MONTRÉAL – Samuel Montembeault aurait pu passer la soirée à lancer des fleurs à son ancien coéquipier Jake Allen et à raconter à quel point il avait été d’un grand soutien pour lui depuis son arrivée avec les Canadiens de Montréal.
Pour éviter de rester debout devant les caméras toute la nuit après le revers de 3-2 face aux Maple Leafs de Toronto, samedi, le portier québécois a relevé un exemple très récent qui a résumé à la perfection l’impact du vétéran échangé aux Devils du New Jersey à la date limite des transactions.
« Quand j’ai donné sept buts contre les Rangers de New York, il y a eu une pause publicitaire après le septième but, a-t-il raconté. On ne l’a peut-être pas vu, mais il s’est levé et il est venu me parler pour m’aider à rester dans le match. Il m’a reparlé après le match dans le vestiaire.
« C’est probablement un des meilleurs coéquipiers avec lesquels j’ai joué, et je lui ai dit. »
Cette relation s’est bâtie à compter du moment où le natif de Bécancour a été réclamé au ballottage avant le début de la saison 2021-22. La direction croyait alors que la blessure de Carey Price se réglerait à court terme, et Montembeault n’était qu’une police d’assurance.
Pour les raisons que l’on connaît désormais, Allen et Montembeault ont formé le duo au cours des trois dernières campagnes. Après deux saisons à se partager la tâche équitablement, l’élève a fini par dépasser le maître. Mais jamais ce dernier ne lui a fait sentir qu’il prenait sa place.
Même chose quand le duo est devenu un trio, avec l’arrivée de Cayden Primeau en début de saison. Allen ne voyait tout simplement pas ses jeunes comparses comme de la concurrence.
« À ma première année, il était parfois blessé et il n’allait pas toujours bien, mais il prenait la peine de me texter après chaque match pour m’encourager, a expliqué Montembeault. Il m’a soutenu tout le long. […] Les trois, nous étions là pour nous aider. On voulait seulement le bien de l’équipe. »
La situation était pourtant loin d’être idéale. Les trois gardiens ont dû se partager les tâches à l’entraînement et ils ont tous regardé des matchs du haut de la passerelle, à un moment ou à un autre. Ces aspects plus complexes du ménage à trois sont maintenant derrière eux.
« On a encore beaucoup de séquences de plusieurs matchs en peu de jours, a indiqué le gardien de 27 ans. On va voir encore plus d’action. On va être deux à avoir le filet, donc on va avoir plus de répétitions. Je peux apprendre de l’attitude qu’a eu Jake dans tout ça.
« Si j’en viens à avoir ce rôle-là plus tard, c’est le meilleur exemple que j’aurais pu avoir. »
Primeau a gagné son pari
Avec le départ d’Allen, Primeau a désormais l’assurance qu’il passera le reste de la saison avec le grand club. Et il sait qu’il a une chance en or de s’établir comme auxiliaire de Montembeault.
« J’ai essayé de profiter de l’occasion pour m’améliorer et montrer ce que je sais faire, a résumé l’Américain de 24 ans. Je ressens la confiance des dirigeants et je veux continuer de leur donner raison. Je veux bâtir là-dessus pour le reste de la saison. »
Limité à 13 départs, Primeau affiche une moyenne de buts alloués de 3,01 et un taux d’efficacité de ,901. Avec 18 matchs à disputer, il pourrait légitimement aspirer au plateau des 20 départs. Et il le fera sans l’incertitude qui l’entourait depuis le début de la saison. Il est à Montréal pour y rester.
« Je veux être ici, a-t-il conclu. Je veux jouer pour les Canadiens. Chaque fois que j’ai la chance d’enfiler ce chandail, c’est incroyable. Je ne voudrais être nulle part ailleurs. »





















