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MONTRÉAL -- Être un athlète multisports dès son enfance, c'est payant. Il suffit de regarder Vinzenz Rohrer pour le constater.

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L'espoir de 17 ans des Canadiens a évolué dans l'univers du tennis pendant une décennie avant de s'investir à temps plein dans sa carrière de hockeyeur parce que l'aspect « équipe » l'attirait.
Aujourd'hui, Rohrer récolte les fruits de son expérience sur le terrain et les met à profit avec les 67's d'Ottawa, dans l'OHL.
L'ancien champion de tennis national junior autrichien a mené son club grâce à 25 buts marqués la saison dernière, sa première au Canada, dont sept inscrits en avantage numérique.
Il estime qu'une partie de ces buts comptés avec l'avantage d'un homme sont le résultat direct de la coordination œil-main de haut niveau qu'il a développée en servant des balles et en prenant part à des échanges de haut calibre.
« Le tennis a beaucoup contribué à la coordination de mes mains et de mes pieds. J'ai passé tout mon temps devant le filet en avantage numérique, à Ottawa, parce que j'ai expliqué aux gars que s'ils lançaient la rondelle normalement, d'un tir des poignets normal, j'allais la faire dévier neuf fois sur 10. J'ai vraiment mis l'emphase sur ça avec notre défenseur placé dans le haut du territoire, Jack Matier », a raconté Rohrer, choisi au troisième tour (75e au total) au Repêchage de la LNH, le mois dernier. « Les gars sur les flancs décochent surtout des tirs sur réception ou ils s'avancent et font des tirs, ce qui est difficile à faire dévier. Je suis plus du genre à créer un écran. C'est pour ça que j'ai toujours dit au défenseur à la pointe : "Si tu as un corridor, tire. Ne te demande même pas s'il y a une ouverture ou si tu dois tirer en hauteur ou plus bas; tire vers le filet et je vais la faire dévier." C'était pas mal ça, la stratégie. »

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L'attaquant natif de Feldkirch se rappelle avoir été placé sur l'aile à un certain moment pendant quelques entraînements et quelques matchs, et il a rapidement senti qu'il n'était pas à sa place.
Rohrer adore être au cœur de l'action. Ça ne fait aucun doute.
« C'est à ce moment que je suis allé voir l'entraîneur et que je lui ai dit : "J'aime vraiment être devant le filet. Je n'ai pas peur de la rondelle et j'aime faire des déviations." Donc, on a appliqué ça à l'avantage numérique », a mentionné Rohrer, également le meilleur pointeur des 67's en 2021-2022 (48 points en 64 matchs de saison). « Certains de mes buts étaient des déviations nettes du bout de la palette, et d'autres ont été marqués sur des rebonds des jambières du gardien. »
Le jeune centre a également bénéficié mentalement de son parcours dans le monde du tennis.
S'adonner à la pratique d'un sport individuel peut souvent s'avérer plus éreintant quand les choses ne se passent pas comme on le souhaiterait, évidemment, mais ça l'a rendu plus fort entre les deux oreilles.
« Le tennis est un sport individuel, donc on ne peut pas vraiment se cacher derrière les autres. Au hockey, si l'on ne connait pas un bon match, peut-être qu'un dépisteur le remarquera vraiment, mais c'est encore plus évident quand on ne joue pas un bon match et qu'on a de la difficulté mentalement au tennis. Tout le monde le voit », a affirmé Rohrer, quelques minutes après avoir été choisi par le Tricolore au Centre Bell, il y a quatre semaines. « C'est quelque chose qui se transpose dans la vie, pas juste au hockey. Je pense qu'on peut apprendre des autres sports, pas juste du hockey. »

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Rohrer a initialement été initié au tennis par des membres de sa famille, puis il a suivi leur trace.
Son père, Stefan Lochbihler, est un ancien joueur de tennis professionnel qui est parvenu à atteindre le 141e rang mondial, qui a remporté le titre du circuit Challenger de l'ATP en 1989, et qui occupe actuellement un poste d'entraîneur national pour le Liechtenstein.
Son frère aîné, Niklas, pratique aussi le tennis et a récemment gagné les premiers points ATP de sa carrière en double à un tournoi Futures de l'ITF à Kottingbrunn.
Pour ce qui est de l'ancien style de jeu de l'espoir de la LNH…
« J'étais éparpillé. J'ai toujours fait un enchaînement service-volée. Je jouais un style inhabituel, je suppose. Je n'étais pas le genre de gars à frapper 50 balles aller-retour. J'étais du genre à me placer devant le filet et à faire beaucoup de blocs, a décrit Rohrer. Il m'arrivait aussi de faire des coups vraiment trop agressifs. C'était mon style de jeu. »
Ses modèles en grandissant comprenaient Rafael Nadal, 22 fois champion du Grand Chelem, et le Français Gaël Monfils.
Les deux athlètes ont capté son attention pour des raisons différentes.
« Dans le cas de Nadal, c'était son attitude et sa façon de se conduire sur le terrain. Il a un appétit et il ne laisse jamais ses émotions prendre le dessus. C'est ce que j'aimais vraiment chez lui, a détaillé Rohrer. Et Monfils est le genre de joueur que j'étais. J'ai toujours été le style de gars à pouvoir courir assez vite et se rendre à toutes les balles. Il fait la même chose. »

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Nadal demeure l'un de ses favoris, mais l'Argentin Diego Schwartzman n'est pas loin derrière.
« Il me rappelle un peu mon frère. Mon frère est vraiment petit, comme Diego », a dit Rohrer à la blague, faisant référence au vétéran de l'ATP mesurant 5 pi 7 po. « Mon frère l'adore, donc j'aime aussi le regarder jouer. »
Monfils et Schwartzman doivent prendre part à
l'Omnium Banque Nationale 2022
au Stade IGA de Montréal.
Rohrer ne sera malheureusement pas présent, mais il espère pouvoir suivre un peu le tournoi depuis outremer.
Et, bien que le golf soit maintenant son passetemps principal, il reste un amateur de tennis avide.
« C'est pas mal à l'écran de notre télé en permanence, à la maison, quand mon père et mon frère sont là. Plus jeune, j'ai probablement regardé tous les palmarès de coups droits qui existaient sur YouTube », s'est souvenu Rohrer en riant. « Je regarde encore beaucoup de tennis. »