période avec l’aide de ses deux compagnons. Demidov était quant à lui tout partout, et Texier a joué son meilleur match dans l’uniforme des Canadiens.
« On sait que Tex a de bonnes habiletés, et il ne les a pas ralentis, a observé le pilote. Il a fait de bons jeux ce soir. Il apprend encore comment on joue collectivement, mais je l’ai trouvé très responsable. Il nous a donné de bonnes minutes. C’était une occasion d’évaluer ce qu’il est en mesure de nous offrir. »
À ses trois premières rencontres, l’attaquant français avait occupé un rôle de profondeur. Mais on a vu, mercredi, qu’il est davantage en mesure de s’exprimer quand il est placé sur une unité offensive. Si la présence de Demidov ne lui nuit pas du tout, il a montré qu’il pouvait être un complément intéressant.
« C’était le fun, a dit Texier, sourire aux lèvres. Kapi est bon défensivement et il fait les petites choses. Demi est impressionnant quand il touche le palet. […] Mais je ne veux pas essayer de me changer ou de ne jouer que sur lui. Je ne me prends pas la tête à tout le temps le chercher. Je veux être relax et jouer mon jeu. »
« Ç’a été un bon match, a dit Demidov dans son timide anglais. C’était seulement notre premier match ensemble. Nous avons trouvé de la chimie avec Texier et nous avons essayé de nous trouver sur la glace. »
Sur le premier trio, Slafkovsky a paru ravivé après sept matchs passés loin de ses habituels complices. Il a continué d’imposer son rythme, comme il le faisait avec Kapanen et Demidov, et il a inscrit son neuvième de la saison en avantage numérique sur les passes de Caufield et Suzuki.
« Je me sentais bien, a dit le Slovaque. On sait qu’on a la chimie. On a eu quelques bonnes chances au cours de la soirée. […] Tout le monde était motivé de jouer avec des gars différents et de tenter de leur apporter un petit supplément. Le changement, c’est bon une fois de temps en temps. »
Les vétérans ont rebondi
Même si l’échantillon est très mince, on peut dire que St-Louis a eu la main heureuse en ayant recours au boulier. Les vétérans Evans, Gallagher et Anderson sont sortis de leur torpeur après un match très difficile contre les Sénateurs, mardi. Avec un peu plus de finition, ils auraient eux aussi noirci la feuille de match.
« En reformant le trio des vétérans, j’ai cru qu’ils pouvaient s’entraider, a révélé St-Louis. Je sais qu’ils étaient tous déçus de leur dernier match. Je voulais leur offrir une certaine familiarité et les mettre dans une position pour qu’ils se relèvent en groupe. Ils ont très bien fait ça. »
Evans, qui avait été limité à seulement deux présences en troisième période contre les Sénateurs, a répondu de brillante façon et a vu son temps de jeu augmenter de sept minutes. Anderson est lui aussi retombé dans les bonnes grâces de St-Louis après avoir été cloué au banc. Il n’y a pas de formule magique.
« Notre attention aux détails était bien meilleure, a analysé Evans. Plusieurs gars étaient frustrés à cause d’hier. C’était mon cas. Quand tu as ça, ce feu qui brûle en toi, tu donnes l’effort en zone défensive. »
Les hommes de St-Louis ont aussi été aidés par des arrêts clés de Jakub Dobes dans les moments de glissement, une denrée rare depuis le début de la saison. Le portier tchèque a repoussé 29 tirs, et a sauvé la mise en volant Vladislav Namestnikov de la jambière gauche en fin de prolongation.


















