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LAS VEGAS - Dans un passé pas si lointain, un adolescent se levait en pleine nuit en Finlande afin de suivre en direct à la télévision les matchs de la finale de la Coupe Stanley. Voilà que l'adolescent devenu jeune adulte est un des acteurs de l'événement cette année.

Ce n'est sûrement pas le début de finale dont rêvait Anton Lundell, mais l'attaquant des Panthers de la Floride vit pleinement son rêve de gamin, à sa deuxième saison seulement dans la LNH.

« C'est fou! », lançait le joueur de centre âgé de 21 ans, avant le début de la série.

« Dire qu'il y a quelques années, je regardais les matchs de la finale de la Coupe Stanley à la maison familiale en Finlande, relatait-il. Je réglais mon cadran à 3h du matin pour tout voir en direct avec mon jeune frère Kasper. Nous avions la permission de nos parents. J'étais fébrile. C'était une grosse affaire.

« Et là, c'est moi qui joue en finale! C'est la réalisation d'un rêve. Je constate que c'est beaucoup plus gros ici qu'en Europe. »

Le hockey occupe une place très importante dans la famille Lundell, qui réside dans la ville d'Espoo, proche de Helsinki. Le paternel, Jan, a été un gardien qui a fait sa marque pendant plusieurs années dans les ligues professionnelles de son pays. Anton a un jeune frère, Kasper, un attaquant âgé de 19 ans, qui en est à sa deuxième année d'admissibilité au repêchage de la LNH.

Lundell dit conserver des souvenirs des exploits des Patrick Kane et Sidney Crosby dans les conquêtes des Blackhawks de Chicago et des Penguins de Pittsburgh en 2015 et en 2016, respectivement. Il n'était alors âgé que de 13-14 ans.

Sept ans plus tard, il est propulsé dans la cour des grands face aux Golden Knights de Vegas. Il tente de ne pas trop y penser.

« Je ne m'arrête pas trop à ce qui m'arrive. Je m'efforce de rester dans le moment présent. C'est un jour à la fois », débite-t-il, comme pour se convaincre. « Heureusement, je suis entouré par de bons coéquipiers. »

Lundell est appelé à jouer un rôle important chez les Panthers, comme pivot du troisième trio avec entre autres Sam Reinhart. L'autre maillon, son compatriote Eetu Luostarinen, est blessé et son absence est ressentie.

Le secret de Zito

Le destin fait parfois drôlement les choses. Lundell a été le tout premier joueur qu'a repêché Bill Zito à titre de directeur général des Panthers en 2020. Ce que peu de gens savent, c'est que Zito avait Lundell dans sa mire parce qu'il est un ami de la famille.

« J'ai été l'agent du père. Je connaissais donc Anton depuis qu'il est tout petit », a confié Zito, à l'occasion de la journée des médias, la veille du début de la série. « C'est une information que je n'avais pas communiquée au personnel de recruteurs afin de ne pas les influencer. Je n'avais rien dit à personne », a-t-il ajouté.

« Anton aurait été mon choix s'il avait toujours été disponible à notre rang de sélection, le 12e. Quand notre tour est arrivé, son nom figurait de toute façon au haut de notre liste. Il n'y a donc pas eu de débat. »

Les Panthers ont frappé dans le mille. Lundell a vite fait sa marque en montrant de belles promesses à ses débuts dans la LNH en 2021-22, avec une récolte de 44 points (18 buts, 26 aides) en 65 matchs. Il a connu une deuxième saison plus ardue, en amassant 33 points (12-21) en 73 rencontres. Il connaît de bonnes séries, avec sept points (1-6) en 16 matchs.

« C'est un joueur complet, au potentiel énorme, commente Zito. On voit son évolution. Il doit continuer de cheminer. Nous sommes pleinement satisfaits de sa progression. »

Un petit futé

On le décrit comme un joueur de centre soucieux de son jeu en défense et efficace sur les mises au jeu, tout en possédant de belles aptitudes à l'attaque. On dit de lui qu'il est un « mini Aleksander Barkov ». Lundell souligne d'ailleurs toute l'aide précieuse que lui procure son compatriote qui est le capitaine des Panthers.

« Il possède la vitesse et la force pour être un joueur de centre de premier plan », soutient l'entraîneur Paul Maurice, en parlant de Lundell. « Il sera encore plus fort, en acquérant de la maturité physique.

« Je ne sais pas s'il pourra s'établir comme un joueur de centre no 1 dans la LNH, continue Maurice. Ce que je sais, c'est qu'à un moment donné pendant sa carrière, on l'utilisera dans toutes les situations corsées en fin de match, que ce soit pour aider son équipe à marquer un but ou pour en empêcher un.

« Déjà, dans ces séries, je n'hésite pas à lui confier des missions en défense ou des mises au jeu importantes. »

Lundell mentionne qu'il a vite compris les avantages de la polyvalence.

« J'ai toujours voulu avoir le plus de temps de jeu possible. La meilleure façon d'y arriver, c'est d'être efficace dans tous les aspects du jeu », relève-t-il.

« J'ai toujours voulu être le joueur le plus complet possible. Je veux être bon en défense, mais également apporter une bonne contribution à l'attaque. »

Lundell se serait retrouvé au cœur de l'action en masse s'il avait choisi d'être gardien comme son père, mais il dit que l'idée ne lui a jamais effleuré l'esprit.

« Ce n'est pas le fun… Je ne comprends pas pour quelles raisons on voudrait être gardien. Blague à part, j'aime mieux essayer de marquer des buts et de foncer sur des adversaires », conclut le réservé blondinet en esquissant un sourire.