MATHESON ANALYSE CHAUMONT

MONTRÉAL – « Comme Marty nous dit souvent, ils ont gagné, mais je ne pense pas qu’ils nous ont battus. » Mike Matheson a recyclé une formule chère à Martin St-Louis pour décrire ce revers de 3 à 2 contre les Maple Leafs de Toronto, samedi, au Centre Bell.

Dans la catégorie des victoires morales, les Canadiens pouvaient cocher plusieurs cases. Ils ont dominé 31 à 27 la colonne des tirs, ils ont réduit au silence le meilleur buteur de la LNH en Auston Matthews (54 buts) et ils ont brassé leurs rivaux avec 43 mises en échec contre seulement 20.

Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky ont également gagné leur duel contre le premier trio des Leafs, celui de Matthews au centre de Tyler Bertuzzi et de William Nylander. À la ligne bleue, Mike Matheson et Kaiden Guhle ont aussi offert toute une prestation contre les canons des Leafs.

Mais au tableau indicateur, il y avait un trois pour les Maple Leafs et un deux pour le CH.

« Nous avons prouvé que nous pouvons jouer contre les meilleurs trios des équipes adverses, mais à la fin du match, nous n’avons pas le résultat voulu, a dit Caufield. C’est enrageant de ne pas obtenir une victoire, puisque nous avons travaillé fort jusqu’à la fin du match. »

Dans les dernières secondes de l’affrontement, Slafkovsky a frappé le poteau contre le chancelant Ilya Samsonov. Mais quand tu passes proche, c’est juste bon au fer ou à la pétanque.

En conférence de presse après la rencontre, Martin St-Louis avait un plus grand sourire au visage que Caufield.

« On a joué un bon match, a noté l’entraîneur-chef. C’est très encourageant. Ça fait trois semaines que je me sens encouragé par l’engagement des joueurs et leur attitude. On ne joue pas des matchs parfaits, mais on est là. On ne se perd pas dans les résultats. Je ne trouve pas qu’ils nous ont dominés ou brisés. »

John Tavares a marqué le but vainqueur pour les Leafs alors qu’il restait un peu moins de sept minutes à jouer en troisième période. Le capitaine a bondi sur un retour de tir de Jake McCabe pour déjouer Samuel Montembeault. Il s’agissait de son 20e but de la saison.

Matheson, le meilleur sur la glace

Auteur d’un but et une passe, Matheson a terminé la rencontre avec un temps de jeu de 28 min 12 s. Encore utilisé à la gauche en compagnie de Guhle, le numéro 8 a joué un peu plus de 13 minutes à cinq contre cinq contre Matthews.

Malgré une confrontation difficile, Matheson a passé la majorité de son temps en territoire adverse.

« C’était un de mes meilleurs matchs, a affirmé le Montréalais de 30 ans. Je trouvais que je contrôlais bien la rondelle. Mais quand tu perds, tu veux toujours en faire plus. »

« Wow, il était tout partout, a renchéri St-Louis au sujet de Matheson. Il en joue plusieurs, de bons matchs, mais il était le meilleur joueur sur la glace ce soir. Je suis sûr qu’il a eu une étoile. »

St-Louis a ensuite récupéré la feuille du match sur la table pour vérifier.

« Il n’a pas eu une étoile. Ok, mais il en méritait une. Moi, je trouvais qu’il était le meilleur joueur sur la glace. »

Max Domi (un but et une passe), Slafkovsky (deux passes) et Bobby McMann (un but) ont hérité des trois étoiles.

Dès la 38e seconde du match, le CH a refroidi un peu les nombreux partisans de Toronto qui envahissaient le Centre Bell en marquant un très beau but. Matheson a mis la touche finale à une série de passes précises de Caufield et Slafkovsky en déjouant Samsonov d’une feinte du revers.

Mais sur ce but, Slafkovsky est celui qui a réalisé la passe la plus impressionnante en entrée de territoire.

« Sa vision sur ce jeu était incroyable, a répliqué Matheson. C’est tellement impressionnant de voir les pas qu’il continue à prendre. C’est fou de constater qu’il a encore juste 19 ans. J’ai hâte de voir où il pourra aller dans le futur. »

En parlant de futur, Matheson était heureux de rester un membre du CH au lendemain de la date limite des transactions.

« C’est toujours stressant, a-t-il souligné. Pour un gars comme moi qui s’est déjà fait échanger deux fois, tu connais cette réalité. J’adore jouer à Montréal. Je ne voulais pas partir. Il y a maintenant un peu moins de stress. »

Le chiffre du match : 8

C’est le nombre de mises en échec distribuées par Michael Pezzetta en neuf présences et 6:45 de temps de jeu. Elles n’ont certes pas été des plus mémorables, mais elles ont effectué le travail. Le no 55 avait été rayé de la formation lors des huit derniers matchs.

En prolongation

De la profondeur en masse

Avec les acquisitions des défenseurs Ilya Lyubushkin et Joel Edmundson, les Maple Leafs se retrouvent avec un important surplus à la ligne bleue. Ils étaient huit sur la glace du Centre Bell lors de l’entraînement matinal, incluant Conor Timmins, aux prises avec une mononucléose.

La formation torontoise compte aussi sur Mark Giordano, qui a récemment subi une commotion. Ça signifie donc que l’entraîneur Sheldon Keefe aura des choix déchirants à faire. Samedi, pour le premier match d’Edmundson avec l’équipe, l’arrière québécois Simon Benoit a été rayé de la formation.

« Ça me déçoit d’avoir à rayer Benoit de la formation, surtout dans cet édifice, a expliqué le pilote. Mais je n’ai aucun contrôle sur l’horaire et c’est ce qui est nécessaire pour notre équipe. »

Une absence remarquée

En l’absence de Mitch Marner, blessé au bas du corps, Keefe a également dû jongler avec ses trios. Son complice Auston Matthews s’est donc retrouvé en compagnie de William Nylander et Tyler Bertuzzi, et s’est fait plus discret qu’à l’habitude. Max Domi a quant à lui été muté du centre à l’aile.

Marner est le meneur des Leafs au chapitre des mentions d’aide (51) et du temps de jeu (21:20) chez les attaquants. Il totalise 76 points en 62 matchs.

« Ce sont de grosses minutes à combler, a reconnu le pilote. C’est moins intéressant d’avoir une ligne de centre composée de Matthews, Domi et de Tavares, parce que nous avons moins de profondeur à l’aile. »

Un 10e but pour Newhook

Alex Newhook a marqué son 10e but de la saison en décochant un bon tir de l’enclave en supériorité numérique. Newhook trouve tranquillement ses repères à la position qu’occupait Sean Monahan en avantage numérique (position du bumper).

À cinq contre cinq, Newhook a toutefois eu plus de difficulté au centre de Joshua Roy et de Joel Armia. Ils ont eu de la misère à contenir l’unité de David Kampf avec Matthew Knies et Bobby McMann.

En 37 matchs sous les couleurs du Tricolore, Newhook a maintenant 10 buts et 11 passes pour 21 points.

Avec la collaboration de Guillaume Lepage, journaliste LNH.com